Nouvelle Calédonie
  • A Port-Vila, Anthony Tejero | Crée le 15.04.2019 à 04h25 | Mis à jour le 15.04.2019 à 09h47
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    De nombreux élèves en tourisme arborent fièrement leur tenue de l’UNC, qui est partenaire de la licence. Photo : A.T.
    EDUCATION. La visite du gouvernement à Port-Vila s’est achevée à la première université nationale du Vanuatu, francophone et en plein essor. Un outil de développement largement financé par l’Etat et par la Calédonie.

    « Aujourd’hui, on peut voir une lumière dans le tunnel de l’éducation. La création de ces licences et masters est un résultat concret de la coopération entre la Nouvelle-Calédonie, la France et le Vanuatu », s’est félicité le Premier ministre vanuatais, Charlot Salwai, lors du déplacement à Port-Vila de la délégation du gouvernement calédonien, jeudi et vendredi.

    Une mission diplomatique qui s’est conclue par la visite de la première Université nationale du Vanuatu (UNV), qui est francophone, et qui est en plein chantier. Car pour l’heure, au vu des rares salles de classe déjà opérationnelles, ce campus n’en a encore véritablement que le nom. C’est pourquoi un grand bâtiment doit être construit afin d’accueillir les étudiants comme il se doit, à partir de 2020. Un projet d’un montant de 143 millions de francs, essentiellement supportés par l’Etat et par la Calédonie (lire par ailleurs). « Le Vanuatu était l’un des derniers Etats anglophones de la région à ne pas disposer de sa propre université. Car l’Unisversity of South Pacific de Port-Vila est une antenne d’une organisation internationale basée à Fidji, explique le service de la coopération régionale du gouvernement. Auparavant, les étudiants anglophones qui avaient suivi une scolarité en français étaient condamnés à quitter leur pays pour poursuivre dans l’enseignement supérieur, notamment en Nouvelle-Calédonie. »

    « Attirer les étudiants calédoniens »

    Ce projet dédié à la francophonie est donc « stratégique », selon les autorités vanuataises : « La Constitution prévoit le français et l’anglais comme langues officielles d’enseignement. C’est unique dans la région. Et c’est très important pour développer notre coopération tant avec les pays anglophones que francophones, estime Jean-Pierre Nirua, le ministre de l’Education du Vanuatu. Promouvoir ces deux cultures permet de montrer que malgré la petite taille de notre pays, nous sommes capables d’animer ces valeurs pour une meilleure cohésion, déjà avec notre peuple, mais aussi avec le reste de la région. »

    C’est pourquoi l’UNV entend monter en puissance : « La première licence a commencé en 2013 avec 35 étudiants et, cette année, nous en avons 284, glisse fièrement Pierre Metsan, le coordinateur des formations supérieures. Notre coopération prévoit l’échange d’étudiants calédoniens et vanuatais. Pour le moment, ce sont plutôt nos jeunes qui partent à Nouméa, mais l’idéal, à l’avenir, serait que nos formations attirent également les étudiants calédoniens. Ce type de mobilité existe déjà avec l’université de Toulouse 1. Plus on aura de formations, plus on captera l’intérêt des Calédoniens. »

    En vue d’accompagner la mise en place et le contenu de ces nouveaux cursus, certains enseignants calédoniens sont sollicités. A l’image de Serge Maldonado, professeur en BTS au lycée Lapérouse et qui passe toutes ses vacances à Port-Vila afin de contribuer au développement de la licence tourisme, lancée l’an passé. « On a des jeunes extrêmement motivés qui ont vraiment conscience de l’enjeu que représente la formation professionnelle. Et du défi du développement touristique du Vanuatu qui est l’un des premiers revenus du pays. Ils ont une vraie volonté d’apprendre et de progresser pour pouvoir contribuer au développement du pays. »


    Les autres projets financés ou à l’étude au Vanuatu

    Si le financement est accordé, le marché de Port-Vila sera étendu avec une poissonnerie et une boucherie. Photo : A.T.

     

    Construction d’une Maison de la francophonie

    Le lancement des travaux de ce relais de la francophonie à Port-Vila est prévu le mois prochain. Un projet notamment porté par la commune jumelle de Dumbéa.

    Création d’une unité de biologie moléculaire

    Cette plateforme commune entre l’UNV et l’hôpital de Port-Vila contribuerait notamment à la filière environnement qui sera ouverte en 2020. Ce dossier sera déposé auprès de l’AFD en mai.

    Rénovation de l’aéroport de Bauerfield

    Il s’agit de l’extension de la caserne des pompiers du site qui sera également équipée d’une mini-centrale photovoltaïque. La convention de financement entre l’AFD et la Nouvelle-Calédonie a été signée le 3 avril pour un montant de 119 millions de francs, à 70 % financés par le fonds Ficol, à 12 % par le Vanuatu et à 8 % par la Calédonie.

    Extension du marché de Port-Vila

    Ce projet porté par la mairie de Lifou, en partenariat avec Dumbéa et Port-Vila, a été présenté à l’AFD en novembre dernier, qui a réclamé davantage de précisions et doit de nouveau examiner la demande cette année. Le chantier prévoirait la construction d’une poissonnerie, d’une boucherie et un volet assainissement. Le traitement des déchets de la poissonnerie bénéficierait de l’expertise de Lifou à travers son usine de conditionnement de poissons.


    284 étudiants

    C’est le nombre de jeunes inscrits cette année à l’Université nationale du Vanuatu (UNV).

     

    Repères

    Deux licences et deux masters

    Pour l’heure quatre formations sont dispensées : une licence et un master en AES (administration économique et sociale), une licence en tourisme et un master en ADTO (aménagement des territoires océaniens). Par ailleurs, une licence en science de l’environnement devrait également voir le jour à la rentrée 2020.

    Quel financement ?

    Le projet de construction de la future université comprend une enveloppe de 143 millions de francs répartis entre l’Etat français (95 millions), la Nouvelle-Calédonie (36 millions) et le Vanuatu (12 millions).

    Ce chantier est financé grâce au fonds Ficol (Facilité de financement des collectivités territoriales françaises). Un outil mis en place par l’AFD (Agence française de développement).

    A noter que ce dispositif permet de mettre en place, ou du moins d’étudier, quatre autres projets à Port-Vila (lire par ailleurs).

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