- Baptiste Gouret | Crée le 17.03.2026 à 17h49 | Mis à jour le 17.03.2026 à 17h49ImprimerEn décembre, les Loyalistes avaient dévoilé les noms des candidats investis par le mouvement dans les quatre communes du pays : Dumbéa, Mont-Dore, Païta et Bourail. Photo Archives LNC / Anthony TejeroLes candidats soutenus par les Loyalistes affichent des scores élevés au premier tour des municipales. À Dumbéa et au Mont-Dore, Cynthia Jan et Nina Julié ont récolté deux fois plus de suffrages qu’en 2020, principalement sur les terres des maires sortants. À Bourail, Patrick Robelin doit sa courte avance sur Levay Roy au soutien massif des bastions indépendantistes, alors que ce dernier est en tête dans tous les autres secteurs de la commune. Analyse.
Parmi les enseignements à tirer de ce premier tour des élections municipales en Nouvelle-Calédonie, la percée des Loyalistes est vraisemblablement le plus évident. Dans l’agglomération et à Bourail, où quatre candidats ont été investis dès décembre, le mouvement porté par Sonia Backès et Nicolas Metzdorf affiche des scores particulièrement élevés.
En dehors de Nouméa, où la maire sortante Sonia Lagarde, soutenue par les Loyalistes, a frôlé la réélection dès le premier tour, la performance est notable à Dumbéa et au Mont-Dore. Dans ces deux communes acquises à la cause non-indépendantiste, la scission entre les partis de droite a tourné à l’avantage des deux représentantes de ce mouvement. Déjà candidates en 2020, Cynthia Jan et Nina Julié affichent une progression spectaculaire, en glanant respectivement 39,62 % et 40,53 % des suffrages exprimés.
Une progression jusque dans les quartiers populaires
La première a ainsi obtenu 4 826 voix, soit 3 500 de plus qu’en 2020. Le maire sortant, Yoann Lecourieux, a été directement affecté par cette poussée de la candidate loyaliste, avec 2 312 voix récoltées. Son prédécesseur, Georges Naturel, qui lui avait cédé le siège de maire en octobre 2023, avait convaincu 4 886 Dumbéens au premier tour en 2020. Cette conquête de l’électorat du maire sortant par Cynthia Jan s’observe partout. Au lotissement Secal de Koutio, là où l’actuel sénateur des Républicains avait obtenu 63,58 % des voix, Yoann Lecourieux en a glané seulement 27,20 %. Cynthia Jan suit la tendance inverse : 58,95 % des électeurs du secteur ont voté pour elle au premier tour, contre 23,77 % en 2020.
Même constat du côté de la Zac Panda et de Nakutakoin, où Georges Naturel frisait les 70 %, quand son successeur a atteint, dimanche 15 mars, à peine 20 %. La candidate des Loyalistes, elle, obtient 53,26 % des voix, en progression de presque 40 points. Dans les quartiers populaires, où elle affichait des résultats très faibles en 2020, le vote en faveur de Cynthia Jan est également en hausse. Il en va ainsi de Jacarandas, où elle a triplé son score en six ans pour atteindre 24,85 %, ainsi qu’au lotissement FSH, avec 44,12 % de bulletins à son nom, bien au-dessus des 10,63 % de 2020. Dans ce dernier secteur, la première victime de cette progression du vote loyaliste est Vaimu’a Muliava. Le candidat de l’Éveil océanien y avait obtenu 40,1 % des suffrages exprimés en 2020, un chiffre qui s’est effondré à 5,66 % en 2026.
Robelin menacé
Le phénomène est comparable au Mont-Dore. Nina Julié a gagné 2 300 voix par rapport à 2020 et atteint, au premier tour, 4 677 des suffrages. Elizabeth Rivière, élue maire en mai 2025 en remplacement d’Eddie Lecourieux, malade, en a récolté 1 400 de moins que son prédécesseur. C’est particulièrement frappant dans les bastions de l’ancien maire, qui ont tous basculé vers la candidate des Loyalistes. Le quartier de Boulari a ainsi largement plébiscité Nina Julié (entre 43 % et 51 % selon les bureaux de vote). Dans cette commune fortement touchée par les émeutes, le discours autoritaire de la tête de liste "Il est temps !" a percé. À La Briqueterie, quartier affecté par des mois de tension entre communautés et de multiples barrages, elle obtient 56,88 % des suffrages, tandis que le vote en faveur de la candidate FLNKS chute de moitié. Elle progresse également dans les quartiers où elle affichait déjà des bons scores en 2020, comme au Vallon-Dore (43,53 %, en hausse de 11 points).
