Nouvelle Calédonie
  • Gilles Caprais | Crée le 23.03.2019 à 04h25 | Mis à jour le 24.03.2019 à 10h48
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    New York est la ville de référence, son panier de biens et services vaut 100. L’index d’une valeur de 87 signifie qu’à Nouméa, les prix sont 13 % moins élevés. Photo Archives LNC
    Economie. La revue The Economist a mis à jour son top des villes les plus chères du monde. Nouméa bondit de la 53e à la 20e place de ce classement qui mérite quelques explications.

    L’hebdomadaire The Economist a publié la semaine dernière une mise à jour de son célèbre classement des villes les plus chères du monde. S’il n’est pas franchement surprenant de trouver Nouméa plus près de la première que de la dernière place, les méthodes statistiques utilisées par la revue britannique méritent cependant quelques explications.

    En premier lieu, l’étude n’a évidemment pas la prétention d’être exhaustive ; elle concerne 145 villes d’une centaine de pays. En France, seules Paris - qui gagne une place et partage désormais la tête du classement avec Hong Kong et Singapour - Lyon et Nouméa ont ce privilège. Il n’est pas impossible que l’intégration de villes japonaises autres que Tokyo et Osaka fasse reculer Nouméa.

    Le but poursuivi par les rédacteurs de The Economist Intelligence Unit, le cabinet de conseil rattaché au magazine, influe également sur les résultats.

    Taillé pour les « expats »

    « L’enquête Worldwide Cost of Living permet aux gestionnaires des ressources humaines et aux cadres expatriés de comparer le coût de la vie dans près de 90 pays », indique le site web du cabinet, « afin de calculer le juste salaire ». Interrogée par Le Parisien, l’auteure de l’étude, Roxana Slavcheva, explique qu’« un expatrié a le droit de vivre sur le site de la mission de la même manière et avec le même type de produits et de services qu’il trouverait chez lui », ce qui justifie des relevés de prix effectués sur la « gamme supérieure » des 160 produits et services considérés, qui vont du kilo de pain au loyer en passant par la course d’un taxi. Ce qui aboutit à une moyenne de 104 euros, soit 12 480 francs, pour la coupe de cheveux d’une « expat » à Paris.

    Reste à expliquer la progression spectaculaire de Nouméa, qui jaillit de la 53e à la 20e place en six mois. L’évolution des taux de change « reste un des principaux facteurs » d’évolution du classement, dit la note. Ainsi, malgré 25 % d’inflation, Istanbul perd 48 places du fait de l’effondrement de la lire. Les rédacteurs précisent au sujet de la Nouvelle-Calédonie que « les prix élevés […] reflètent notamment un manque de concurrence, en particulier dans le domaine de la distribution, dominé par un petit nombre d’entreprises ». Pour des informations précises sur l’évolution des prix, mieux vaut s’en tenir à la dernière publication de l’Institut de la statistique et des études économiques, qui dit que le panier a gagné 0,4 % en un an (-0,1 % hors tabac).

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