Nouvelle Calédonie
  • J.-A.G.-L. | Crée le 16.05.2019 à 04h25 | Mis à jour le 16.05.2019 à 07h00
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    JUSTICE. Il voulait simplement revoir et embrasser sa mère. Un homme de 29 ans, originaire de Poum, a écopé de deux mois de prison, mardi, par le tribunal correctionnel de Nouméa, pour quatre jours d’« évasion d’un condamné en placement extérieur ». Le 7 mai, cet ancien maçon avait pris la tangente, quittant la Rapsa* - un centre qui accueille les détenus en fin de peine pour les guider dans leur réinsertion sans pour autant les libérer - et devenant, de fait, un évadé. « Un mandat de recherche a été émis par la justice, précise la présidente du tribunal, Évelyne Camerlynck. Il faut que vous compreniez que même si vous étiez à la Rapsa, vous étiez sous écrou, c’est-à-dire qu’on considérait que vous étiez incarcéré. » Connu de la juridiction pour des faits de vols et de trafic de stupéfiants (quatre pages de casier), il a été arrêté quatre jours plus tard, le 11 mai, lors d’un banal contrôle de gendarmerie à La Foa alors qu’il remontait vers Poum.

    « La tentation est forte »

    Au fil du procès, on comprend que le prévenu voulait simplement voir sa mère et rentrer, ensuite, à la Rapsa. « Et récupérer quelques papiers dont il avait besoin pour sa réinsertion », observe Me Ophélie Despujols, à la défense. « Vous n’en pouviez plus… C’était trop compliqué pour vous de rester à Nouméa… », constate, presque compatissante, la magistrate. Le procureur de la République rappelle que « le prévenu a l’interdiction de se rendre chez sa mère depuis sa dernière condamnation », concédant que « la tentation est forte pour ces détenus en aménagement de peine ». Le tribunal tient compte qu’il ne voulait pas s’engager dans une cavale longue et sans issue mais condamne le jeune homme. « C’est la double peine. Il repart en prison et ne peut plus prétendre à la Rapsa », conclut Me Despujols.

    * Réinsertion des anciens prisonniers dans une société accueillante

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