Nouvelle Calédonie
  • E.C. | Crée le 09.04.2018 à 07h09 | Mis à jour le 09.04.2018 à 12h03
    Imprimer
    Endemia invite les Calédoniens à venir découvrir les mystérieux genres endémiques du Caillou, comme ici le genre Purpureostemon, arbrisseau rampant rabougri de la famille de la myrte, aux jolies fleurs rouges. Photo Laure Barrabé
    Environnement. Le programme du Muséum d’Histoire naturelle est relayé par l’association Endemia. Ludique, la mission consiste à découvrir 26 genres endémiques correspondant à 3 000 collections d’herbiers.

    Fierté du pays, le taux d’endémicité en Nouvelle-Calédonie est tellement généreux, que l’association Endemia cherche des « herbonautes » pour alimenter une base de données scientifique à partir des milliers de photos de plantes de l’Herbier national. Lancé en 2013 par le Muséum d’histoire naturelle de Paris, ce grand projet de sciences participatives consacré aux collections d’herbiers est étendu au Caillou. Pour y participer, nul besoin d’être un expert en botanique. En revanche, la curiosité est de mise.

    Sur le lien http://lesherbonautes.mnhn.fr/missions/10447378, il suffit d’aider à déchiffrer les étiquettes des spécimens d’herbier et de renseigner les informations dans les champs prévus à cet effet. Où la plante a-t-elle été collectée ? Quand et par quels botanistes ?

     

    Aucun risque de glisser des erreurs

    L’objectif de l’association : « Avoir passé en revue toute la flore d’ici 2020, soit plus de 3 400 espèces ! » La mission concerne 26 genres, présents uniquement sur les îles du pays, correspondant à 3 000 collections d’herbier.

    Aucun risque de glisser des erreurs. Afin d’obtenir des données fiables, les informations sont croisées et recoupées afin de permettre aux participants de discuter et de choisir la donnée la plus pertinente. Ludique, le programme fonctionne comme un jeu, avec un système de niveau. Au départ, on est herbonaute de niveau 1, on ne peut donc renseigner que le pays. Pour aller plus loin, on peut s’entraîner à repérer plus d’informations sur les étiquettes. Il faudra alors à répondre à un quiz afin de passer au niveau suivant.

     

    Plus de 1 200 espèces évaluées

    55 000 contributions sont attendues. Alors qu’une mission thématique a été lancée le 3 avril sur les genres endémiques, l’association invite ainsi les Calédoniens à « contribuer à l’amélioration des connaissances portant sur ces genres emblématiques ». Et les genres en question sont nombreux. La Calédonie est d’ailleurs l’archipel du Pacifique qui en abrite le plus grand nombre, entre 62 et 91. Il s’agirait « des reliques d’anciennes lignées de plantes vasculaires qui se seraient éteintes en dehors de la Nouvelle-Calédonie, indique l’association. Leur concentration sur ce territoire pourrait s’expliquer entre autres par l’âge ancien de l’île, son isolement géographique important, son climat doux et favorable, et l'existence de roches aux propriétés originales et rares à l'échelle de la planète. »

    Ce long travail d’inventaire, Endemia l’a commencé il y a près de quatre ans. Depuis 2014, l’association héberge une Autorité liste rouge, qui rassemble une cinquantaine d’experts botanistes locaux et internationaux, chargés d’élaborer la liste rouge de la flore menacée sur le Caillou. A ce jour, plus de 1 200 espèces ont été évaluées, dont 42 % sont considérées comme menacées, selon la méthodologie de I’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN).

     

    91

    La Calédonie détiendrait le record de genres endémiques de la région Pacifique, estimé entre 62et 91. Pour qu’un genre soit considéré endémique d’un pays, il faut que toutes ses espèces soient endémiques de ce même territoire.

     

  • DANS LA MÊME RUBRIQUE
  • VOS RÉACTIONS