Nouvelle Calédonie
  • Jean-Alexis Gallien-Lamarche / jeanalexis.gallien@lnc.nc | Crée le 14.05.2019 à 05h35 | Mis à jour le 14.05.2019 à 09h17
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    Condamné pour violences, le prévenu de 25 ans a été envoyé au centre pénitentiaire à l’issue de son procès. Photo Archives LNC
    JUSTICE. L’homme qui s’est rendu coupable de cette agression gratuite a l’interdiction de paraître à Nouméa à sa sortie de prison.

    Il s’est approché du skatepark de Tina, un gros caillou à la main, proférant des insultes et des menaces de mort. Autant dire que l’attitude de cet homme de 25 ans, jugé devant le tribunal correctionnel de Nouméa, a immédiatement fait fuir les quelques parents et enfants qui s’amusaient gentiment, mercredi dernier. « Je l’ai vu arriver de loin. Il criait, je ne comprenais pas tout. Il est venu à ma rencontre, une pierre à la main, il m’a balayé sans que je ne puisse rien faire », témoigne un skateboarder qui a empoigné dans sa chute le jeune homme bien imbibé d’alcool après avoir bu trois cartons de bières avec son père.

    Agression « gratuite »

    Tous deux au sol, des coups sont échangés de part et d’autre tandis que l’assaillant menace d’aller chercher un sabre d’abattis chez lui et de le tuer. Les magistrats se sont légitimement demandés pour quelles raisons le prévenu, défendu par Me Martin Calmet s’en était pris « gratuitement et de façon imprévisible », selon les mots du procureur de la République, à ce skateboarder qui n’avait rien demandé à personne. La présidente parcourt le dossier, « vous pensiez que la victime faisait partie d’une milice ». Évelyne Camerlynck relit les déclarations de l’intéressé en garde à vue. « J’ai entendu dire qu’il y avait des Blancs et des Wallis qui appartenaient à une milice contre les Kanak dans le Grand Nouméa », dira le jeune homme devant les enquêteurs. Un groupe armé dont l’existence, largement diffusée sur les réseaux sociaux, n’est pourtant que pure invention. « Il faut qu’il soit interdit d’aller sur la Grande Terre après un passage au Camp-Est », requiert le parquet avant que le tribunal n’annonce sa décision. Ce sera six mois de prison dont la moitié avec sursis mise à l’épreuve. A sa sortie de prison, le jeune homme aura l’interdiction de paraître à Nouméa pendant deux ans.

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