Nouvelle Calédonie
  • Jean-AlexisGallien-Lamarche / jeanalexis.gallien@lnc.nc | Crée le 25.06.2019 à 04h25 | Mis à jour le 25.06.2019 à 15h23
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    Les faussaires ont révélé devant la justice l’existence d’« un réseau organisé autour des chèques » volés. Archives LNC
    JUSTICE. Deux escrocs ont été jugés pour avoir dépensé des millions de francs en chèques volés. Ils ont décrit un réseau organisé de vol et de revente de chéquiers.

    Leurs visages, capturés par des caméras de vidéosurveillances de magasins, avaient fini par se retrouver sur les réseaux sociaux par des commerçants excédés qui s’étaient laissé berner par le bagout et l’aisance naturelle de ces deux-là. Une partie de l’année dernière, ceux qui se sont retrouvés devant le tribunal correctionnel de Nouméa ont fait le tour du pays, allant d’hôtel en hôtel, sans débourser un centime de leurs poches. Ou plutôt en dépensant l’argent des autres. Le tribunal a essayé d’entrer dans le détail du dossier, jusqu’à s’y perdre. Même l’un des prévenus a reconnu se « mélanger, il y en a eu tellement de chèques… ». La présidente résume en une phrase : « vous avez utilisé 89 formules de chèques pour un total de plus de 3,5 millions de francs ». Le faussaire raconte son enfance, « la débrouille » et les « mauvais coups », explique qu’il était « à la rue » après un drame familial et que les chèques ne lui servaient qu’à « se loger » et « à faire plaisir aux amis ». « Aujourd’hui, il a un logement, un emploi fixe… Il veut tirer un trait sur cette vie », plaide Me Barbara Brunard qui sollicite à la justice une confusion de peine.

    Voleurs et revendeurs

    Et les chéquiers ? D’où provenaient-ils ? Le tribunal interroge les prévenus, un certain malaise s’installe. « J’achetais les chèques aux tours de Magenta », confie, sans plus en dire, un des escrocs. Son complice s’en vante, « tous les jeunes des quartiers savaient que je refourguais des chéquiers ». La présidente évoque « la filière Magenta ». Le faussaire s’agite un peu mais « assume tout » et raconte qu’« il y a tout un réseau organisé autour des chèques. Il y a les voleurs, des petits jeunes, mais aussi les revendeurs et ceux comme nous qui les utilisons ». La magistrate ne paraît pas surprise et reproche aux prévenus « de se garder de donner les noms de ceux qui sont dans le réseau ». « Je ne veux pas de problème ». Le délibéré tombe : ce sera trois mois de prison pour l’un, douze mois avec sursis pour le second. Et la confusion de peine pour les deux faussaires.

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