Nouvelle Calédonie
  • J.-F.G. | Crée le 06.04.2019 à 04h25 | Mis à jour le 06.04.2019 à 10h29
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    Photo Archives LNC
    justice. Un homme a été condamné à 18 mois de prison après avoir blessé un cycliste. Il avait tenté de se dégager de toute responsabilité en déclarant que son véhicule avait été volé le soir du drame.

    Durant quelques jours, il a tout essayé pour éviter de se retrouver à la barre du tribunal. Le lendemain du soir de l’accident, en septembre 2018, il est même allé jusqu’à la gendarmerie, pour affirmer que son véhicule avait été volé durant la nuit. Mais, malgré son délit de fuite et sa fausse déclaration, le jeune homme de 26 ans a bien dû se présenter devant les juges, hier matin. Pour répondre de faits qui remontent au 8 septembre. Ce jour-là, après une après-midi avec des amis à la rivière, le prévenu décide de se rendre sur les Baies de Nouméa, pour finir la soirée. Arrivé au quai Ferry, il tente de doubler un véhicule par la gauche. Il ne voit pas le cycliste. Le choc est extrêmement violent. La victime à vélo, projetée à plusieurs mètres, est grièvement blessée.

    100 jours d’ITT

    Thibaut* panique. Il prend la fuite, laissant pour mort le malheureux, victime de plusieurs fractures au visage et à la jambe, et appelle sa compagne. En quelques minutes, il prend une mauvaise décision. Celle de laisser sa voiture à l’abandon et de la déclarer volée, dès le lendemain matin. « Je regrette sincèrement, je le connaissais et je me suis renseigné pour savoir comment il allait », tente de se défendre Thibaut. « Vous avez effectivement pris des nouvelles, concède la présidente du tribunal, Évelyne Camerlynck. Mais ce n’est que lorsque vous avez compris que les policiers allaient rechercher des témoignages et visionner les vidéos des caméras de la ville que vous avez hésité. Et ce n’est que lorsque votre compagne vous a dit qu’il fallait arrêter que vous avez décidé de vous rendre au commissariat. » Le prévenu acquiesce. Puis ne dit plus rien. Assis dans le tribunal, la victime, un professeur de l’Université, père d’une petite fille, se fait traduire le débat. Il est sourd-muet. Un détail qui a eu de lourdes conséquences. « Vous vous rendez compte que lorsqu’il a été percuté, il a sombré dans un coma de quatre jours ! A son réveil, il n’a pas pu décliner son identité. Durant plusieurs jours, sa femme, son enfant et ses proches, n’ont pas eu de nouvelles », rappelle Me Servane Garrido-Lucas, avocate de la victime aux 100 jours d’ITT.

    Permis annulé

    « Il ne s’arrête pas, organise sa non-mise en cause… C’est un comportement de lâche, de fripouille », tempête le procureur Richard Dutot, qui requiert 18 mois de prison et un passage du prévenu illico au Camp-Est, sans qu’il ne puisse voir le juge des détentions et de la liberté. La plaidoirie de Me Gustave Tehio, avocat de Thibaut, demandant de lui « laisser une dernière chance », n’y fait rien. Le tribunal ne tarde pas à trancher. A 26 ans, le conducteur part sous escorte au Camp-Est. Il devra purger une peine de 18 mois de prison et voit son permis annulé pour 3 ans.

    * prénom d’emprunt

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