Nouvelle Calédonie
  • Yann Mainguet | Crée le 06.02.2019 à 05h29 | Mis à jour le 06.02.2019 à 06h47
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    MINES. Ces chiffres suscitent souvent, depuis longtemps, des commentaires, voire des attaques. Le rapport spécial du Congrès sur les titres miniers, examiné il y a quelques semaines, intègre un éclairage nouveau sur la répartition des concessions en Nouvelle-Calédonie.

    ♦ Étendue

    Le domaine minier calédonien couvre, fin décembre 2018, 269 632 hectares - sur les 1 857 550 du pays - pour 1 545 titres dont 90 % sont des concessions. Ce droit de prospection, de recherche et d’exploitation est sollicité, puis éventuellement octroyé pour une durée maximale de 50 ans, renouvelable par tranches de 25 ans. En outre, 6 % des titres miniers sont des permis de recherches, dont le possesseur doit entreprendre des travaux nécessaires à la démonstration d'un gisement exploitable. Le reliquat, 4 %, se glisse sous le terme « réserve technique provinciale », afférent actuellement aux gisements Prony et Pernod.

    ♦ Nuances

    Les chiffres donnent toujours matière à interprétations, voire contestations. D’après les données officielles, la répartition du domaine minier en surface - intégrant donc les concessions, permis de recherches et réserves techniques provinciales - place la SLN à 48 %, la SMSP 17 %, Ballande 14 %, Vale NC 8 %, ou encore Montagnat 4,5 %. Autre approche, le découpage des superficies cette fois de concessions détenues par groupe minier fait un peu varier les ratios : SLN 52 %, SMSP 18 %, Ballande 16 %, Vale NC 9 %, Montagnat 4 %. Toutefois, l’ensemble des surfaces concédées ne se prête pas à des travaux de recherches, mentionne le rapport spécial du Congrès sur les titres miniers examiné le 10 janvier dernier en séance : « En effet, seules sont concernées les surfaces dites “favorables au nickel et accessibles??, c’est-à-dire les amas de péridotites altérées (roches porteuses de nickel) sur lesquels aucune contrainte de fait n’empêche a priori la réalisation de travaux de recherches ». Les surfaces favorables au nickel et accessibles ne représentent que 69 578 hectares, soit une moyenne de 28 % de la surface concédée aux opérateurs miniers.

    ♦ Argument

    La Société-Le Nickel, cible parfois de piques liées à l’importance de son domaine minier, a développé un argument nourri de la cartographie du Bureau de recherches géologiques et minières, le BRGM, de 2009. D’après ses commentaires, l’entreprise, filiale d’Eramet, dispose de 30 % des surfaces potentiellement minéralisées, autrement dit favorables en nickel - contre 8 % pour la SMSP-NMC ou 3 % pour KNS, par exemple -, et 30 % sont des zones libres, c’est-à-dire accessibles à tout demandeur (agréé) d’un permis de recherche. Cette part des superficies dites favorables et non-attribuées serait même aujourd’hui supérieure. Pas négligeable.

    ♦ Avancement

    D’après le rapport du Congrès, le niveau d’avancement des recherches, fin 2016, est divers : 25 % des surfaces favorables et accessibles ont été reconnues à un niveau indiqué, c’est-à-dire un niveau relativement précis de reconnaissance qui permet d’envisager une planification minière ; 29 % ont subi des travaux sans atteindre toutefois le niveau requis et 46 % des surfaces favorables et accessibles n’ont fait l’objet d’aucune investigation par sondages. En cause, le coût et les contraintes opérationnelles. Le Congrès a adopté en janvier le report de cinq années de l’échéance pour la reconnaissance des titres miniers. Un renvoi à 2024, mais encadré, ponctué d’étapes.

    Les opérateurs miniers n’ont pas le droit de propriété

    « Les opérateurs miniers sont titulaires d’un droit « d’inventeur » sur le sous-sol qui ne leur confère pas un droit de propriété », souligne le rapport du Congrès sur les titres miniers ouvert le mois dernier. « Ainsi, chaque concessionnaire demeure assujetti à certaines obligations vis-à-vis du concédant, en l’occurrence les provinces pour ce qui est du nickel. Sur la base de ce constat, le schéma de mise en valeur des richesses minières recommandait notamment de disposer d’un inventaire complet et actualisé des ressources, de favoriser le remembrement du domaine minier ainsi que les opérations de recherches et d’exploitation ».

    « Au rythme de l’exploitation actuelle, écrit Anne Pitoiset dans son ouvrage Le nickel - Une passion calédonienne, « la durée de vie des gisements est évaluée à 50 ans pour les saprolites et à plus d’un siècle pour les latérites. Il s’agit d’une appréciation basée sur une teneur de coupure de 2 % pour les minerais saprolitiques et de 1 % pour les minerais latéritiques. Mais les évolutions technologiques pourraient prolonger la durée de vie des gisements en permettant, par exemple, d’abaisser la teneur de coupure.»

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