Nouvelle Calédonie
  • ENTRETIEN AVEC Irshaad Hakim, vice-président du groupe Suez WTS pour la région Asie-Pacifique
    Propos recueillis parChristine Lalande | Crée le 15.06.2019 à 04h25 | Mis à jour le 15.06.2019 à 04h25
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    Irshaad Hakim, depuis quinze ans dans le groupe Suez WTS, compte sur un tout nouveau directeur commercial pour la Nouvelle-Calédonie et le Pacifique Sud pour développer l’expertise du groupe sur le marché local.Ph. Thierry Perron
    Le vice-président du groupe Suez Water technologies and solutions (WTS) pour la région Asie-Pacifique, Irshaad Hakim, a bouclé hier une visite de trois jours sur le Caillou. Un marathon ponctué de rendez-vous avec la sphère économique et institutionnelle, pour envisager d’investir davantage.

    Les Nouvelles calédoniennes : Quels étaient les objectifs de votre tout premier séjour en Nouvelle-Calédonie ?

    Ce séjour avait pour but d'avoir une meilleure compréhension de ce que nous aurions besoin de faire, pour croître sur ce marché. La Calédonienne des Eaux et Aquanord (filiales du groupe Suez, NDLR) opèrent en Nouvelle-Calédonie depuis presque trente ans, avec 250 employés. Notre objectif est d'augmenter significativement ce nombre et, en marge de ce que le groupe Suez apporte dans la production d'eau pour les municipalités, d'aller dans le détail de ce qu'il peut apporter aux producteurs de nickel, aux opérateurs miniers et au secteur de l'énergie. Quels savoir-faire, quelle technologie et quelles solutions nous pouvons apporter pour aider l'efficacité opérationnelle qui va bénéficier à la société dans son ensemble.

    Vous avez rencontré les trois principaux opérateurs de nickel présents sur le territoire, qu'en attendait l'expert de l'eau que vous êtes ?

    Les directions exécutives que nous avons rencontrées nous ont toutes fait part de la même problématique : celle de devoir planifier leurs opérations dans le temps présent mais en imaginant aussi la fiabilité et le futur de leurs sites industriels. Les dirigeants des sociétés métallurgiques et minières réfléchissent toujours aux défis qui sont devant eux. Il était donc intéressant pour nous de pouvoir nous positionner, de savoir ce que l'on peut apporter à leur efficacité, ce que l'on peut amener que l'on maîtrise d’ores et déjà, pour une meilleure production. On a beaucoup évoqué leur horizon à cinq ans et les challenges qu'ils vont devoir relever. Il était important que l'on comprenne comment fonctionne le prix du nickel, comment nous pouvons les aider à être plus compétitifs, quelles problématiques viennent avec l'exploitation de ce minerai… Certains paramètres sont immuables, mais pour d'autres nous avons vraiment à travailler pour apporter des solutions de long terme à cette industrie.

    Quel est votre sentiment sur

    la croissance économique dans la région, et sur celle de la Nouvelle-Calédonie dont l'économie est encore largement corrélée au nickel ?

    Je pense que la Nouvelle-Calédonie est une terre de nickel de premier plan. Vous êtes le deuxième plus grand producteur de nickel au monde, du point de vue du volume dont vous disposez également… Donc je pense que booster l'économie en comprenant comment le nickel peut être produit plus efficacement, et le développer, c'est le défi principal de ce pays. Je pense que le deuxième concerne l'énergie, étant donné ses perspectives de développement. Avec de la croissance, vous aurez automatiquement des industries qui vont se développer et des hommes qui vont venir et mettre une pression sur les infrastructures existantes : c'est quelque chose que la Calédonie doit anticiper.

    Vous avez rencontré les équipes de vos filiales locales, quels sont les projets du groupe Suez pour elles ?

    Nous sommes effectivement ici depuis trente ans avec l'expertise de l'eau. Nous avons l'ambition de développer la formation pour avoir les synergies nécessaires afin d'être en mesure de développer notre offre. C'est ce qui est enthousiasmant : comment va-t-on créer le savoir-faire dont ce pays a besoin ?

    Les équipes actuellement font très bien leur métier qui est d'honorer leur contrat d'approvisionneur en eau et d'opérer les stations de traitement de l'eau.

    Nous travaillerons donc, de plus en plus, à mutualiser nos savoir-faire en termes de process et de maintenance dans le traitement de l'eau, pour aller plus loin.

    Vous avez également rencontré les institutions : quel accueil a été réservé à votre démarche ?

    Nous avons effectivement découvert quel nouveau visage aurait le gouvernement calédonien désormais, mais ce n'est pas si déterminant pour nous. En tant qu'industriels, nous sommes plutôt préoccupés par ce que nous devrons mettre en place pour ouvrir une branche. Nous voulons investir en Nouvelle-Calédonie. Donc nous avions à comprendre les éléments requis pour cela, d'une manière très globale : quelle entité nous devons avoir pour atteindre nos ambitions, etc. Nous souhaitions aussi comprendre comment la classe politique se projette dans le futur. Et j'ai trouvé votre gouvernement très clair en termes de stratégie : le nickel est omniprésent dans les discussions, l'énergie et les infrastructures de traitement de l'eau aussi. J'ai le sentiment que l'exécutif a une vraie vision de ce qu'il va falloir mettre en place pour garder votre environnement exceptionnellement préservé, intact. L'industrie, le développement du tourisme sont de gros sujets de préoccupation. Nous ressortons donc de ces entretiens avec une meilleure idée des projets sur lesquels Suez WTS pourrait travailler dès maintenant et ceux qui relèvent d'une projection sur le futur. Je le répète, votre environnement, s'il n'est pas rare, est tout de même assez uniquement préservé et je pense que tout ce qui procède de sa préservation sera une question clé. Nous avons une responsabilité qui celle de s'assurer que les industries fassent tout ce qui leur est possible pour cela. De notre point de vue, la Nouvelle-Calédonie est parmi les meilleurs élèves de la région en la matière. Nous avons commencé à y investir et ce que nous voulons, c'est accélérer ces investissements. Votre pays est au premier plan de notre stratégie pour la région Asie-Pacifique. Nous avons des laboratoires de pointe dans la région Pacifique, appartenant à différentes branches de Suez WTS, dont les compétences pourraient vous être bénéfiques. Et pour être très clair, notre ambition n'est pas de venir faire des affaires et repartir, mais bien de nous implanter davantage ici, que ce soit à travers d'infrastructures, de capacité de formation, ou en embauchant davantage. C'est considéré comme une étape significative de notre croissance.

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