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    Nouvelle Calédonie
  • Propos recueillis par Anthony Tejero | Crée le 09.05.2026 à 18h14 | Mis à jour le 02.06.2026 à 15h43
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    À 30 ans, Lucie Guyette, coordinatrice jeunesse à Nouméa, est référente du collectif Relève du pays. Photo Anthony Tejero
    Né au lendemain des élections municipales, Relève du pays, qui organisait sa première action ce samedi 9 mai à Nouméa, entend recréer des espaces de paroles apaisés où toutes les opinions politiques sont les bienvenues. L’objectif de ce collectif citoyen, porté par des jeunes d’horizons différents, est de (re) donner l’envie aux Calédonien (ne) es de voter, en les intéressant notamment au fonctionnement des institutions. Entretien avec sa cofondatrice Lucie Guyette.

    Comment est né ce collectif qui organise sa première journée d’échanges ce samedi ?

    Il a été mis en place après les élections municipales, car certains d’entre nous étaient colistiers. On est un groupe de jeunes entre 20 et 40 ans. Certains sont dans des partis politiques, d’autres pas du tout, ce qui fait qu’on a vraiment des visions et des engagements différents.

    Quel est votre objectif, notamment à l’approche des élections provinciales ?

    Notre objectif n’est pas de tirer une liste ou de créer un parti. Notre but, c’est vraiment de recréer des espaces d’échange et d’information, pour éclairer les gens et surtout la jeunesse sur les sujets qui tournent autour de la politique dans le pays.

    C’est vraiment à la suite des dernières élections, mais surtout des événements de 2024 qu’on a commencé à s’intéresser au pays.

    Vous dites être de "différents horizons", est-ce que votre regroupement est né d’un constat commun ?

    C’est exactement ça. La plupart d’entre nous, on n’allait pas voter, on ne s’intéressait pas vraiment à comment fonctionnait notre pays. C’est vraiment à la suite des dernières élections, mais surtout des événements de 2024, qu’on a commencé à s’y intéresser.

    C’est-à-dire que la crise insurrectionnelle a provoqué une prise de conscience citoyenne ?

    Oui, une grosse prise de conscience même. Aujourd’hui, on se dit qu’il est important que tout le monde s’intéresse à la politique, parce qu’elle est partout : dans notre quotidien, dans la vie chère, le travail, les transports etc. C’est important que les gens comprennent quelles décisions sont prises dans nos institutions, pour qu’ils aient envie aussi de donner leur avis et qu’ils se sentent acteurs de ce qui se passe dans le pays.


    Une quarantaine de personnes ont participé aux trois ateliers sur le fonctionnement des institutions, samedi 9 mai le matin, au foyer wallisien, avant l’invitation de six élus de tous bords l’après-midi. Photo Anthony Tejero

    À l’heure des réseaux sociaux où on est beaucoup enfermés dans des algorithmes qui ne favorisent pas la diversité des points de vue, le collectif entend-il encourager à multiplier les sources d’information pour donner accès à un plus grand panel d’opinions ?

    On est bien conscients que sur les réseaux sociaux, il y a beaucoup de désinformation. Nous, on compte aussi lutter contre le vote identitaire ou le vote de la peur. À travers ces journées, on ne veut pas orienter les gens, mais les inciter à se situer par eux-mêmes. L’idée, c’est qu’ils aillent chercher des informations, des réponses et que demain, ils sachent pourquoi ils ont voté pour tel ou tel candidat en s’intéressant à un programme, et non pas parce que la famille vote comme ça et donc ils suivent le mouvement.

    Selon vous, a-t-on tendance à manquer de libre arbitre en Calédonie quand on doit voter en raison de ces phénomènes de reproduction ?

    Oui tout à fait, et à force de voter de manière non conscientisée, de plus en plus de personnes se désintéressent et ne vont plus voter.

    Le collectif entend donc aussi essayer de lutter contre l’abstention ?

    Exactement. C’est même de là que tout part : on pense que beaucoup de gens ne comprennent pas la place de la politique dans notre quotidien. Du coup, on voit souvent aussi que ces mêmes personnes, qui ne vont pas voter, sont les premières à se plaindre. Aujourd’hui, on a envie de dire à toutes ces personnes : vous avez un pouvoir entre vos mains.

    Créer des espaces d’échange, où chacun peut s’exprimer sans filtre. Peu importe son opinion politique.

    Votre initiative œuvre-t-elle à apaiser le débat public pour éviter un retour des violences comme on a pu les connaître en 2024, sur fond de réforme du corps électoral ?

    Il est important de mettre un peu de la lumière sur tout ce qui se passe dans le pays. Car le fait de rester dans l’obscurité, ça engendre des violences. Parfois, on sort dans la rue sans même trop savoir pourquoi, si ce n’est parce qu’on a une haine intérieure et sans doute aussi un mal-être dans la société qui n’arrive pas à s’exprimer et surtout qui n’est pas entendu. L’objectif de ces journées est de créer des espaces d’échange, où chacun peut s’exprimer sans filtre. Peu importe son opinion politique.

    À qui s’adresse Relève du pays ?

    On est engagés d’abord pour la jeunesse et surtout pour le pays, donc nos actions sont ouvertes et gratuites pour toute personne qui souhaite s’informer. C’est pour ça aussi qu’on invite différentes personnalités politiques à venir s’exprimer.

    Justement, six élus indépendantistes et non-indépendantistes ont répondu présent ce samedi…

    Oui, c’était important, car on veut que toutes les personnes qui viennent ne se sentent pas jugées ou prises dans un parti, dans une opinion. On a donc essayé d’inviter des figures politiques d’horizons différents, qui siègent dans les institutions avec un spectre large, qui va des loyalistes aux indépendantistes, en passant par les troisièmes voix. Cet après-midi, Vaimu’a Muliava, Annie Qaeze, Julia Guanere, Virginie Ruffenach, Philippe Dunoyer et Laurie Humuni ont accepté notre invitation.

    Quelles sont vos ambitions à court et à moyen terme, donc avant et après les provinciales ?

    Déjà, on souhaite continuer à avoir cette image non politisée. Après cette première journée, qui marque notre lancement officiel, on va monter Relève du pays en association. Le but, c’est de continuer à organiser ce type d’espace de paroles, mais sur des thématiques plus précises, car aujourd’hui, il s’agissait surtout du fonctionnement des institutions. On sait qu’on organisera une prochaine journée avant les provinciales, mais on n’a pas encore fixé la date.

    Le collectif est-il amené à se déplacer dans le pays ?

    On a à cœur de se déplacer partout, donc aussi dans les Îles et le Nord.

    Note

    Pour contacter le collectif : courriel : relevedupays@gmail.com ; tel : 72 06 65, et page Facebook

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