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    Nouvelle Calédonie
  • LNC | Crée le 29.06.2026 à 08h50 | Mis à jour le 29.06.2026 à 12h26
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    D’en haut à gauche à en bas à droite : Robert Kakue, Nicolas Metzdorf, Alain Descombels et Laurie Humuni. Photomontage LNC
    Les élections provinciales organisées dimanche 28 juin ont livré leurs résultats. Tour d’horizon des premières réactions de la classe politique, au lendemain d’un scrutin qui redessine les rapports de force.

    Sonia Backès : "Les électeurs ont valorisé l’union et la clarté des positions"

    La présidente sortante, dont la liste est arrivée largement en tête dimanche 28, a réagi ce matin aux résultats, qui donne aux loyalistes une large majorité à la province Sud; mais pas au Congrès. "Merci à tous pour votre soutien. Cette victoire historique en province Sud après 7 ans de gestion de crise, nous la devons aux électeurs qui ont valorisé l’union et la clarté des positions. Elle redonne aux non-indépendantistes une large majorité à la province, mais ne permet pas, compte tenu du poids déséquilibré du Nord et des Îles au congrès d’avoir une majorité au congrès et au gouvernement. Nous travaillerons donc cette semaine à trouver des alliances qui permettront de mettre en œuvre la relance économique tant attendue."

    Nicolas Metzdorf : "Une majorité jamais atteinte depuis 1999"

    "Merci à tous pour votre mobilisation et votre confiance, a réagi le député, deuxième sur la liste "Forts et Unis" des Loyalistes et du Rassemblement, arrivée largement en tête en province Sud. La province Sud est désormais tenue avec une majorité jamais atteinte depuis le RPCR de 1999. Si nous loupons de peu la majorité sèche au congrès de seulement 4 sièges nous en devenons la principale force politique loin devant le FLNKS. Les tractations vont donc commencer afin de tenter de dégager une majorité stable au congrès et au gouvernement dès cette semaine. Vous avez fait votre devoir de citoyens, c’est désormais à nous d’assurer la stabilité et la reconstruction de notre pays. Nous sommes dès ce matin au travail."

    Maurice Waka-Awa : "Si l'abstention est forte, c'est parce qu'il y a une grosse déception"


    A 53 ans, Maurice Waka-Awa, tête de liste Faire pays dans le Nord, compte bien continuer le travail en vue, à long terme, que son mouvement obtienne des élus au sein des institutions.  Photo Anthony Tejero

    La liste Faire pays dans le Nord, emmenée par Maurice Waka-Awa termine à la cinquième et dernière place, avec 853 voix recueillies, soit environ 3,5% des suffrages. Pour autant, l'heure n'est pas trop à la déception, ce lundi matin, assure le représentant de ce nouveau mouvement. "Ce résultat reste positif : faire 853 voix, en seulement trois semaines, c'est déjà bien, surtout pour quelqu'un comme moi qui n'est pas connu, estime Maurice Waka-Awa, qui rappelle que Faire pays, prône de "sortir des deux grands blocs qui nous opposent depuis longtemps". Un discours, qui a mêlé "d'anciens loyalistes et indépendantistes" sur cette liste pour laquelle "on sent qu'il y a des gens qui tendent vers ce changement".

    Si le résultat des urnes ne le prouve pas franchement, le candidat y voit un signe net à travers le renforcement de l'abstention à ce scrutin. "Notre démarche, c'était d'aller chercher ces personnes qui ne votent pas car si l'abstention est forte, c'est avant tout parce qu'il y a une grosse déception sur les décisions prises par nos leaders, particulièrement parmi le peuple kanak pour ce qui concerne le Nord, analyse cet habitant de la tribu de Tibarama, à Poindimié, qui copte bien, avec ses homologues de la province Sud continuer le travail en vue des prochaines élections. "Pour ces 4428 électeurs, il faut qu'on persévère et qu'on aille encore chercher ceux qui s'abstiennent, en ciblant les jeunes, dès 13 ans et jusqu'à 35 ans environ, pour leur expliquer le fonctionnement des institutions et notre vision d'unité."

    Alain Descombels : "Nous n’avons pas su convaincre"

    Crédité de 0,88 % des suffrages exprimés, le candidat du Rassemblement national en Nouvelle-Calédonie, Alain Descombels, a reconnu que "nous n’avons pas su convaincre les électeurs avec nos propositions". "Félicitations aux vainqueurs, en espérant qu’ils nous sortent au plus vite de la très grave crise économique et sociale dans laquelle nous nous trouvons. Je reste convaincu que le statut de Bougival était un projet dangereux, car il nous menait tout droit à l’indépendance. La prochaine présidentielle sera déterminante pour l’avenir du territoire. Les Calédoniens devront faire le bon choix car de nombreux candidats ne sont pas partisans de garder la Calédonie dans la France. Le Rassemblement National restera toujours auprès des Calédoniens sans jamais brader les compétences régaliennes."

