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    Nouvelle Calédonie
  • Baptiste Gouret | Crée le 25.09.2026 à 16h49 | Mis à jour le 25.09.2026 à 16h49
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    Le tribunal administratif a rejeté la demande de la présidente du MNIS d’annuler les élections municipales des 15 et 22 mars à Nouméa. Photo Archives LNC/A.-C.P.
    Saisi par Muneiko Haocas, candidate de la liste défaite "Nouméa, cœur battant", le tribunal administratif a jugé que rien ne permettait d’établir un lien entre le taux de participation dans certains quartiers et le regroupement des bureaux de vote lors des élections municipales des 15 et 22 mars à Nouméa. Il a, par conséquent, rejeté la demande d’annulation des opérations électorales réclamée par la présidente du MNIS.

    Le regroupement des 57 bureaux de vote en huit lieux à Nouméa n’a pas eu d’effet visible sur la participation aux élections municipales 2026. C’est la conclusion à laquelle parvient le tribunal administratif, dans une décision rendue mercredi 23 septembre. Elle fait suite à un recours déposé par Muneiko Haocas, présidente du Mouvement nationaliste, indépendantiste et souverainiste (MNIS) et candidate déchue au scrutin municipal dans la capitale pour le compte de la liste "Nouméa, cœur battant".

    Cette dernière exigeait l’annulation des opérations électorales des 15 et 22 mars à Nouméa et la tenue d’un nouveau scrutin avec le rétablissement des bureaux de vote dans les lieux habituels. Décidée par la mairie au motif de la destruction de certaines écoles et de problèmes sécuritaires persistants, cette mesure de regroupement dans huit grands sites – contre 37 auparavant – a suscité de vifs débats durant la campagne municipale, mais également lors de sa reconduction pour les élections provinciales de juin. Une partie de la classe politique considérait que cette réorganisation constituait un obstacle à l’exercice du droit de vote, en particulier pour la population issue des quartiers populaires défavorisés, qui rencontre déjà des difficultés pour se déplacer.

    Une participation en hausse par rapport à 2020

    C’est aussi ce qu’a défendu Muneiko Haocas auprès du tribunal administratif. Elle soutenait que le regroupement des bureaux de vote aurait été à l’origine d’une plus grande abstention des populations kanak et océaniennes, historiquement acquises à la cause indépendantiste, en raison de l’allongement des distances à parcourir pour rejoindre un bureau de vote, et qu’il aurait conduit à l’élimination au premier tour des trois listes indépendantistes, dont celle qu’elle portait. L’ancienne candidate, qui a obtenu 3,02 % des suffrages exprimés, estimait ainsi que le scrutin devait être considéré comme insincère.

    "Le taux d’abstention à une élection n’est pas […] de nature à démontrer une altération de la sincérité du scrutin", corrige, dans un premier temps, le tribunal administratif, dans sa décision publiée mercredi. Surtout, "il résulte de l’instruction que les taux de participation dans les bureaux de vote des quartiers populaires visés ne révèlent aucune baisse par rapport aux précédentes élections municipales de l’année 2020, où il existait 56 lieux de vote".

    Au contraire, les résultats révèlent "une progression significative de 6,65 points au premier tour". À cela s’ajoute "une forte mobilisation lors des élections législatives anticipées" de juin 2024, alors que le regroupement en huit lieux de vote était déjà opéré. Quant à la diminution de la participation constatée entre le premier et le second tours des municipales, pointée par Muneiko Haocas, elle résulterait "avant tout de la démobilisation de l’électorat dont les listes de référence étaient absentes", conclut le tribunal administratif.

    Le MNIS renonce à faire appel

    Dans un communiqué diffusé jeudi 24 septembre, le MNIS a indiqué "prendre acte" du jugement et annoncé ne pas faire appel de la décision. Une position qui "ne vaut ni approbation du dispositif retenu ni renoncement à notre vigilance", écrit Muneiko Haocas. "Notre objectif demeure le rétablissement d’un maillage suffisant des lieux de vote, ou la mise en place de mesures garantissant effectivement à chaque électeur l’exercice de son droit de vote, en particulier en cette période charnière."

    La justice doit désormais statuer sur la demande d’annulation du regroupement des bureaux de vote, formulée par l’Union calédonienne le 3 juin. La rapporteure publique avait estimé, dans ses conclusions présentées le 3 septembre, que la commune et le haut-commissariat n’avaient pas apporté d’éléments suffisamment précis pour justifier cette mesure.

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