Nouvelle Calédonie
  • Gilles Caprais / gilles.caprais@lnc.nc | Crée le 15.04.2019 à 04h25 | Mis à jour le 15.04.2019 à 07h35
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    Les salaires sont brut. Le salaire médian : en 2015, la moitié des salariés du privé gagnaient moins de 264 564 francs, l’autre moitié gagnait plus.
    EMPLOI. Le Medef et la Fédération des fonctionnaires ont des avis très différents sur la question de la rémunération des salariés. Une enquête sur le sujet doit être lancée le mois prochain.

    Entre mai et octobre, les 6 500 employeurs privés du pays seront invités à répondre à des questions sur le niveau des salaires dans leur société*. Ce sera la première publication du genre depuis 2015. Le manque de données rend le débat public « difficile », conviennent le Medef et la Fédération des fonctionnaires, qui tirent des conclusions radicalement différentes des données dont ils disposent.

    « Quand on regarde le coût de la vie par rapport à la Métropole, les niveaux de salaires sont cohérents dans le public. Dans le privé, ils ne le sont pas », attaque David Meyer, secrétaire général de la Fédération des fonctionnaires, particulièrement virulent au sujet des salaires minima. Le Smic métropolitain s’élève à 1 200 francs brut, quand ses équivalents calédoniens plafonnent à 926 (SMG) et 787 francs (SMAG, agriculture). « Il y a énormément de travailleurs pauvres. Il faut relever le SMG, et le SMAG ne devrait même pas exister », lance la figure de proue de la Fédé.

    « Tout le monde veut plus, c’est normal »

    « On a déjà des coûts salariaux supérieurs à la plupart des pays de la région », oppose Catherine Wehbé, et encore, l’enquête réalisée par l’IDC-NC ne concerne « que les salaires brut, et pas les primes diverses et variées ». La vice-présidente du Medef souligne que « les employeurs ont fait de gros efforts » entre 2009 et 2012, lorsque le SMG était passé de 715 à 887 francs. « Tout le monde veut gagner plus, et c’est normal. Mais les entreprises n’ont pas forcément la capacité de suivre, en vendant plus cher pour compenser les augmentations de salaire. » Quant au public, l’indexation des fonctionnaires est « largement supérieure à l’écart de prix avec la Métropole, qui est d’environ 35 % », rétorque Catherine Wehbé. Le public est « mieux loti » - son salaire médian est « plus élevé » - et il vit « peut-être au-dessus de ses moyens ».

    Les coefficients applicables aux fonctionnaires d’État s’élèvent à 1,73 (Nouméa et Grand Nouméa) et à 1,94 (ailleurs). « Mais l’indexation réelle de l’ensemble des fonctionnaires est de 1,3 », oppose David Meyer, qui se fonde sur les salaires net en vigueur. « Les territoriaux n’ont pas les mêmes grilles de salaire, pas les mêmes régimes indemnitaires. »

    « Globalement, il y a un décalage : un territorial de catégorie A est payé comme un fonctionnaire d’État de catégorie B », estime David Meyer. Une nouvelle étude sur les salaires n’aplanirait certainement pas les divergences d’opinion, mais elle aurait le mérite de « donner à tout le monde une vision plus claire de la situation », estime Catherine Wehbé. Prenant la relève de feu l’IDC-NC, le Service de l’aménagement et de la planification (Sap) conduit désormais l’enquête. Les déclarations seront « croisées » avec les données de la Cafat ; en 2017, des « insuffisances » dans cette opération avaient abouti à l’annulation de la publication. Le Sap compte désormais sur une publication en début d’année 2020.


    66 000 salariés

    relèvent du privé, 27 000 travaillent dans le public.

     

    Repères

    « Dangereux pour la cohésion sociale »

    David Meyer (Fédération des fonctionnaires) a le sentiment que les inégalités se creusent. « Les hauts salaires continuent de progresser, les bas salaires stagnent, et c’est dangereux pour la cohésion sociale. » Il dénonce en outre les utilisations « abusives » du salaire minimum agricole, notamment dans le domaine des espaces verts.

    Peu d’études

    L’étude bisannuelle lancée par le Service de l’aménagement et de la planification concerne au premier chef la formation, et doit permettre de guider l’ouverture ou la fermeture de sections. Elle s’accompagne d’une enquête sur le niveau des salaires. Quant à l’Institut de la statistique et des études économiques, sa dernière publication sur les salaires remonte à 2011.

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