Nouvelle Calédonie
  • Esther Cunéo / esther.cuneo@lnc.nc | Crée le 29.05.2019 à 04h25 | Mis à jour le 29.05.2019 à 07h18
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    Outre le mandat de dépôt, les juges ont globalement suivi les réquisitions du procureur. Photo Archives LNC
    JUSTICE. Un chauffeur de navette de 53 ans a écopé de deux ans de prison pour l’agression sexuelle sur deux mineures, en 2013, et en 2015, alors qu’il les ramenait chez elles.

    Tous les soirs, il attendait que la fillette, dernière sur son trajet, soit seule, pour prétexter une « pause pipi ». Tous les soirs, pendant huit mois, l’enfant de 8 ans a subi ainsi les attouchements sexuels du chauffeur de la navette. Mais la petite fille n’est pas sa seule victime. Cité à comparaître pour deux agressions sexuelles sur mineurs de moins de 15 ans, le prévenu a écopé de quatre ans de prison, dont deux avec sursis assortis d’une mise à l’épreuve, d’une interdiction d’exercer toute activité en contact avec des mineurs et d’une inscription au Fijais (*).

    La cinquantaine grisonnante, petites lunettes sur le nez, le petit bonhomme à la barre inspirait pourtant la confiance aux parents qui lui confiaient leurs enfants.

    Dans le cercle des adolescents en revanche, et surtout des adolescentes, le bruit court que le chauffeur aurait les mains baladeuses. « Un genou effleuré, » « un regard insistant » selon les témoignages. « Il avait la réputation d’un pervers » résume une jeune femme, elle-même victime du prévenu en 2013. Un soir en particulier en sortant d’une fête bien arrosée, elle n’a que 14 ans lorsque le transporteur, en la ramenant chez elle, profite de son état inconscient pour la toucher. « Je voulais juste la réveiller » tente le prévenu. « Et pour réveiller les gens vous les tripotez vous ? » bouscule la présidente du tribunal.

    « Un grave problème de prostate »

    « C’est plus fort que moi » avait déclaré le prévenu à l’expert psychiatre, dont le rapport s’attarde sur la sexualité trouble du quinquagénaire, et sa « dimension pédophile. » Marié et père de famille, ce dernier ne semble pas faire la distinction entre une enfant et une femme, relève l’expert.

    « Pour la petite fille, ce n’est pas arrivé que deux ou trois fois. C’est arrivé tous les soirs, relance la présidente. Elle a besoin de l’entendre cette petite pour se reconstruire, qu’elle a dit la vérité. Vous vous rendez compte que vous l’avez fait passer pour une menteuse ? »

    Le prévenu finit par hocher la tête, justifiant ces nombreux arrêts aux toilettes par « un grave problème de prostate ». « Et ce qui se passe après, vous n’étiez pas obligé de le faire ? Elle a bon dos la prostate » s’impatiente la présidente. Avez-vous au moins conscience d’être attiré par les jeunes enfants ? » Pas de réponse.

    « Cet homme qu’elle devait appeler tonton qui la ramenait tous les soirs (…) cela devait lui peser, plaide l’avocate de la partie civile. Il a fallu qu’elle voie un reportage à la télé pour qu’elle ait le courage d’en parler à ses parents. »

    Dernier à parler, le prévenu a juste demandé pardon, et promis de ne plus recommencer. « Je suis prêt à me soigner. »


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    * Fichier judiciaire automatisé des auteurs d'infractions sexuelles ou violentes

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