- Julien Mazzoni | Crée le 16.03.2026 à 15h29 | Mis à jour le 16.03.2026 à 15h29ImprimerÀ Nouméa, la liste Unité Pays échoue de peu à se qualifier pour le second tour. Notamment en raison de la dispersion du vote indépendantiste. Photo A.-C.P.Au lendemain du premier tour des municipales, les résultats mettent en lumière une réalité déjà perceptible depuis quelques mois : la division du camp indépendantiste, notamment entre le Palika et l’UC. Dans plusieurs communes cette dispersion a pesé sur les équilibres électoraux. Analyse.
Dans le Grand Nouméa comme dans plusieurs communes du Nord, le premier tour des municipales révèle un paysage politique marqué par la dispersion des listes indépendantistes, souvent réparties entre l’Union calédonienne et le FLNKS et les formations réunies au sein de l’Union nationale pour l’indépendance (UNI-Palika).
À Nouméa, un électorat indépendantiste dispersé
Dans la capitale, les différentes sensibilités indépendantistes se sont présentées séparément. La liste conduite par Lessé Adjouhgniope (FLNKS) a recueilli 9,52 % des suffrages, celle de Muneiko Haocas (MNIS) 3,02 % et celle de Pierre Wong Kong Tao (UNI) 1,48 %. Soit un peu plus de 14 % de voix indépendantistes cumulées.
L’examen des bureaux de vote montre toutefois une implantation territoriale assez marquée. Dans plusieurs bureaux situés dans des quartiers populaires, certaines listes dépassent largement leur moyenne communale. Au bureau Mouchet 1 (Montravel), par exemple, les listes indépendantistes cumulent plus de 75 % des suffrages, tandis qu’elles dépassent les 30 % dans des bureaux comme Hibiscus 1 (Rivière-Salée) ou Lods 1 (Logicoop), confirmant une implantation localisée mais éclatée entre plusieurs candidatures. Des scores fragmentés, qui empêchent l’émergence d’une véritable force indépendantiste à l’échelle de la commune.
À l’inverse, dans plusieurs bureaux des quartiers résidentiels, les listes loyalistes ont très largement dominé, Sonia Lagarde dépassant par exemple les 60 % des suffrages dans des bureaux comme Boyer 2 (Faubourg-Blanchot), Koch 2 (Vallée-des-Colons) ou Les Capucines (Vallée-des-Colons).
Des divisions également visibles en Brousse
La fragmentation du camp indépendantiste apparaît également dans plusieurs communes historiquement acquises à cette sensibilité.
L’exemple le plus frappant étant sans doute Poindimié, où le maire sortant, l’inamovible Paul Néaoutyine, à la tête de la commune depuis 1989, arrive en deuxième position avec 29,8 % des suffrages, bien loin des 49 % obtenus au premier tour en 2020. Les trois listes issues du camp indépendantiste se partagent l’essentiel de l’électorat (environ 70 % des votes exprimés). Une dispersion des voix qui a finalement profité à la liste conduite par Patrick Watanabe, arrivée en tête avec un peu plus de 30 % des suffrages.
À Koné, une configuration comparable se dessine. Les listes portées par l’Union calédonienne et par l’UNI-Palika se sont présentées séparément, alors que leurs scores cumulés restent majoritaires.
Dans les îles Loyauté, en revanche, les bastions de l’Union calédonienne semblent globalement se maintenir, avec des dynamiques locales contrastées selon les communes. À Lifou et à Maré, les listes issues de l’UC arrivent ainsi en tête du premier tour, confirmant l’ancrage historique du mouvement dans ces mairies.
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Une participation en hausse à Nouméa
Le scrutin a par ailleurs mobilisé davantage qu’en 2020 dans la capitale. La participation atteint près de 49 % contre un peu plus de 42 % lors des précédentes municipales, malgré une baisse du nombre d’inscrits (71 352 en 2020 contre 68 483 en 2026, soit 4 % de moins).
Cette mobilisation intervient toutefois dans un contexte particulier. À Nouméa (mais aussi à Païta), les bureaux de vote ont été regroupés sur plusieurs sites centralisés. Cette organisation, contestée par certains candidats, notamment du Mouvement nationaliste pour l’indépendance et la souveraineté (MNIS), aurait pu, selon eux, compliquer l’accès au vote pour une partie des habitants des quartiers populaires. Le tribunal administratif a toutefois rejeté le recours déposé contre ce dispositif, en raison de son dépôt trop tardif.
Les règles du second tour
Dans les communes de plus de 1 000 habitants, seules les listes ayant obtenu au moins 10 % des suffrages exprimés peuvent se maintenir au second tour. Celles qui ont recueilli entre 5 et 10 % peuvent en revanche fusionner avec une liste qualifiée, tandis que celles restées sous la barre des 5 % ne peuvent ni se maintenir ni fusionner.
À Nouméa, trois listes dépassent le seuil du maintien. La liste conduite par Lessé Adjouhgniope, créditée de 9,52 %, pourrait théoriquement rejoindre une liste qualifiée pour le second tour (celle de Philippe Dunoyer par exemple). Mais rien à ce jour ne laisse présager une telle éventualité.
Les listes souhaitant participer au second tour doivent impérativement être déposées au haussariat au plus tard mardi 17 mars au soir.
Retrouvez la carte des résultats de ce premier tour
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