Nouvelle Calédonie
  • Yann Mainguet / yann.mainguet@lnc.nc | Crée le 09.04.2019 à 04h25 | Mis à jour le 09.04.2019 à 07h21
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    « Sept ans que je travaille pour Vale : j’ai l’impression d’avoir exercé trois ou quatre métiers différents. Vraiment intéressant », apprécie Jeremy Szopa. Photo Y.M
    PORTRAIT. Un œil sur le planning et le budget, l’autre sur les changements ou les risques : Jeremy Szopa participe, en tant que coordinateur à Vale NC, à l’élaboration de Lucy, un projet de 600 millions de dollars US.

    Les trombes d’eau tombées sur le casque du ministre Gérald Darmanin en visite ont, depuis, traversé les montagnes du Sud, mais la terre rouge colle toujours aux semelles des chaussures. En haut d’un escalier, des techniciens en combinaison échangent autour d’un cylindre. Un détail, dans un vaste programme qui occupe les journées de Jeremy Szopa. Cet employé de Vale Nouvelle-Calédonie est, à 31 ans, coordinateur ou chef de projet pour la « préparation opérationnelle » - selon le jargon - du dispositif Lucy. Le prénom intègre en fait une innovation permettant de stocker des résidus solides, issus du procédé hydrométallurgique. « C’est le premier projet de ce type dans l’industrie du nickel. Il y a donc beaucoup d’enjeux stratégiques pour le groupe Vale », remarque le jeune papa. Avec Lucy et son système d’assèchement des boues humides, la visibilité de l’usine du Sud s’étend jusqu’en 2038. « Et c’est un projet important d’un point de vue environnemental », allusion à la future disparition de la technologie de barrage. L’investissement n’est pas mince : 600 millions de dollars US. Le projet global doit s’étendre sur trois ans, de la construction à la mise en service. Une usine de filtres-presse sera en place début 2021.

    Jeremy Szopa effectue un retour aux sources. Le natif de Nouméa a grandi à Toulon, en Métropole, puis a passé, une fois diplômé d’un master en finances d’entreprise, de grandes vacances en Nouvelle-Calédonie en 2012. De fil en aiguille, cette année-là, la porte de Vale NC s’ouvre. Un poste de contrôleur de projet lui est confié, attaché au programme du parc de la Kwé Ouest. Puis apparaît Lucy. Et se présente une nouvelle fonction, coordinateur ou chef de projet, qui inclut « une grosse composante financière, avec la gestion des coûts, des engagements, de la trésorerie des projets. Et il y a aussi une partie plus technique, avec la gestion du planning, des risques...», énumère Jeremy Szopa qui renseigne un des managers spécialisés. Tout en haut de l’organigramme Lucy, le Brésilien Frederico Leal, directeur.

    Le brésil au bout du fil

    Il y a les ressources disponibles et le plan. Au milieu, « je m’assure que tout le monde travaille bien ensemble, et que tout va être fini dans les temps, selon le budget et le planning », un mot-clé, primordial, dans ce genre d’aventure d’une ampleur rare. « Plus on passe de temps sur la phase de planning, plus on limite les risques pendant l’exécution ». L’ambition est bien là : réduire le niveau d’incertitude et maîtriser au mieux les aléas. Qui peuvent coûter très cher.

    Avec l’évolution du projet, Jeremy Szopa a changé de bureau et de costume. « Jusqu’à fin 2018, nous étions surtout à Nouméa, parce qu’il fallait travailler avec le Brésil », pays où le siège du géant Vale est implanté, « on avait des conférences téléphoniques très tôt le matin ». Une bascule s’est opérée progressivement vers le Sud, en baie de Prony, pour être au plus près du terrain et des enjeux chaque jour. Entre 500 et 600 techniciens sont attendus sur le site à partir des mois de mai ou juin. Puis ce chiffre va monter à plus de 1 000, toutes équipes confondues, sous-traitants et employés Vale NC.

    Et après ? Une fois Lucy bâti, en marche ? « On verra en fonction des opportunités », note Jeremy Szopa avant de prendre la route en direction de l’unité pilote. « Il y aura certainement d’autres projets ».

     

    Production : Vale Nouvelle-Calédonie en baisse l'an dernier

    Moins bien. En 2017, la production du complexe Vale NC avait atteint 40 300 tonnes de nickel, un record inscrit sur une logique de progression. Un fléchissement, évalué à -19,4 %, est enregistré en 2018, pour atterrir à 32 500 tonnes. La direction en baie de Prony avait signalé en octobre, de moindres livraisons de minerai à l’usine.

    Le cobalt suit la même tendance, la glissade est même un peu plus sévère : la production passe de 2 780 tonnes en 2017, à 2 104 tonnes l’an dernier, soit une baisse de -24,3 %. Le complexe hydrométallurgique en Nouvelle- Calédonie s’avère toutefois le premier site producteur de cobalt dans le groupe, suivi de Voisey’s Bay au Canada.

    Le coût de production 2018 de Vale NC grimpe à 12 405 dollars US la tonne de nickel, contre 10 053 dollars en 2017. Le résultat d’exploitation (EBITDA) stagne à -63 millions de dollars US, au regard des -62 millions en 2017.

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