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    Nouvelle Calédonie
  • L Calédonie / Patricia Calonne | Crée le 13.09.2026 à 08h00 | Mis à jour le 13.09.2026 à 08h00
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    Laura Ribeiro s’attache à déconstruire la danse en talon, valorisant une discipline complète, exigeante et physique. Photo Bruno Fortin / L Calédonie
    Oubliez les idées reçues. Derrière les talons hauts et l’esthétique glamour, le Heels Dance révèle une discipline sportive complète où technique, dépassement de soi et sororité occupent le devant de la scène. Une philosophie que Laura Ribeiro défend avec passion. Un article de notre partenaire le magazine L Calédonie.

    Avant d’arriver en Nouvelle-Calédonie, le Heels Dance existait déjà ailleurs dans le monde et même chez nous. Mais Laura Ribeiro lui a donné une nouvelle visibilité au sein de l’école ExtravaganzArt, fondée par sa mère, avec une approche différente, axée sur un travail au sol. À première vue, le Heels pourrait être réduit à une danse sexy pratiquée sur de hauts talons. Une image que Laura Ribeiro s’attache justement à déconstruire. "À la base, le Heels, c’était ce qu’on appelait le stiletto, une danse très cabaret, avec de grandes lignes et beaucoup de travail de posture, explique-t-elle. Aujourd’hui, la discipline a évolué. Elle mélange des influences contemporaines, du Floorwork – tout le travail au sol –, des techniques issues de la danse urbaine et même certains mouvements développés dans le monde du cabaret et du spectacle." Une richesse qui en fait une discipline complète, exigeante et physique. Car contrairement aux apparences, évoluer sur des talons de 8 à 12 centimètres demande une solide technique. "Il y a beaucoup de tours, il faut gérer son équilibre et son centre de gravité. On pourrait croire que c’est simple, mais ce n’est pas du tout le cas", souligne la professeure.

    Retrouver confiance en soi

    Au-delà de la performance, c’est surtout l’impact du Heels sur les participantes qui enthousiasme Laura Ribeiro. "Les femmes arrivent souvent très timides. Certaines ont à peine l’habitude de marcher avec des talons. Puis, au fil des mois, elles osent davantage, prennent confiance et s’approprient leur féminité." Dans ses cours, les élèves viennent de tous horizons. Certaines sont déjà danseuses et souhaitent découvrir une nouvelle technique. D’autres cherchent simplement une parenthèse dans leur quotidien. "Beaucoup sont de jeunes mamans. Elles couchent les enfants, quittent la maison et viennent passer un moment rien que pour elles. Elles retrouvent leurs copines, elles créent des amitiés. C’est leur bulle."

    Une sororité assumée

    L’ambiance des cours participe largement à cette transformation. Laura encourage chacune à exprimer sa personnalité, aussi bien dans sa danse que dans sa tenue. "Je leur dis toujours : reproduisez ce que je vous montre, mais ajoutez votre propre épice."


    "On croit souvent que le Heels, c’est juste être sexy et remuer les fesses. Je veux montrer qu’il y a beaucoup plus que ça", explique Laura Ribeiro. Photo Bruno Fortin / L Calédonie

    Noir sexy, rouge sexy ou encore looks plus extravagants, peu à peu, les participantes osent porter des vêtements qu’elles n’auraient jamais envisagés enfiler. "Au début, certaines me disaient : "Jamais je ne porterai ça". Trois semaines plus tard, elles arrivent avec une tenue qu’elles n’auraient jamais osé mettre avant", sourit-elle. Pour Laura, le plus important reste l’absence de jugement. "Il y a une énorme sororité. Les filles s’encouragent, s’échangent leurs tenues, se filment et se trouvent belles. C’est génial."

    Si la majorité des élèves sont des femmes, les hommes ont également leur place dans les cours. "J’ai déjà des élèves masculins et j’aimerais en voir davantage. Le Heels est ouvert à tout le monde. Peu importe l’âge ou le genre." Selon elle, les hommes qui franchissent la porte de la salle de danse apportent souvent une grande ouverture d’esprit et enrichissent encore davantage cette communauté bienveillante.

    Sortir de sa zone de confort

    Cette année, Laura Ribeiro et une partie de ses élèves participeront au concours de danse Step Out. L’occasion de présenter une création originale qui s’éloigne des clichés habituellement associés au Heels. "On croit souvent que le Heels, c’est juste être sexy et remuer les fesses. Je veux montrer qu’il y a beaucoup plus que ça." Le spectacle abordera notamment la place des femmes dans la société. "Nous allons construire une sorte de manifeste féministe sur scène. Pas pour choquer de manière vulgaire, mais pour faire réfléchir et montrer ce que représentent ces femmes qui dansent, montent, descendent, tombent et se relèvent sur leurs talons."

    À travers le heels, la samba ou encore les autres disciplines proposées à ExtravaganzArt, Laura poursuit finalement le même objectif : aider chacun(e) à s’assumer davantage. "Nous essayons d’encourager les gens à sortir de leur zone de confort, à retrouver leur identité et à découvrir une passion." Une philosophie qui semble séduire de plus en plus de Calédoniennes. Le cours débutant affiche déjà complet, tandis que de nouveaux stages thématiques sont régulièrement proposés tout au long de l’année.

    Note

    De nombreuses profs de danse proposent des cours de Heels Dance : Laura : 94 00 13, Magali de L Danse : 79 33 22, Emmy Crisan : 72 72 07, et bien d’autres….

    Retrouvez le magazine L Calédonie sur Facebook.

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