Nouvelle Calédonie
  • Charlie Réné | Crée le 30.01.2019 à 04h25 | Mis à jour le 30.01.2019 à 06h42
    Imprimer
    Contactée, la direction de Vale NC a préféré garder ses commentaires pour les jours à venir. Un comité d’entreprise est prévu demain. Archives LNC Photo Archives LNC

    MINES. Soixante morts, près de 300 disparus… L’heure est toujours aux opérations de secours à Brumadinho, au Brésil, quatre jours après la rupture d’un barrage de Vale (lire aussi page 53). Et si les bilans humain et environnemental, dramatiques, sont au centre des attentions, les implications financières commencent déjà à émerger pour le géant minier.

    Cours en Bourse qui perd un quart de sa valeur, « gel » de 430 milliards de francs par la justice pour les futures indemnisations, premières amendes qui tombent…

    Sans doute de quoi inquiéter les collaborateurs du groupe brésilien dans le monde entier, y compris en Nouvelle-Calédonie.

    « C’est sûr qu’on en parle beaucoup à Goro depuis ce week-end, confirme un salarié de Vale NC. On pense au drame pour les gens de cet endroit. Et puis on se demande s’il va y avoir des conséquences ici ». La dernière catastrophe de ce type avait ouvert, en 2015, une période de doute dans les investissements de Vale. Et laissé des traces dans les mémoires. Mais, après le communiqué des autorités* sur la sécurité des installations calédonienne, les syndicats de l’usine du Sud tiennent à rassurer sur l’avenir de Vale NC. « S’il y a une inquiétude, c’est au niveau de l’image, et des confusions qui pourraient être faites, pointe Grégoire Ouary, du SGTINC. Mais du côté financier, on sait où on va ».

    Visite « rassurante » d’un responsable du groupe

    Une confiance qui tient beaucoup à la visite, mi-janvier, du directeur de la division métaux de base du groupe, Eduardo de Salles Bartolomeo, qui a encore une fois confirmé l’investissement dans le projet Lucy.

    « C’est 500 millions de dollars d’investissement qui sont lancés pour de bon et qui nous donnent de la visibilité au long terme, pointe Pierre Tuiteala, du Soenc Nickel. Et contrairement à ce qu’on a pu lire sur les réseaux sociaux, ce projet, ce n’est pas un barrage, mais une usine qui permet de sécher nos déchets et donc justement de ne pas avoir ce genre de risque ».

    Une visite jugée « rassurante », donc. « D’autant plus qu’Eduardo Bartolomeo nous a précisé nos objectifs, qui sont de 40 000 tonnes cette année, et 50 000 d’ici deux ou trois ans, et nous a assuré que le groupe nous soutenait dans ces objectifs », détaille Evelyne Serrieysol, de la CFE-CGC.

    Reste que, vu l’ampleur de la catastrophe à Brumadinho, le sujet sera au premier rang des questions à la direction lors du comité d’entreprise de demain, à Vale NC.

    * Dans un communiqué commun, les présidents du gouvernement et de la province Sud ont assuré que tous les barrages du pays, y compris celui du parc à résidus de Vale NC, répondent à des normes exigeantes et sont régulièrement inspectés. En 2014, la province avait en outre retoqué le nouveau projet de parc à résidus de l’usine du Sud, qui impliquait un barrage de 4 km de haut et 80 m de haut. D’où le projet Lucy.

  • DANS LA MÊME RUBRIQUE
  • VOS RÉACTIONS