    Robert Kakue : "Nous mesurons le chemin qu’il reste à parcourir"

    Avec 3 575 voix obtenues, la liste "Faire Pays" emmenée par Robert Kakue n’atteint pas le seuil nécessaire pour faire son entrée en assemblée de province Sud. Pour autant, "votre voix nous oblige". "Il y a trois mois à peine, Faire Pays n’existait pas. Nous sommes partis de rien : des convictions, beaucoup de bonne volonté, et l’envie de proposer une autre voie."

    La liste indique ainsi mesurer "le chemin qu’il reste à parcourir, et nous l’abordons avec humilité". "Mais une conviction nous porte : l’aspiration à une souveraineté préparée, progressive et partagée — et à une dignité pour celles et ceux qui n’ont ni bourse, ni eau, ni lumière — est bien vivante dans ce pays. Vous nous l’avez montré. Nous n’allons pas la laisser s’éteindre. L’association Faire Pays continue. Sur le terrain, dans les idées, dans la formation de celles et ceux qui viendront. Sans éclats, mais sans relâche."

    Virginie Ruffenach : "Une détermination à défendre la Calédonie française"

    Trois sur la liste "Forts et Unis", la leader du Rassemblement estime que le plébiscite des non-indépendantistes en province Sud traduit un soutien à "la clarté des convictions et une détermination à défendre la Calédonie française, sans tergiverser, sans ambiguïté".

    "Vendredi prochain, l’exécutif de la province se mettra en place. Le vendredi suivant, ça sera le congrès qui s’installera puis le gouvernement dans la foulée. À chacune de ces étapes, soyez assurés que nous saurons être à la hauteur de la confiance que vous avez placée en nous."

    Pascal Sawa : "Une volonté de changement à la tête de la province Nord"


    Pascal Sawa, tête de la liste UC-FLNKS en province Nord, lors de la proclamation des résultats dans la commune de Houaïlou. Photo Anthony Tejero

    Le candidat UC-FLNKS du Nord est arrivé en tête, devant l’actuel président de la province, Paul Néaoutyine. "Ce résultat est positif car on affiche une progression d’un millier de voix, là où les autres, même si je les laisse faire leur analyse, se stabilisent voire diminuent pour l’UNI et restent plutôt stables pour les Loyalistes", réagit Pascal Sawa, pour qui ce résultat traduit "une volonté de changement à la tête de la province Nord".

    Pour autant, le représentant de l’UC-FLNKS tient d’emblée à le préciser : dans ce territoire, "il n’y a pas de divergence politique avec l’UNI", notamment depuis que Paul Néaoutyine s’est "opposé clairement à Bougival". Un "point fondamental" qui devrait permettre à ces deux mouvements politiques de "travailler ensemble sans problème".

    Laurie Humuni : "Tout l’enjeu va être de pouvoir être unis au Congrès"

    Sixième sur la liste "Kanaky pour tous", Laurie Humuni, qui siégera à l’assemblée de province et probablement au Congrès, constate que ""le FLNKS se maintient, à une différence près, le Palika ne fait pas partie de cette liste. Et aujourd’hui, le Palika disparaît de la province Sud au niveau institutionnel." D’autre part, elle note une "volonté de changement" et estime que désormais "tout l’enjeu va être de pouvoir être unis au Congrès."

    Joël Kasarhérou : "L’esprit de l’accord n’est plus"

    "Je tiens à remercier celles et ceux qui ont souhaité que les choses changent et qui sont allés voter pour les listes représentant la diversité des opinions y compris la nôtre", a réagi Joël Kasarhérou, engagé dans la liste "Un espoir pour demain" aux côtés de Pascal Lafleur.

    "L’esprit de l’accord et de la poignée de main que nous souhaitions redonner à la politique n’est plus. Nous avons échoué à convaincre dans un pays toujours traumatisé par le 13 mai 2024 et l’élection avait plus la tournure d’un référendum qu’une bataille de programmes politiques. L’absence d’union se paie lourdement et nous avons notre part de responsabilité. La majorité des votants exprimée a choisi de reconduire les blocs. L’équilibre des forces politiques reste quasi identique au Congrès avec un renforcement du rôle charnière de l’Éveil Océanien. Désormais, les partis sortants qui gouverneront ont une grande responsabilité pour sortir, en urgence, le pays de la dégradation du tissu économique et social. Nous entrons politiquement dans une phase inconnue dans laquelle notre avenir reste suspendu aux élections nationales. Nous ne pouvons que souhaiter que le sens de l’intérêt général des responsables puisse éviter les écueils qui se dressent devant nous pendant cette fin de mandat présidentiel."

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