Nouvelle Calédonie
  • J.-A.G.-L. | Crée le 03.04.2019 à 04h25 | Mis à jour le 03.04.2019 à 09h32
    Imprimer
    Pour expliquer les manquements au code du travail, le patron a prétexté un « oubli » et des « soucis financiers ». Archives LNC

    Justice. Ses affaires tournaient relativement bien mais sa « croisade », le terme est celui de la présidente du tribunal correctionnel, contre le groupe Hayot pour un litige commercial lui a fait perdre la tête… et le respect des règles du code du travail. Hier, un homme de 65 ans, qui a quitté le Caillou il y a quelques semaines pour la Métropole, a été reconnu coupable de travail clandestin et a écopé de trois mois de prison avec sursis. Ce patron d’un glacier de la Baie-des-Citrons, à Nouméa, avait reçu la visite de la direction du travail et de l’emploi de la Nouvelle-Calédonie, fin 2017.

    Les inspecteurs avaient ainsi constaté de multiples infractions, « les salariés du magasin de glaces n’étaient pas déclarés », « les salaires n’étaient pas tous versés », « les heures supplémentaires n’étaient ni récupérées, ni payées » et « aucun registre d’embauche n’était tenu », a listé la magistrate. L’entrepreneur avait prétexté un « oubli » et des « soucis financiers », déclarant par ailleurs que les salariés se rémunéraient en récupérant la menue monnaie dans les caisses. « Les défauts de paiement ont eu de graves conséquences puisqu’un de mes clients ne pouvait même plus payer son loyer », a développé Me Alexe-Sandra Vu, avocate de la partie civile.

     

    « Succession de malheurs »

    « Il ne dirigeait plus grand-chose, même plus la comptabilité… Le litige qui l’opposait au groupe Hayot lui a fait perdre pied », résume le procureur de la République, Hervé Ansquer.

    Il est rappelé que le prévenu avait été condamné l’an dernier pour harcèlement moral, menace de mort réitérée et violence contre le groupe de grande distribution et avait été incarcéré quelques jours (lire notre édition du 29 janvier 2018).

    « Sa société est aujourd’hui en liquidation judiciaire, indique Me Christelle Martinez, son conseil. Il a connu de belles réussites mais, à partir de 2017, ce fut une succession de malheurs. »

    Outre le sursis, le chef d’entreprise a l’obligation d’indemniser deux de ses anciens salariés à hauteur de 100 000 francs chacun.

  • DANS LA MÊME RUBRIQUE
  • VOS RÉACTIONS