Nouvelle Calédonie
  • E.C. | Crée le 13.02.2019 à 04h25 | Mis à jour le 13.02.2019 à 06h35
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    Agacé par le comportement « vindicatif » du prévenu, le procureur avait requis cinq ans de prison avec maintien en détention. Photo LNC
    JUSTICE. Déjà jugé pour ses 11 mois de cavale, Marie-Gilles Noraro, 27 ans a écopé hier, au tribunal correctionnel, de 4 ans de prison pour des vols avec violence en 2015 au Mont-Dore.

    « Jugez-moi pour ce que j’ai fait, pas pour ce que les autres ont fait » intervient Marie-Gilles Noraro. Coupant de nouveau la parole à la présidente du tribunal correctionnel, le prévenu au très lourd passé judiciaire s’étonne d’avoir écopé de 5 ans de prison ferme en son absence. Il faut dire qu’il est resté en cavale durant 11 mois. « On ne va pas y passer la journée monsieur, on sait bien que vous n’avez pas tout fait tout seul, mais dès que vous agissez en bande vous êtes complice » rétorque la présidente, avant de mettre en garde le jeune délinquant contre son caractère « vindicatif ».

    Car-jacking en embuscade

    Le voilà donc jugé une nouvelle fois à sa demande, notamment pour le cambriolage à la voiture-bélier du magasin Arizona, sur la route du Vallon-Dore, en 2015, le prévenu aux 20 condamnations devant aussi préciser le rôle qu’il a joué dans une série de vols cette même année, dont un car-jacking en embuscade à Saint-Louis, un soir de juillet. Cette nuit-là, contraints de ralentir face à un dépôt de rochers sur la RP1, quatre véhicules avaient vu surgir des ténèbres cinq individus. L’un d’eux n’avait pas hésité à mettre en joue les conducteurs avec un « tube ». « C’était une barre de fer que je faisais passer pour un fusil, » se défend le jeune homme, lâchant au passage avoir eu un vrai emploi, avec de vraies fiches de paie, avant de s’embarquer dans une carrière de délinquant. Ses 11 mois de cavale lui ont d’ailleurs permis de se trouver une petite amie, et une nouvelle perspective d’embauche. « Tout ça n’est pas pris en compte. Il est où le côté positif dans tout ça ? » clame le prévenu. « Vous êtes pétri de bonnes intentions, tant mieux, ironise la présidente, mais il va quand même falloir payer l’addition. »

    « Banditisme et adrénaline »

    Agacé que le jeune homme à la barre « minimise les faits » le procureur souligne au contraire son « rôle très actif » dans cette série de faits. « C’est lui qui a tenu le fusil, et c’est lui qui conduit la voiture-bélier » rappelle le magistrat. « Il est dans une recherche d’adrénaline, c’est du banditisme ! Une vitre a été cassée par une pierre, un enfant a été touché à la tête. La petite fille était paniquée, assène encore le procureur. Ces individus terrorisent les gens sur une route, et sont prêts à n’importe quoi pour prendre une voiture. » Il requiert cinq ans de prison ferme avec maintien en détention, soit la même peine que celle prononcée le 18 septembre dernier. Marie-Gilles Noraro écopera finalement de 4 ans ferme. A cette peine s’ajoute une sanction d’un an de prison pour ses 11 mois de cavale. Incarcéré au Camp-Est, Marie-Gilles Noraro avait obtenu une permission de sortie de deux jours, le 24 janvier 2018 avec l’interdiction de se rendre à Saint-Louis. Le début d’une longue cavale…

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