Nouvelle Calédonie
  • Gilles Caprais / gilles.caprais@lnc.nc | Crée le 06.02.2019 à 05h29 | Mis à jour le 06.02.2019 à 06h36
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    Henry Calonne reproche à la réglementation des marges d’avoir réduit à peau de chagrin les bénéfices de son groupe. Photo G.C.
    CONSOMMATION. La semaine prochaine, le prix des yaourts Tennessee Farm augmentera de 15 %, a annoncé hier Henry Calonne. C’est une affaire de « survie » de l’usine, affirme le patron.

    Tout est affaire de point de vue. Échaudé par la polémique autour de l’extension des protections de marché, Henry Calonne avait invité la presse à l’usine Tennessee Farm afin de « confirmer, à partir de février, une baisse du prix des yaourts allant de -10 % à -15 % ».

    Voici comment il fallait lire cette invitation : la semaine prochaine, le prix des yaourts augmentera « de 15 % » ; mais puisque ces prix ont connu le 1er octobre une baisse forcée de près de « 30 % », sous l’effet de la réglementation des marges qui accompagne la TGC, l’évolution sur les cinq derniers mois correspond à la baisse de prix annoncée.

    Pour appliquer ces 15 % d’augmentation, le patron de Socalait a dû être inventif, car ses activités de distribution sont soumises à un coefficient de marge (1,35), et ses prix à la sortie de l’usine relèvent du régime de la « liberté contrôlée », où les modifications de prix passent par la direction des Affaires économiques (DAE).

    « Je n’ai pas le choix »

    L’astuce est juridique : au sein du groupe Calonne, le distributeur Socalait a fusionné avec le producteur Tennessee Farm. Plus besoin de modifier le prix « usine » : Socalait est devenu producteur et peut donc librement « fixer » ses prix, explique Henry Calonne.

    « Je n’ai pas le choix. Je dois trouver des solutions qui permettent à l’usine de survivre. On ne fait pratiquement plus de résultat. Et je n’ai pas les moyens d’attendre douze mois », soit la durée de la réglementation des prix entrée en vigueur le 1er octobre.

    Le 8 janvier, le gouvernement avait annoncé l’élargissement des protections de marché dont bénéficient les trois producteurs locaux de yaourts, une mesure demandée par Tennessee Farm. « Les protections viennent d’entrer en vigueur. On est encore loin d’avoir récupéré le volume de ventes. » Et même si la chose arrive, inutile d’en attendre une baisse des prix.

    « Sur un marché de 280 000 personnes, il est difficile de faire baisser considérablement les prix par le volume. La récente baisse du prix des yaourts n’a pas entraîné une envolée de la consommation, seulement + 8 % ».

    Face aux journalistes venus particulièrement nombreux, Henry Calonne tenait aussi à dire le fond de sa pensée sur l’éternel débat autour des protections de marché.

    Un consensus ?

    « Demain, si on a un changement de gouvernement, les protections de marché ne vont pas sauter. Croyez-vous que les indépendantistes soient contre les protections de marché ? Non. Dire que Calédonie ensemble est plus attaché aux protections de marché parce que Philippe Germain a été président de la Finc [Fédération des industries de Nouvelle-Calédonie, dont est membre Socalait, NDLR], c’est faux. Ces discussions, je les ai eues avec Harold Martin, quand il était président du gouvernement, avec les Républicains, etc. » Les protections sont « un outil de développement », aime à souligner le patron de Socalait, qui regrette par ailleurs une sorte d’acharnement sur ses produits, notamment sur les réseaux sociaux. « À un moment, c’était le Nutella. Maintenant, on dirait que l’économie de la Calédonie repose sur les yaourts », raille-t-il.

     

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