Nouvelle Calédonie
  • Charlie Réné / charlie.rene@lnc.nc | Crée le 26.04.2019 à 04h25 | Mis à jour le 26.04.2019 à 08h39
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    La CSTNC, en tête des contestations de l’accord horaire sur mine, n’a pas signé cet accord sur Doniambo.
    SOCIAL. Une majorité des syndicats de la SLN ont signé l’accord prévoyant le passage de cinq à quatre équipes, à l’usine de Doniambo. Une étape importante dans le plan de performance de la SLN.

    Les mines ont eu leur « 147 heures », Doniambo a désormais ses « quatre quarts ». Après plus de trois mois de négociations, quatre syndicats de la SLN, représentant plus de 70 % du personnel, ont signé entre mercredi soir et hier matin, un accord sur la nouvelle organisation du travail. Le SGTINC, majoritaire, l'USTKE, le Sicinc (cadres) puis le Soenc-Nickel, syndicat historique de Doniambo, se sont accordés avec la direction pour faire tourner l’usine métallurgique avec quatre équipes au lieu de cinq.

    Conséquence : les quarts seront rallongés, passant de huit à douze heures et les effectifs doivent baisser de 80 salariés. « Sans licenciement », indiquent les syndicats, précisant que des départs non remplacés ont déjà eu lieu. Les congés annuels ont aussi été revus à la baisse mais pour les salariés, le gain financier est important : les salaires doivent être revus à la hausse de 19,67 % d’après le Soenc et le SGTINC, qui estime les augmentations à 60 000 à 85 000 francs par mois. La direction n’a pas pu être jointe pour précision hier. Mais la réorganisation du travail était, avec l’énergie et les exportations, un des trois volets de son plan de performance, comme le rappelait début avril la présidente d’Eramet Christel Bories. Reste, pour clore ce chapitre, à finaliser les 147 heures, toujours au centre du blocage à Thio.

    Et à mettre en place ce nouvel accord, théoriquement d’ici le 1er mai. Un délai déjà jugé très court.

    Message aux actionnaires et aux politiques

    « Cet accord doit montrer à Mme Bories et aux actionnaires, qu’on est au rendez-vous des efforts demandés », souligne Eddy Coulon, du Soenc Nickel, qui estime que le spectre d’un dépôt de bilan doit désormais être « éloigné » de la SLN. « À eux de nous soutenir en attendant qu’on remonte en production ».

    Le SGTINC, qui dit avoir mené la négociation, s’adresse, lui, aux élus calédoniens : « On a fait notre part, pointe Germain Djawari. La finalisation des autorisations d’exportations, et la baisse du coût de l'énergie, c’est du domaine du politique. À eux de prendre leurs responsabilités maintenant ».

     

    Eramet annonce un record en Calédonie au premier trimestre

    La maison mère Eramet vient de publier ses chiffres du premier trimestre 2019. Stable (+0,3 %) à 873 millions d'euros, le chiffre d'affaires du groupe atteint « un niveau élevé, comparable au premier trimestre 2018 » et est « porté par la croissance des activités manganèse et sables minéralisés »« Grâce notamment aux nouvelles organisations mises en place », Eramet se félicite d’une production record pour un premier trimestre en minerais de manganèse mais aussi de nickel. Dans cette branche, en Nouvelle-Calédonie, le chiffre est même qualifié d’« historique » à 908 000 tonnes humides (+ 22 %). 

    « Les perturbations des centres miniers de la côte Est ont affecté significativement la chimie du minerai de nickel transformé à l'usine de Doniambo, ce qui n'a pas permis le fonctionnement des fours à plein régime ». La production de ferronickel de la SLN est de fait en baisse de 14 %, à 12 200 tonnes.

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