Nouvelle Calédonie
  • Jean-Alexis Gallien-Lamarche / jeanalexis.gallien@lnc.nc | Crée le 10.07.2019 à 05h53 | Mis à jour le 10.07.2019 à 08h07
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    La touriste avait quitté son hôtel, le 11 mai dernier, et se rendait à pied à la piscine naturelle. Un jeune homme l’a alors accostée. Il s’est ensuite jeté sur elle et l’a agressé a sexuellement à l’abri des regards. Photo O.P.
    JUSTICE. Trois ans de prison ferme ont été infligés par le tribunal correctionnel à un jeune Kunié pour s’être jeté sur une femme, il y a deux mois, et l’avoir agressée sexuellement dans un endroit isolé de l’île des Pins. « C’est un viol ou à minima une tentative de viol », a requis le procureur de la République.

    Le banc de la partie civile est resté désespérément vide. « Ce n’est pas étonnant, elle ne voulait pas venir au tribunal. Elle l’avait fait savoir à l’expert-psychiatre qui avait noté une résilience hors du commun ». C’est le président du tribunal correctionnel de Nouméa, Éric Mangin, qui a expliqué l’absence de la victime lors du procès de Dominique Vakié. Le jeune homme de 24 ans, trapu et de petite taille, est invité à se rapprocher du micro. On ne l’entend guère. Ce pourquoi il comparaît - une agression sexuelle commise sur une touriste brésilienne, le 11 mai, à l’île des Pins - est pourtant d’une extrême gravité et les magistrats ne veulent pas se limiter à ses déclarations en garde à vue. « J’ai été perturbé par son allure », reconnaît ce bagagiste de l’hôtel du Méridien, à l’époque des faits.

    « Je l’ai chatouillée »

    Ce jour de grand beau temps, Dominique Vakié aperçoit au loin la touriste brésilienne. Elle a une trentaine d’années et profite de quelques jours de rêve à Kunié. Elle marche seule vers la piscine naturelle. Le bagagiste la trouve « jolie et attirante ». « Je lui ai dit qu’elle était belle et je lui ai demandé d’où elle venait », continue le jeune homme. La trentenaire repousse les avances de plus en plus pressantes, ment sur sa situation en racontant que son mari et sa famille l’attendent à l’hôtel mais rien n’y fait, Dominique Vakié est, au fil du chemin qui mène vers la piscine naturelle, toujours plus insistant. Jusqu’à ce qu’il cède à une pulsion.

    Il profite de l’inattention de la touriste et tente de l’embrasser. Elle l’écarte du bras, se met à crier et tombe à la renverse. Le magistrat raconte que le jeune homme s’est alors jeté sur elle puis, à califourchon, « vous lui avez mis la main sur la bouche pour que personne ne puisse l’entendre ». La suite, ce sont quelques secondes d’horreur qui paraissent une éternité pour la victime. Celle-ci finira par réussir à se défaire de son agresseur en le mordant. « Je l’ai chatouillée », se défend avec culot le prévenu.

    « Cela peut arriver à toutes les femmes »

    Le président n’accepte pas de tels propos, « vous l’avez agressée sexuellement, vous l’avez tripotée. La victime a évoqué devant l’expert-psychiatre la panique, elle sera marquée par cette agression toute sa vie ». Quant au procureur de la République, il n’y va pas par quatre chemins, « soyons clairs, c’est un viol ou à minima une tentative de viol ». « Cette belle femme n’avait aucune envie d’une aventure sans lendemain avec ce monsieur. Cela lui laissera un très mauvais souvenir de la Nouvelle-Calédonie », souligne encore le représentant du parquet, Hervé Ansquer, qui prévient que « cela peut arriver à toutes les femmes se promenant seules ».

    Une demi-heure plus tard, le tribunal condamne Dominique Vakié à cinq ans de prison dont deux avec sursis avec inscription au fichier des délinquants sexuels. Son avocate, Me Alexia Tardieu, avait assuré que Dominique Vakié « ne recommencera plus » car « il a quitté son poste de bagagiste à l’hôtel », « c’est une infraction de circonstance ». Le jeune homme a été conduit au Camp-Est à l’issue du procès.

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