Lifou
  • Angélique Rouquié et Julien Mazzoni | Crée le 29.01.2011 à 05h44 | Mis à jour le 23.07.2016 à 20h26
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    La télévision s'intéresse à la disparition de La Monique. En coproduction avec l'association Fortunes de mer calédoniennes, un documentaire retracera le parcours du bateau et suivra l'avancée des recherches.

     

    Depuis 2003, année du cinquantenaire de la disparition de La Monique, l'association Fortunes de mer calédoniennes a engagé des recherches pour percer le mystère. Le vide laissé par sa disparition a suscité toutes les hypothèses, mais n'a jamais apporté aucune certitude aux familles.
    A la mi-mars, l'association Fortunes de mer calédoniennes embarquera sur le câblier L'Île de Ré, à la recherche ce caboteur qui reliait les îles Loyauté à Nouméa.

    Témoignages. Alain Le Breüs, membre de l'association, fortement impliqué dans les recherches explique : « L'opération consiste à descendre un robot sous-marin sur une image repérée précédemment au sonar latéral. La cible, à 385 mètres de profondeur, pourrait être une épave, peut-être celle de La Monique. » Aucune certitude à ce jour, mais l'aventure intéresse France Ô et France 3, qui prévoient deux documentaires sur le sujet, l'un de 52 minutes, l'autre de 26 minutes, pour l'émission Thalassa. L'équipe de tournage de la société Grand Angle, suivra les recherches de la mi-mars et se rendra sur les trois îles Loyauté, pour recueillir des témoignages.

    «Même les plus jeunes ont entendu des récits sur cette disparition.»

    « J'ai établi une carte des disparus, par tribu, par noms et par âges, ce qui me permet de contacter les familles, poursuit Alain Le Breüs. En venant à Lifou, j'ai appris que de nombreux jeunes d'une vingtaine d'années auraient embarqué pour une campagne de récolte de café sur la côte Est. Les témoignages de ceux qui ont vu partir le bateau sont essentiels, car ils nous donnent des informations sur le chargement et les conditions de transport. »
    L'association prépare également un ouvrage sur le cabotage maritime entre Nouméa et les Îles Loyauté entre 1951 et 1955, avec une large partie consacrée à La Monique et aux recherches en cours.

    Financement. La Monique a disparu dans la nuit du 31 juillet au 1er août 1953, avec 126 personnes à bord (lire ci-dessous). Le bateau s'arrêtait dans tous les ports, pour charger du coprah et transportait également des passagers. 59 étaient originaires de Lifou, 12 de Maré et 29 d'Ouvéa. Alain Le Breüs est venu à Lifou pour préparer la venue du réalisateur : « Je recueille les témoignages des familles de disparus. Cela devient urgent, car il n'y a plus beaucoup de témoins. C'est un sujet qui touche beaucoup les gens des Îles, car même les plus jeunes ont entendu des récits sur cette disparition. »
    La province des Îles a apporté une aide financière aux recherches, précisant que « si on retrouvait La Monique, il serait important qu'un deuil soit opéré sur le lieu de l'épave ».

    Angélique Rouquié et Julien Mazzoni

    Contact : Alain Le Breüs, 79 32 81.

    Un naufrage inexpliqué

    • Le 6 mars 1953, La Monique talonne un hautfond au passage d'un cyclone. Le capitaine, Charles Ohlen, sauve le bateau mais émet des réserves sur l'état du bâtiment, qui n'est pourtant pas vérifié sur cale.
    • Dans la nuit du 31 juillet au 1er août 1953, La Monique disparaît en mer avec 126 personnes à son bord, alors qu'elle assure la liaison Maré- Nouméa. Le caboteur de la Société des îles Loyalty était parti de Tadine à 14 heures et n'est jamais arrivé à Nouméa. À son bord, 108 passagers, 18 hommes d'équipage et près de 246 tonnes de chargement, selon la commission d'enquête. Le navire, conçu pour transporter 250 tonnes, en embarquait en fait souvent beaucoup plus.
    • Dès le 2 août 1953, les recherches débutent. Elles ne donnent rien et sont interrompues le 9 août. C'est le début du mystère de La Monique. Rien n'explique sa disparition. La météo était bonne, l'équipage qualifié. À l'époque, les hypothèses les plus folles circulent (séisme sousmarin, mine à la dérive, dérèglement des instruments, pirates...)
    • Le 11 août 1953, la commission d'enquête conclut au naufrage. Le navire aurait eu une panne de machine suivie d'une rupture de stabilité, probablement en raison d'une surcharge. Mais seuls quelques fûts (retrouvés à Touaourou) et une bouée (récupérée à Bélep) ont été rejetés par la mer.
    • En 1978, à l'occasion du 25e anniversaire du drame, une stèle du souvenir est inaugurée à Tadine.
    • En 2001, l'Alis, navire de l'IRD, entreprend des recherches à l'entrée du canal de la Havannah, où l'association Fortunes de mer calédoniennes pense qu'elle pourrait se trouver. Sans résultat.
    • Du 25 au 29 avril 2010, l'association entame une nouvelle campagne de prospection avec des moyens sophistiqués. Mais en raison d'un problème technique, les recherches tournent court.
    • En août 2010, les recherches reprennent à bord de l'Alis. La forme d'une épave est détectée par un sonar sophistiqué à 385 mètres de profondeur. Estce La Monique ? La météo oblige à arrêter la campagne. Le mystère reste entier.

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