Nouvelle Calédonie
  • Anthony Tejero / anthony.tejero@lnc.nc | Crée le 23.05.2019 à 04h25 | Mis à jour le 23.05.2019 à 11h53
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    A Boulouparis, les gendarmes ont dû déployer une herse pour stopper le fuyard.Photo LNC
    JUSTICE. Un homme de 29 ans a été condamné, mardi, à deux ans de prison pour une série de délits commis vendredi. A bord d’un véhicule volé, poursuivi par la police, il a causé un accident, a pris la fuite et a fini sa course en tonneaux.

    A la barre, le prévenu est peu bavard. Pourtant, le jeune homme est un habitué des lieux. Gilles Nonaro, 29 ans, comparaissait, mardi matin, pour la quatorzième fois devant le tribunal, avec à son passif jusqu’à sept infractions différentes par condamnation. Un casier judiciaire long comme le bras qui vient encore de s’alourdir d’une peine de deux ans de prison ferme.

    Cet habitant de Canala, jugé en comparution immédiate, a été reconnu coupable de plusieurs délits commis dans la soirée du vendredi 17 mai. Tout commence par des « vols par escalade » dans deux habitations de Nouméa. Lors de la seconde intrusion, le jeune homme parvient à dérober un véhicule - un Duster - au volant duquel il ne tarde pas à être pris en chasse par la police nationale. Alors que le prévenu n’est pas titulaire du permis de conduire, une course-poursuite s’engage sur la voie express à une allure telle que les forces de l’ordre préfèrent abandonner. Dans sa précipitation, Gilles Nonaro percute un véhicule à Dumbéa, mais continue de prendre la fuite. Ce n’est qu’à Boulouparis que sa course folle prend fin. Refusant d’obtempérer à la vue des gendarmes, le chauffard file droit dans la herse déployée sur la chaussée et finit sa route dans le fossé, non sans avoir effectué plusieurs tonneaux.

    « A chaque fois, on frôle le drame »

    Mardi matin, le multirécidiviste n’a pas reconnu la plupart des faits qui lui sont reprochés, notamment les vols. « C’est un gars qui m’a donné la voiture et le téléphone. Juste comme ça », a tenté de se défendre le jeune homme. Une version qui n’a pas convaincu, et a même agacé, la présidente du tribunal : « Vous croyez qu’on va avaler ça ? Ça fait un mauvais effet sur le tribunal quand on nie l’évidence car on se dit que malgré vos nombreux passages en maison d’arrêt, vous n’avez rien compris, déplore Evelyne Camerlynck. Vous auriez pu vous tuer ou tuer l’un des gendarmes en face. Vous ne comprenez rien. A peine sorti de prison, vous recommencez. »

    De son côté, le procureur de la République pointe à son tour un comportement « qui n’est pas anodin ». « Parmi vos quatorze comparutions, c’est la sixième fois que vous êtes à la barre rigoureusement pour les mêmes faits, liste Alexis Bouroz. On ne réalise pas ce que représente un délit de fuite. Lors de la course-poursuite, il roulait vraiment comme un fou. On est déjà à deux gendarmes grièvement blessés sur la route depuis le début de l’année dans des circonstances similaires. A chaque fois, on frôle le drame. »

    Le procureur requiert ainsi trente mois de prison ferme. « Une peine extrêmement sévère », selon l’avocate de la défense, qui met en avant que Gilles Nonaro vient « enfin » de trouver un emploi dans les panneaux solaires à Canala et a « malgré tout retrouvé le chemin de la réinsertion ».

    Au terme d’un délibéré extrêmement rapide, le jeune homme écope de deux ans de prison ferme.

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