Nouvelle Calédonie
  • Charlie Réné / charlie.rene@lnc.nc | Crée le 06.03.2019 à 04h25 | Mis à jour le 06.03.2019 à 06h53
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    Pose à rythme soutenu et longue file d’attente, hier, à la Vallée-des-Colons. Photo Thierry Perron
    TRANSPORTS. Le gouvernement a demandé au haut-commissariat de ne pas sanctionner tout de suite la non-mise aux normes des plaques, normalement obligatoires dès samedi.

    La rumeur courait déjà depuis quelques jours. Elle a été confirmée hier matin : il y aura bien un « délai supplémentaire » pour faire changer ses plaques d'immatriculation. C'est en tout cas ce que le président Philippe Germain a demandé au haut-commissaire Thierry Lataste en réunion du gouvernement, en lui remettant une lettre en main propre. « Nous avons été alertés par un importateur de la place sur le manque de plaques dans le pays, explique Nicolas Metzdorf qui rappelle que c’était la date butoir du 8 mars qui avait été annoncée en juillet dernier. En attendant que de nouvelles plaques arrivent, le gouvernement a demandé au haut-commissaire de ne pas opérer de contrôles de police et de gendarmerie pendant un délai de trois mois, le temps que l'ensemble du parc automobile soit aux normes ».

    Des « ruptures de stock » ont effectivement été annoncées par différents garagistes et ateliers, du Grand Nouméa ou de Brousse, ces derniers jours. Mais quand certains sont contraints de refuser les clients, les poses s’enchaînent chez d’autres professionnels.

    Embouteillages devant les ateliers hier

    À la Vallée-des-Colons ou à Pont-des-Français, les stands mis en place près de stations-service étaient ainsi pris d’assaut hier. Et des files d’attente de plus de trente voitures ont été observées en milieu de journée. « Ça a commencé la semaine dernière, mais là il y a vraiment un afflux, explique Stéphane, de Plaques Minutes. On met environ deux minutes trente par voiture, donc il y a beaucoup de travail, mais ça avance quand même rapidement ».

    Sous la chaleur accablante, ces embouteillages ne sont pas du goût de tout le monde : « Ils disent que c'est pour la bonne cause, pour mieux contrôler les véhicules et éviter les morts sur la route… Mais avec la technologie qu'on a aujourd'hui, je ne trouve pas ça normale que ça soit à nous de nous adapter », s'agace Philippe, au volant d'une petite citadine. Dans le pick-up juste devant lui, Catherine qui a « pris sa matinée » spécialement pour se mettre aux normes. « C'est vrai qu'on a été prévenu à l'avance, mais j'ai un peu l'impression qu'il n'y a pas eu beaucoup de communication pour nous le rappeler » remarque-t-elle. Le président du gouvernement s’est d’ailleurs engagé, dans sa lettre au haut-commissaire, à « lancer une nouvelle campagne de communication » dans les jours et les semaines à venir.

    D’après les autorités, ce serait plus de 200 000 véhicules, deux ou quatre-roues qui seraient concernés par la « normalisation ». La fabrication et la pose des nouvelles plaques - composées de caractères noirs en bâtons sur fond blanc réfléchissants - coûtent 2 500 francs par jeu. Un tarif réglementé qui ne doit pas changer dans les semaines à venir.

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