Nouvelle Calédonie
  • Yann Mainguet | Crée le 17.04.2019 à 04h25 | Mis à jour le 17.04.2019 à 07h47
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    D’après la SLN, ce nouveau cap doit nécessiter un investissement de 5 milliards de francs et la création de 180 emplois. Photo LNC
    MINES. Le gouvernement a autorisé hier la SLN à céder 4 millions de tonnes humides de minerai par an au Japon et à la Chine. Une division politique très nette est apparue au sein de l’exécutif.

    L’arrêté est pris. Sans empoignade apparemment, mais avec une division marquée. Le gouvernement a autorisé hier la SLN à céder 4 millions de tonnes humides de minerai par an à des clients japonais et chinois, ou en partie à la NMC, Nickel Mining Company, filiale de la SMSP. La Société-Le Nickel entre dans une nouvelle dimension, l’export se calant à 1,2 million de tonnes de minerai en 2018.

    Le renforcement des exportations est l’un des trois piliers du plan de sauvetage de l’entreprise basée à Doniambo. « Ces autorisations d’export sont une étape clé du premier volet qui vise à la mise en place d’un nouveau modèle rééquilibré sur deux métiers, la mine et la métallurgie », s’est félicitée la maison-mère Eramet, dès la nouvelle connue. Pour Dominique Katrawa, président de la SLN, la décision de l’exécutif « constitue une étape importante pour le redressement » de la société.

     

    Un nouveau modèle rééquilibré sur deux métiers. 

     

    Dans le détail, ces autorisations permettront d’envoyer au Japon un maximum d’un million de tonnes humides de minerai à une teneur en nickel inférieure à 2 % : Pamco pour 560 000 tonnes, et Yakin pour 440 000. Enfin, 3 millions de tonnes par an, d’une teneur autour de 1,8 %, destinées à la Chine, seront réparties « entre trois clients privilégiés - Xinhai, Tsingshan et Lygend - et une liste de clients potentiels », selon le gouvernement.

    La durée de toutes les autorisations sollicitées court sur dix années. Ces minerais sont considérés comme ne pouvant pas être exploités localement aujourd’hui.

    Discussions entamées

    L’exécutif a acté un séquencement : 2 millions de tonnes exportables en 2019, 3 millions en 2020 et 4 millions en 2021. Eramet a précisé, dans un communiqué, l’ambition financière. Ces 4 millions de tonnes de minerai exportées doivent permettre à la SLN de diminuer son coût de production à hauteur de 0,60 dollar US la livre de nickel d’ici à 2021. Et ce, sur le 1,30 dollar de gain global recherché. Fin 2018, le cash-cost de la société s’élevait à 5,80 dollars US la livre.

    Les membres loyalistes du gouvernement ont soutenu la démarche.

    Le mouvement l’Avenir en confiance a d’ailleurs applaudi l’adoption. Alors que les indépendantistes ont voté contre la mesure proposée. L’ouverture étant jugée insuffisante. Selon un article de l’arrêté examiné, la cession de minerai à la NMC au profit de l’usine SNNC en Corée du Sud est envisageable, pour un volume déterminé : « En parallèle de ces demandes, la SLN a entamé des discussions avec NMC pour participer plus activement à l’alimentation de l’usine SNNC de Gwangyang en Corée du Sud. Elle propose ainsi de fournir 1 million de tonnes humides par an à 2,05 % de nickel à la SNNC. Ces quantités seraient décomptées sur l’autorisation d’exportation des quatre millions exportées délivrée à la SLN », rapporte l’exécutif. La SMSP, contactée, réserve pour le moment ses commentaires.

    Les indépendantistes ont toujours banni l’exportation de minerai sauf à destination d’usines calédoniennes offshore. Paul Néaoutyine, de l’UNI, l’a déclaré en début de semaine dans nos colonnes : « Nous allons proposer de nouvelles opportunités de joint-venture [coentreprise, NDLR] à 51 % en faveur des intérêts publics calédoniens pour la transformation des 3 millions de tonnes restantes sur les 4 millions demandés par le modèle Eramet-SLN. »

    Tous mineurs confondus, la Nouvelle-Calédonie a atteint un nouveau record de ses exportations de minerai l’an dernier.

     

    La NMC regarde Yichuan

    La SMSP croit au partenariat avec la société chinoise Yichuan. Le 14 mars 2019, la société Nickel Mining Company (NMC) a sollicité, jusqu’au 31 décembre 2019, et pour le compte de la SMSP, une autorisation de cession de minerais saprolitiques et latéritiques de basse teneur en nickel, au bénéfice final de la société chinoise Yangzhou Yichuan Nickel Industry. 

    La demande portait sur un tonnage maximum de 460 000 tonnes humides de minerai à teneur en nickel comprise entre 1,50 % et 1,80 % avec une moyenne annuelle de 1,65 %, et provenant de l’un des cinq centres miniers de la NMC : Ouaco, Poya, Kouaoua, Nakéty ou N’Go. 

    Le gouvernement a accédé hier à la demande de la NMC.

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