Nouvelle Calédonie
  • Jean-AlexisGallien-Lamarche / jeanalexis.gallien@lnc.nc | Crée le 14.08.2018 à 04h25 | Mis à jour le 15.08.2018 à 11h02
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    Né à Nancy, Yann Kavaheeaga, 27 ans, avait rejoint son père installé à Païta en 2008. Il a intégré l’armée en 2017. Photo DR
    FAITS DIVERS. Yann Kavaheeaga, militaire de 27 ans, est mort dans le Sud de la France. Bayard Bonua, lui aussi militaire et originaire de Lifou, a été très grièvement blessé.

    Il y a six mois, sa surprise a ému aux larmes son père. Yann Kavaheeaga est rentré sur le Caillou et sa venue pour trois semaines était un secret qu’il s’était bien gardé de dévoiler à son papa. « Il est arrivé un beau matin. C’était la surprise avec ma femme. C’est la dernière fois qu’il est rentré au pays », confie Mikaélé Kavaheeaga. Depuis qu’il a appris la dramatique nouvelle, le père de ce militaire de 27 ans « pleure tout le temps, j’ai trop mal au cœur ». Samedi matin, à 6 h 30, Yann Kavaheeaga est décédé dans un accident de la route à Bruniquel, dans le Sud-Ouest de la France. « Il était en week-end. J’ai appris qu’avec trois amis, eux aussi militaires, ils étaient partis au restaurant puis en boîte de nuit », raconte Mikaélé Kavaheeaga, lui-même militaire désormais à la retraite.

     

    Pronostic vital engagé

    C’est sur le chemin du retour que Yann Kavaheeaga aurait perdu le contrôle de la voiture qu’il conduisait aux abords d’un rond-point, avant que celle-ci, encastrée dans un panneau de signalisation, ne s’embrase. Deux témoins auraient alors réussi à extraire trois militaires de la carcasse sans parvenir à sauver Yann Kavaheeaga. Alertés en urgence, les secours ont pris en charge Bayard Bonua, 22 ans et originaire de la tribu de Easo, à Lifou, le plus grièvement blessé des rescapés. Le jeune homme a été héliporté à l’hôpital de Toulouse dans un état grave : son pronostic vital était engagé, ont indiqué les pompiers du Tarn-et-Garonne à l’AFP, dimanche. Quant aux deux autres militaires, nés en 1995 et 1992, qui souffraient de blessures légères, ils ont été hospitalisés à Montauban et leur état n’a pas été jugé inquiétant.

     

    « Rapatrier le corps »

    Ces quatre camarades avaient intégré le 31e régiment du Génie de Castelsarrasin. Sur sa page Facebook, le « 31e RG » a adressé ses condoléances « à la famille et aux proches » du « sapeur de 1er classe Yann ». Né à Nancy d’une mère métropolitaine et d’un père wallisien, Yann Kavaheeaga avait retrouvé en 2008 son papa installé à Païta. « C’était le dernier de mes trois enfants. Il voulait rentrer à l’usine de Goro mais il n’a pas pu. Il a enchaîné des petits boulots, un bac logistique et il a rejoint l’armée après avoir fait le RSMA dans le Nord », témoigne son père.

    Le 7 février 2017, Yann Kavaheeaga quitte le Caillou pour la Métropole et sa nouvelle famille, l’armée. « Il avait compris que l’armée pourrait lui ouvrir des débouchés. Il voulait faire de la soudure sous-marine », poursuit Mikaélé Kavaheeaga dont le « souhait est de rapatrier le corps en Calédonie ». Ce décès a provoqué une vague d’hommages sur les réseaux sociaux. « Nous avons fait nos classes ensemble, c'était une personne en or. Repose en paix frangin », a commenté un de ses amis.

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