Nouvelle Calédonie
  • Yann Mainguet / yann.mainguet@lnc.nc | Crée le 25.04.2019 à 04h25 | Mis à jour le 25.04.2019 à 06h47
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    Les représentants des premières sociétés désormais partenaires ont été invités hier soir à valider les contrats au siège de Vale NC. Photo T.Perron
    NICKEL. L’énorme chantier Lucy va démarrer en baie de Prony. Vale Nouvelle-Calédonie et des sociétés retenues ont signé hier soir les premiers contrats, au siège de la filiale.

    La comparaison « donne le tournis, mais mesure aussi nos responsabilités respectives », remarque Antonin Beurrier, PDG de Vale Nouvelle-Calédonie, entouré de représentants de sociétés : dans tout l’outre-mer français, l’équivalent de 300 millions de dollars US par an est injecté, « c’est ce que nous allons investir, tout seul, en une année », ici, en Nouvelle-Calédonie. Le projet concerné est autant capital que gigantesque, et se résume en un prénom, Lucy. « C’est la ligne de vie de Vale Nouvelle-Calédonie. » Les intervenants sont prévenus.

    La signature des premiers contrats « Lucy » a eu lieu hier soir, au siège de la filiale du géant brésilien, à Nouméa. Avant la SAS Goro Mines et Dumez, à l’heure du dîner, Colas a ouvert le bal. Forcément « historique », vu l’ampleur du budget et la dimension technologique. Le programme Lucy, intégrant un procédé innovant qui permet de stocker des résidus secs, débute. « Dans ce premier contrat, nous allons nous occuper de la partie génie civil du DWP2 [l’usine définitive de filtres-presses qui traitera les 90 % de résidus humides produits, une unité pilote filtrant 10 % des entrants, NDLR]. C’est-à-dire toute la structure en béton qui va recevoir le complexe technologique des boues à sec », explique le gérant de Colas NC, Gilles Guillier, qui candidate également sur d’autres lots. « Dans ce projet, nous sommes en partenariat avec deux entreprises locales : Arbé et Tecbat. Nous estimons le démarrage de cette opération en 2019. » Une centaine d’employés issus de ces trois entreprises seront déployés sur ce chantier.

    Génie civil, terrassement, préparation de la route d’accès à la mine… Les tout premiers contrats - sur une bonne centaine au total - sont attribués ces jours-ci. « Les travaux vont commencer en mai-juin », en clair, dans les prochaines semaines, note le PDG Antonin Beurrier. Cette année, la moitié des contrats intéressera les services et, l’autre part, les équipements. Le calendrier, tout comme le budget, sont serrés.

    La catastrophe de Brumadinho, en janvier, due à la rupture d’un barrage minier, a traumatisé le Brésil. La technologie Lucy, innovante dans l’industrie du nickel, a vocation à être reproduite sur d’autres sites dans le monde.

    Un projet colossal dans une nouvelle stratégie

    Le projet Lucy intègre en fait une innovation permettant de stocker des résidus solides, issus du procédé hydrométallurgique. Avec ce dispositif et son système d’assèchement des boues humides, la visibilité de l’usine du Sud s’étend jusqu’en 2038. L’investissement n’est pas mince : 600 millions de dollars US. Le projet global doit s’étendre sur trois ans, de la construction à la mise en service. Une usine de filtres-presses sera en place début 2021.

    Entre 500 et 600 techniciens sont attendus sur le site à partir des mois de mai ou juin. Puis, ce chiffre va monter à plus de 1 000, toutes équipes confondues, sous-traitants et employés Vale NC.

    Le cap Lucy s’inscrit dans un changement de stratégie. Le groupe brésilien Vale croit au développement du marché des batteries pour les véhicules électriques.

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