Nouvelle Calédonie
  • Gilles Caprais | Crée le 26.01.2019 à 04h25 | Mis à jour le 26.01.2019 à 04h25
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    Consommation. Cela devient une habitude. De nombreux gérants ne sont pas satisfaits de la période de soldes qui s’achèvera dimanche.

    De « décevants » à « catastrophiques » : pour qualifier les soldes de janvier, les commerçants ont une nouvelle fois pioché dans le chapitre « négatif » du répertoire des adjectifs. Le choix de Valérie, vendeuse dans plusieurs boutiques de prêt-à-porter du centre-ville, s’est arrêté sur « pas fantastiques ». « On a eu du monde par moments, mais c’est vraiment très irrégulier, et c’est quelque chose qu’on ne connaissait pas il y a quelques années. On ne sait vraiment plus sur quel pied danser. » La « morosité » de l’économie, encore elle.

    Hélène*, vendeuse en bijouterie à Nouméa, est également consommatrice, et elle comprend les absents. « Cette année, c’était pas fabuleux. J’ai surtout fait les magasins de vêtements, les soldes n’étaient pas terribles. »

    À Koné, dans ce magasin de textile, on a carrément arrêté de participer aux soldes. « C’est un truc qui marche à Nouméa. Ça nous prenait beaucoup de temps de changer les prix, de refaire l’étiquetage, pour un retour très faible. » Si la foule de clients n’est pas au rendez-vous des soldes de janvier, c’est peut-être également à cause de l’abondance de sollicitations, estime Valérie. « Entre le Black Friday, le Good Friday et les deux périodes de soldes, est-ce que ça ne fait pas trop ? », s’interroge-t-elle.


    « Attendre le salaire de janvier »

    Édouard Calvet, coprésident du Syndicat des commerçants, tient à conserver plusieurs périodes de promotion. « Amazon et la Fnac proposent des soldes perpétuels. Et les Calédoniens voyagent, ils ont l’habitude de trouver des remises ailleurs, donc il est indispensable que les commerçants calédoniens proposent des soldes, qu’ils dynamisent l’offre et la communication. » Quant au moment et à la durée des soldes, la discussion est « toujours nécessaire ».

    Nathalie a beaucoup à dire à ce sujet. « C’est du grand n’importe quoi. Les soldes de juillet ont duré trop longtemps, et ceux de janvier arrivent trop tôt. Alors forcément, ils sont catastrophiques, peste cette gérante d’une boutique de prêt-à-porter du centre-ville. Les gens sont encore en vacances, il n’y a personne dans les rues, et de toute façon ils n’ont plus d’argent après les fêtes. Il faut attendre qu’ils touchent leur salaire de janvier. »

    Le Syndicat en tiendra peut-être compte dans ses prochaines propositions au gouvernement, qui fixe les dates des soldes par arrêté. « On recueille un maximum d’avis de commerçants à chaque fois. » D’ici là, Édouard Calvet voit au moins deux chantiers à faire avancer : celui de la « transition numérique », en « aidant les entreprises à être davantage présentes sur le Web », et celui de la « mutualisation des moyens », pour « gagner en compétitivité ».

    *Le prénom a été modifié.
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