- Julien Mazzoni | Crée le 21.03.2026 à 06h00 | Mis à jour le 21.03.2026 à 08h08ImprimerDimanche 22 mars, chaque vote déterminera non seulement le classement des listes, mais aussi l’attribution de la prime majoritaire au second tour. Photo A.-C.P.Une fois votre bulletin glissé dans l’urne et le dépouillement effectué, une mécanique décisive entre en jeu pour établir la composition du conseil municipal : la prime majoritaire. Un système qui peut transformer quelques points d’avance en une majorité solide. Explications.
Au soir du second tour des municipales, qui se tiendra ce dimanche 22 mars, tout se jouera en apparence à quelques voix dans plusieurs communes du pays. Mais à y regarder de plus près, une règle peut venir tout bousculer : la prime majoritaire.
Inscrite dans le code électoral (articles L.262 et suivants), elle s’applique dans toutes les communes de plus de 1 000 habitants, donc notamment aux quatre qui composent l’agglomération du Grand Nouméa. L’objectif de cette disposition réglementaire est de permettre de dégager une majorité stable pour gouverner.
Une règle simple aux effets puissants
Sur le principe, elle s’articule en deux temps. La liste arrivée en tête obtient d’abord la moitié des sièges du conseil municipal. C’est la prime majoritaire à proprement parler. Puis, l’autre moitié est répartie à la proportionnelle entre toutes les listes ayant obtenu au moins 5 % des suffrages exprimés.
Si une liste dépasse 50 % dès le premier tour, elle décroche directement cette prime. Dans le cas contraire, un second tour est organisé. La liste qui arrive en tête à l’issue de ce second tour, même avec une majorité relative, en bénéficie.
Païta et Nouméa, des cas d’école
L’exemple de Païta, où le conseil municipal compte 35 élus, illustre particulièrement bien cette mécanique. La liste qui arrivera en tête au second tour obtiendra 18 sièges d’office. Les 17 restants seront répartis entre l’ensemble des listes candidates, y compris la liste gagnante, selon la règle dite "de la plus haute moyenne".
Pour ce faire, il convient de diviser le nombre de voix exprimées dans l’ensemble de la commune par le nombre de sièges restants, afin d’obtenir le quotient électoral. Dans le cas de Païta, il est de 557 au premier tour (9 470 suffrages exprimés divisés par 17 sièges restants). On considère alors qu’un siège vaut 557 voix. En divisant les voix obtenues par chaque liste par ce chiffre, on obtient alors le nombre de sièges qu’elles remportent respectivement.
En cas de victoire d’une liste candidate à Païta avec 40 % des voix, soit 3 788 suffrages exprimés (pour un taux de participation identique à celui du premier tour), celle-ci disposerait des 18 sièges accordés par la prime majoritaire, ainsi que de 6 sièges supplémentaires (3 788/577, soit 6,5 arrondis à l’inférieur). Cela porterait le nouvel exécutif municipal à 24 sièges sur 35, une majorité confortable au conseil.
Dans le contexte du premier tour du dimanche 15 mars, marqué par une dispersion des suffrages (30,5 % pour Antoine Romain, 26,42 % pour Milakulo Tukumuli, 12,77 % pour Nikita Gaïa, et 10,22 % pour Patrick Greppo), la première place sera donc déterminante.
Même logique à Nouméa, mais avec un effet encore plus décisif. Sur 53 sièges, la liste arrivée en tête dimanche en obtiendra immédiatement 27, les 26 restants seront répartis de la même manière. Là encore, un faible écart dans les urnes pourra se traduire en majorité solide au conseil municipal.
Des alliances décisives
Ce mécanisme pèse ainsi directement dans les stratégies d’entre-deux tours. Des listes de sensibilité proche, mais qui se maintiennent séparément au second tour, prennent ainsi le risque de se neutraliser et de laisser la première place – et donc la prime majoritaire – à un adversaire. À l’inverse, une fusion des listes peut suffire à faire basculer le scrutin.
Dans les configurations à trois ou quatre listes, la prime majoritaire agit comme un amplificateur. Elle transforme une victoire relative en véritable majorité effective. Le second tour des municipales est prévu ce dimanche 22 mars dans 25 communes du pays sur 33 (hors celles de moins de 1 000 habitants où l’élection se joue en un tour et celles où un candidat a obtenu plus de 50 % des votes au premier tour).
Cette mécanique, souvent invisible pour les électeurs, pèsera directement sur la composition des futurs conseils municipaux.
Retrouvez l'ensemble des listes candidates au second tour sur notre carte interactive
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