Nouvelle Calédonie
  • Jean-Alexis Gallien-Lamarche / jeanalexis.gallien@lnc.nc | Crée le 03.04.2019 à 04h25 | Mis à jour le 03.04.2019 à 09h30
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    Avant d’être incarcéré, le prévenu a présenté une coutume de pardon à la famille de la victime. Photo LNC
    Justice. Le tribunal a sanctionné de quinze mois de prison un père de famille qui avait asséné des coups de hache, en février, à Lifou, à un homme qu’il accusait d’avoir une liaison avec sa femme.

    Derrière cette attaque à la hache, « il y a eu une volonté criminelle ». La victime, le bras dans le plâtre, et son avocat en sont convaincus. « Mon client est un miraculé, plaide Me Gustave Tehio, à la partie civile. Quand on sort une hache, ce n’est pas pour caresser quelqu’un mais pour le couper, le tuer. » L’affaire a été évoquée hier devant le tribunal correctionnel de Nouméa mais elle aurait très bien pu être appelée devant la cour d’assises tant les faits sont graves et auraient pu se solder par la mort d’un homme.

    Marqué par la détention

    Dans la soirée du 17 février, à la tribu de Hmelek, à Lifou, le prévenu, un père de famille de 46 ans, inconnu de la justice, remarque que sa femme quitte la maison et s’en va discuter avec un homme à l’autre bout du jardin. Il le reconnaît. Depuis des semaines, il le soupçonne d’entretenir une liaison avec sa femme. La crise de jalousie pointe, il explose. Il s’empare alors d’une hache de 68 centimètres, sort de l’habitation et, sans un mot, assène au moins trois coups de hache au bras et à la tête de son prétendu rival. Puis, cinq coups de pied alors que la victime est inconsciente, gisant à terre (60 jours d’ITT). « J’essaye de comprendre, introduit la présidente du tribunal, Évelyne Camerlynck. Vous n’êtes pas connu, vous n’étiez pas alcoolisé, vous êtes inséré et vous foncez directement et sans explication sur cet homme… »

    Le prévenu, qui ne sait ni lire ni écrire, a des difficultés à s’exprimer. Depuis cette affaire et en attendant son procès, il a été incarcéré. On le sent marqué par la détention. « Il a succombé à une pulsion, cela ne correspond pas à son profil d’homme rigoureux et tourné vers la religion », souligne Me Cédric Bull qui prie le tribunal de faire preuve de « clémence ». « Mon client ne recommencera plus. Le condamner, c’est aussi condamner sa famille », conclut l’avocat de la défense.

    Le tribunal inflige au père de famille quinze mois de prison ferme. Une peine qu’il purgera au Camp-Est. Avant qu’il ne soit rattrapé par la justice, une coutume de pardon a été échangée avec la famille de la victime.

     

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