Nouvelle Calédonie
  • Charlie Réné et Fabien Dubedout | Crée le 01.03.2019 à 04h25 | Mis à jour le 01.03.2019 à 08h13
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    La réunion de Thio, qui a duré plus de deux heures, s’est terminée dans une ambiance tendue. Photo Fabien Dubedout

    SOCIAL. C’était une nouvelle attendue depuis plusieurs semaines à la SLN. En grève depuis le 4 janvier sur trois centres miniers, le STKE-mines a signé mercredi un protocole qui doit permettre la reprise du travail dès aujourd’hui.

    L’aboutissement de plusieurs réunions de concertation avec la direction et avec les syndicats majoritaires, signataires de l’accord sur les 147 heures qui est au centre des deux mois de conflit. C’est aussi la fin de l’intersyndicale formée avec le CSTNC, qui demande toujours le retrait de cette réorganisation horaire et entend continuer le mouvement.

    Le protocole signé mercredi a beau marquer la « fin de conflit », il se limite à « constater le désaccord » entre l’USTKE, qui demandait des amendements profonds de la réorganisation horaire, et la direction, qui n’a concédé que des aménagements de forme. Le syndicat campe sur certaines revendications, et notamment sur le « traitement spécifique du site minier de Thio à l’échéance du 30 juin ». En clair, « c’est à la direction de régler le conflit à Thio », pointe un responsable du syndicat.

    Le protocole dénoncé à Thio

    Car, sur le centre minier de la côte Est, un des points chauds du conflit depuis le début de l’année, beaucoup de grévistes n’ont pas l’intention de baisser les armes. Un discours qui s’est une nouvelle fois exprimé hier après-midi à la mairie de Thio, où les coutumiers de l’aire Xârâcùù avaient invité les syndicats, la SLN et les représentants des institutions. Une réunion à huis clos, qui s’est terminée dans une ambiance tendue. Sur le parking de la mairie, Mickaël Maperi, délégué du STKE-mines au centre de Thio, a annoncé que sa section se désolidarisait du protocole signé par son syndicat. Et continuait donc la grève aux côtés de la CSTNC. Parmi les points de blocage évoqués par son délégué, Elvis Lucas, le repos dominical : « Un acquis historique et important pour les familles. » Les 147 heures, déjà appliquées par beaucoup de concurrents de la SLN, ont été mises en place sur tous les centres en début d’année. Elles doivent permettre de faire fonctionner les mines 21 heures par jour et sept jours sur sept. Un élément « incontournable » du plan de performance SLN 2020, a répété la PDG du groupe Eramet, le 20 février. Comment concilier des positions inconciliables ? Les coutumiers de Xârâcùù, qui craignent un durcissement du mouvement à Thio, vont en tout cas demander au gouvernement d’animer une médiation. Une nouvelle rencontre pourrait être organisée mardi.

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