La situation est relativement différente à Bourail. Le maire sortant, Patrick Robelin, sort en tête de ce premier tour, après son alliance avec l’Union calédonienne, l’Éveil océanien et Calédonie ensemble. Mais Levay Roy, investi par les Loyalistes, est en embuscade. Avec 1 101 voix, le président de la foire de Bourail n’est qu’à 78 bulletins de son adversaire direct. Surtout, il récolte deux fois plus de voix que David Ugolini, candidat de l’Avenir en confiance aux municipales de 2020 à Bourail. Le détail des bureaux de vote offre un autre enseignement : les habitants des tribus ont largement voté en faveur de Patrick Robelin. Le bureau de Pothé, où votent les électeurs des tribus d’Azareu, de Pothé, de Borégatou et de Bouirou a, à 77,55 %, soutenu le maire sortant, soit 40 points de plus qu’en 2020, scrutin qui comptait, contrairement à cette année, un candidat indépendantiste. Partout ailleurs, Levay Roy est en tête : 46,07 % à Gouaro et Nessadiou, 40,32 % à La Roche, au village et aux alentours de la Néra, ou encore 40,64 % à La Poueo, Téné et Boghen.
À la veille du second tour, les Loyalistes sont donc en bonne position dans leurs communes respectives. Reste à voir l’attitude adopter par les listes éliminées au premier tour et la stratégie de leurs adversaires. Déjà, des voix s’élèvent pour faire front contre les candidats Loyalistes, taxés de radicaux, afin de soutenir des listes "modérées".
Païta, dernier espoir de la "voie médiane"
Si les Loyalistes semblent, au vu des résultats du premier tour, avoir gagné leur pari, la "stratégie de la voie médiane" incarnée par Calédonie ensemble et l’Éveil océanien a montré ses limites. Vaimu’a Muliava et la paire Philippe Dunoyer-Veylma Falaeo se qualifient de justesse au second tour à Dumbéa et Nouméa, tandis que Petelo Sao et Annie Qaeze n’ont pas atteint la barre des 10 % au Mont-Dore. À Bourail, Patrick Robelin est menacé sur ses terres. Dans ce tableau peu flatteur, ceux qui se présentaient comme une "alternative à la radicalité" fondent désormais leurs derniers espoirs à Païta.
Dans la commune de l’agglomération, Milakulo Tukumuli talonne Antoine Romain, candidat des Loyalistes et successeur de Willy Gatuhau, maire déchu, dont il a été le directeur de cabinet. L’espoir est d’autant plus permis pour le patron de l’Éveil océanien que sa progression est considérable en six ans : sur l’ensemble de la commune, il gagne près de 1 000 voix en six ans pour atteindre 2 427 suffrages exprimés (26,42 %). Antoine Romain en a récolé 2 802 (30,53 %), moins que les 2 939 de Willy Gatuhau en 2020.
Milakulo Tukumuli s’est notamment démarqué dans les fiefs indépendantistes de la commune, avec 36,55 % des voix obtenues dans les tribus de Saint-Laurent et de La Pirogue, alors que la candidate FLNKS, Nikita Gaïa, n’en a récolté que 31,87 %. À l’inverse, Antoine Romain a fait carton plein à Savannah, avec 69,20 %, un quartier où le vote en faveur du candidat de l’Éveil océanien s’est effrité, passant de 21,86 % des suffrages exprimés en 2020 à 6,98 %.
Rien n’est donc joué à Païta, où la position des listes éliminées, comme celles d’Eymard Gaïa (UNI), Christopher Bourgine ou Sylvia Abel, sera décisive. Au premier, moins de 400 voix séparaient Antoine Romain du candidat de Milakulo Tukumuli.
Retrouvez l'ensemble des résultats du premier tour
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