Nouvelle Calédonie
  • Gilles Caprais / gilles.caprais@lnc.nc | Crée le 04.04.2019 à 04h35 | Mis à jour le 04.04.2019 à 06h43
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    À l’heure actuelle, les mines de la SLN fournissent 3,5 millions de tonnes à Doniambo. Photo archives LNC
    NICKEL. Le Comité du commerce extérieur minier (CCEM) s’est prononcé hier après-midi en faveur de la demande déposée par la SLN, malgré des « réserves » dans le camp indépendantiste. Le gouvernement prendra sa décision dans deux semaines.

    La SLN avait désigné trois « piliers » au sein de son « plan d’urgence » : la baisse radicale du coût de l’énergie consommée par l’usine de Doniambo, l’augmentation du temps de travail sur mines et l’exportation de matière non transformée. Sur ce dernier point, le comité du Commerce extérieur minier, composé de représentants des provinces, du gouvernement, de la Dimenc et de l’industrie (les deux derniers ne prenant pas part au vote) s’est prononcé à une majorité des voix en faveur d’une exportation annuelle de 4 millions de tonnes de minerai à 1,8 % de nickel pendant dix ans… sous certaines conditions.

    « La demande sort un peu des clous, il faut chercher les équilibres, explique le président du gouvernement, Philippe Germain, qui fait état de « réserves » du côté des indépendantistes, traditionnellement attachés à la transformation de la matière brute par des usines locales ou détenues par des fonds calédoniens. Il est donc question de diriger une partie significative du quota d’exportation vers Gwangyang, l’usine coréenne détenue à 51 % par la SMSP. Dans le plan approuvé hier par le comité, il est question d’aller jusqu’à un quart des 4 millions de tonnes. Et Philippe Germain souhaite ajouter une seconde clause adoucissante.

    Les « petits » mineurs favorables sont satisfaits

    « J’ai proposé d’augmenter le quota de façon progressive », 2 millions de tonnes cette année, 3 l’an prochain puis 4 à partir de 2021, « avec réunion en fin d’année 2019 » pour statuer sur la poursuite du plan, indique le président du gouvernement.

    Au Syndicat des exportateurs de minerai, qui regroupe les « petits » mineurs (Ballande, Maï, Montagnat, Gemini) « on ne peut que saluer cet avis favorable », lance le président, Thibaut Martelin. « Le contexte a fondamentalement changé, le modèle économique doit évoluer ».

    Une position qui s’explique notamment par le fait que le surcroît d’activité doit bénéficier à tous les sites de la SLN, y compris « ceux qui sont tâcheronnés », ce qui représente pour la SLN un investissement de 5 milliards de francs pour 180 créations d’emploi.

    « Je vais m’employer »

    Thibaut Martelin, par ailleurs directeur général des mines Ballande, en attend également « le maintien du savoir-faire métallurgique » et une « plus grande conscience professionnelle grâce à une valorisation plus optimale » de ce minerai, qui, faute de teneur suffisante pour être exploité par les usines calédoniennes, n’est aujourd’hui pas transformé.

    Le dernier mot reviendra au gouvernement, qui doit rencontrer la direction de la SLN mardi, avant de statuer en collégialité sept jours plus tard. En l’état, la demande de la SLN peut-elle être validée par six des onze membres de l’exécutif ? « Je vais m’employer à obtenir une majorité », assure Philippe Germain.

    Verdict le 16 avril.

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