Nouvelle Calédonie
  • J.-A.G.-L. | Crée le 25.06.2019 à 04h25 | Mis à jour le 25.06.2019 à 06h47
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    JUSTICE. On pensait les juges partis délibérer sur la peine, ils sont revenus avec d’autres intentions. Après un temps de réflexion, le tribunal correctionnel de Nouméa a renvoyé à décembre prochain un dossier d’outrages et de menaces de mort sur un réserviste de la police nationale et, surtout, ordonné un complément d’information, estimant que le dossier n’était pas en état d’être jugé. De quoi s’agissait-il ? Le 7 mai dernier, un homme d’une trentaine d’années, se disant sans-domicile fixe et bien connu pour avoir proféré des menaces, par le passé, à l’égard de magistrats et de responsables de la police, est « à l’accueil du palais de justice pour retirer une copie d’un dossier ». « Je discutais avec le greffier quand un policier [un réserviste de la police nationale en charge de la sécurité avec des agents privés, NDLR] est venu me calmer, poursuit le prévenu, anciennement fiché S. Mais j’ai été très cordial et courtois. »

    Six mois pour un mail de menaces

    Une altercation se produit ensuite sur les marches du palais. Selon le témoignage du trentenaire, le réserviste l’aurait agressé puis arraché sa chemise. La présidente du tribunal rappelle que la version du policier ne colle pas avec son récit. « Interrogez le greffier, il vous dira que j’étais calme. Et regardez les vidéos des caméras de surveillance, c’est lui qui m’a agressé en premier. Je ne l’ai pas outragé, ni menacé », se défend cet ancien ingénieur en géologie, condamné à de multiples reprises. Le tribunal semble ennuyé par le manque d’éléments dans le dossier. L’affaire est donc renvoyée.

    Quelques minutes plus tôt, les juges avaient condamné à six mois ferme le même homme parce qu’il avait envoyé un e-mail à un policier municipal, avec qui il avait eu un accrochage le 20 février dernier, dans lequel il apparaissait en photo avec une arme et des cartouches. L’intéressé a assuré avoir « envoyé ce mail sous la contrainte ». Le procureur avait requis un an ferme et le mandat de dépôt à l’encontre d’un « personnage qui risque de passer à l’acte un jour » et qui « refuse tous soins ».

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