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    Nouvelle Calédonie
  • LCA / Vincent Nebois | Crée le 17.05.2026 à 10h00 | Mis à jour le 17.05.2026 à 10h00
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    Myriam Gallois regrette que "le foncier agricole soit trop cher pour devenir propriétaire". L’éleveuse est donc toujours locataire des terres sur lesquelles elle travaille. Photo CAP NC
    Myriam Gallois est éleveuse de poules pondeuses entre Nouméa, La Tamoa et Houaïlou. Étudiante en paléontologie, urbaniste, aujourd’hui agricultrice, elle possède un cheptel de 400 poules Isa-Brown et est enseignante en productions animales (aviculture, apiculture) au lycée agricole Do Neva, à Houaïlou. Un entretien de notre partenaire, La Calédonie agricole, magazine de la Chambre d'agriculture et de la pêche de Nouvelle-Calédonie.

    Depuis quand êtes-vous éleveuse et qu’est-ce qui vous a conduit à exercer ce métier ?

    J’ai démarré cette activité en 2013, à La Tamoa. J’étais urbaniste dans un cabinet d’études avant. J’en ai eu marre de travailler sur des projets qui n’aboutissaient pas du fait des remises en question politique à chaque cycle électoral. Après 12 ans passés dans un bureau, j’avais envie de travailler en plein air et au contact d’animaux. J’avais aussi le désir d’être actrice de la construction de mon pays et de contribuer à une alimentation saine.

    Quelle est votre activité ?

    J’ai un élevage de poules pondeuses, des Isa-Brown, et je suis donc productrice d’œufs. Quand je récupère les poules, elles ont un jour. C’est important de les avoir aussi jeunes. Comme pour des enfants, il faut entamer immédiatement leur éducation en quelque sorte. J’ai eu jusqu’à 700 poules. Le 13 mai 2024 est passé par là. Je n’ai pas eu le choix. Aujourd’hui, j’ai un cheptel de 400 poules. C’est insuffisant pour en vivre correctement naturellement, mais je suis heureuse de poursuivre cette activité.

    Ma plus grande source de plaisir est de travailler en extérieur avec des animaux.

    Quelle est votre plus grande source de plaisir dans votre métier ?

    Travailler en extérieur avec des animaux. J’ai commencé par le maraîchage mais c’était difficile. J’ai connu des épisodes pluvieux compliqués dès le démarrage. Mon frère m’a conseillé de me tourner vers les poulets de chair, mais je savais que ce n’était pas fait pour moi. Je ne me voyais pas donner la mort à des animaux. C’est ainsi que j’ai choisi la voie des poules pondeuses.

    Quel métier auriez-vous aimé ou pu faire si vous n’étiez pas éleveuse ?

    Plein de choses. J’aurais aimé être volcanologue, paléontologue, vétérinaire rural… J’ai obtenu un Deug de géologie en Nouvelle-Calédonie avant de me rendre dans l’Hexagone, à Toulouse, où j’ai passé une maîtrise de géologie, option paléontologie des vertébrés.

    Quel est le principal obstacle que vous avez dû affronter jusqu’à présent ?

    Le foncier agricole est trop cher pour devenir propriétaire. C’est un obstacle redoutable. Je suis donc toujours locataire des terres sur lesquelles j’élève mes poules.

    Exercez-vous un autre métier en parallèle de celui d’éleveuse ?

    Depuis quelques années, j’ai le plaisir d’être enseignante en productions animales (aviculture, apiculture) au lycée agricole Do Neva, à Houaïlou. J’interviens principalement dans les classes de CAP.

    J’aimerais être totalement autonome pour le renouvellement de mes poussins et pour leur alimentation.

    De quoi êtes-vous le plus fier dans votre vie professionnelle ?

    De ma capacité d’adaptation et de réinvention justement, à titre professionnel. J’ai été urbaniste, je reste agricultrice et je suis fière de pouvoir désormais transmettre du savoir et des connaissances dans le cadre de mes fonctions d’enseignante. Ça demande une capacité importante à sortir de sa zone de confort, un parcours comme le mien.

    Quel est votre rêve quant à votre activité d’éleveuse ?

    J’aimerais être totalement autonome pour le renouvellement de mes poussins et pour leur alimentation. C’est envisageable sur le long terme. En revanche, ça sollicite un changement de race. Les poules hybrides ne sont pas adaptées à une telle ambition.

    En quoi la Chambre d'agriculture et de la pêche vous a été utile ?

    La chambre m’a permis, et me permet encore, d’avoir accès à un formidable réseau et m’a donné la chance, via Protege et d’autres projets, de faire des rencontres formidables et enrichissantes.

    Quel est votre outil le plus précieux ?

    Ce n’est pas un outil, c’est mon fourgon. C’est une de mes maisons, je ne pourrais pas m’en passer.

    Avec quelle personnalité calédonienne aimeriez-vous parler de votre métier ?

    Je n’ai pas de nom en tête, mais j’aimerais bien pouvoir discuter avec quelqu’un dont le métier est de réglementer. Je suis plutôt bien placée pour mesurer la différence qu’il y a entre travailler derrière un bureau et les métiers agricoles.

    Note

    Retrouvez La Calédonie agricole en ligne.

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