- Anne-Claire Pophillat | Crée le 19.12.2025 à 12h25 | Mis à jour le 03.02.2026 à 12h33ImprimerAvec le budget 2026, le gouvernement entend relancer l'investissement, avec une enveloppe de 9 milliards de francs, a indiqué Christopher Gygès lors de la présentation du débat d'orientation budgétaire mercredi 17 décembre. Photo A.-C.P.Le gouvernement a arrêté, lors de sa séance collégiale mercredi 17 décembre, le DOB, débat d’orientation budgétaire, préalable à l’examen du budget 2026. Le document fixe les grandes lignes des priorités à venir : diminuer et maîtriser la dépense publique, relancer l’investissement dans des projets structurants, comme la 2x2 voies Nouméa-Tontouta, moderniser et simplifier l’administration, et renforcer la formation professionnelle. Explications.
Le Débat d’orientation budgétaire (DOB), qui précède le vote du budget, est l’occasion de présenter aux élus les grandes lignes financières et les priorités politiques de la collectivité pour les années à venir. Le document, présenté en séance collégiale du gouvernement mercredi 17 décembre, a été adopté à l’unanimité. "C’est un bon signal", s’est félicité Christopher Gygès, lors d’une conférence organisée le même jour sur le sujet, le DOB devant passer au Congrès lundi 22 décembre. Il s’agit, pour le membre de l’exécutif en charge du budget, du résultat "d’un travail de concertation entamé depuis le mois d’octobre, avec le groupe de travail des présidents d’exécutifs, les chefs de groupe au Congrès, les maires, etc.".
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Une assiette de répartition de 104 milliards de francs
L’assiette de répartition s’élève à 104 milliards de francs (contre 98 milliards en 2025, a indiqué Christopher Gygès), de quoi assurer le fonctionnement des collectivités, afin qu’elles puissent "continuer à investir". En termes de projection de croissance, le gouvernement se montre "prudent", a précisé le porte-parole de l’exécutif, prévoyant +1 % pour les rentrées fiscales et + 2 % pour l’emploi.
Le membre du gouvernement a également précisé, mercredi, que la Nouvelle-Calédonie avait déjà réalisé des efforts à hauteur de 71 milliards de francs d’économies entre 2019 et 2025. L’objectif est de les poursuivre en diminuant davantage les dépenses publiques.
Quatre priorités
La construction du budget 2026, qui constitue "le budget de la refondation, destiné à rétablir durablement les finances publiques, restaurer la confiance et préparer l’avenir", se base sur quatre priorités.
- Maîtrise des dépenses publiques
Christopher Gygès a annoncé notamment une baisse de 15 % des différentes niches fiscales, la volonté de passer le nombre de directions de 22 à 13, celui des établissements publics de 27 à 18, et le taux d’encadrement de 20 % à 12 %. Selon le porte-parole, le gouvernement a évité la hausse de la masse salariale prévue de 700 millions de francs, après l’avoir réduite de 800 millions l’année dernière, ce qui a impliqué le gel de 100 postes et une cinquantaine de suppressions. Les frais de fonctionnement doivent également être revus à la baisse : "-50 % sur les frais de mission et de déplacement dès 2026". L’exécutif souhaite par ailleurs récupérer les miles générés par ces voyages payés par la collectivité qui, jusqu’à présent, bénéficient aux élus. Enfin, la constitution d'une cellule de contrôle de gestion, pour "faire la chasse aux petites économies", a été évoquée.
- Relance de l’investissement
Le gouvernement entend augmenter l’enveloppe dédiée à l’investissement de 7,2 en 2025 à 9 milliards de francs (+ 25 %) en 2026 afin de "relancer la machine" et financer des projets structurants, comme la mise en 2x2 voies de l’axe Nouméa-Tontouta. Une somme de 300 millions de francs est annoncée pour le soutien à la trésorerie des entreprises. Et l’attractivité territoriale devrait être renforcée. Nouvelle-Calédonie Tourisme (NCT) se verra dotée d’un budget s’élevant à 400 millions de francs (260 en 2025).
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Autre ambition de l’exécutif, mais qui n’est pas financée faute de crédits disponibles : prolonger de six mois le dispositif de maintien dans l’emploi (qui doit s’arrêter le 31 décembre).
- Simplification administrative
Le développement de l’e-santé devrait s’accélérer : 200 millions de francs sont prévus pour développer un numéro unique de santé, une carte de santé calédonienne, un livret médical partagé, la télémédecine et la modernisation hospitalière. D’autre part, la mise sur pied d’un registre unique, la possibilité de créer sa structure en moins de 24 heures, ou encore le Compte entreprise numérique, doivent favoriser une simplification de la vie des entreprises.
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- Jeunesse et formation professionnelle
Christopher Gygès a affirmé, mercredi, qu’un effort substantiel allait être effectué en termes d’investissement dans les établissements scolaires, d’augmentation du budget dédié aux clubs et aux associations sportives et culturelles, et de renforcement du budget de la formation professionnelle. "On ne dispose pas des montants, on est encore en cours d’arbitrage budgétaire."
Le DOB préfigure le budget, que Christopher Gygès souhaite faire voter par le gouvernement le 30 décembre.
Les comptes sociaux pas encore financés
Les comptes sociaux ne sont pas encore financés par le budget primitif 2026, parce que leur financement reposera surtout sur la dotation supplémentaire accordée par l’État, a expliqué Christopher Gygès, mercredi 17 décembre. "Il nous restait 200 millions d’euros (24 milliards de francs) du prêt AFD, ce qui nous a permis de boucler notre budget. Ce qui sera donné en plus permettra de financer les comptes sociaux, notamment le Ruamm et les retraites. On estime à peu près à 15 milliards de francs le déficit du Ruamm, et à 8 milliards celui des retraites." Dans une volonté de "sécuriser les régimes sociaux", le gouvernement organise d’ailleurs un séminaire avec l’ensemble des partenaires ce vendredi 19 décembre. Des mesures, notamment sur le Ruamm, pour faire des économies, sont annoncées. Le DOB prévoit également la création d'une commission spéciale co-présidée par le gouvernement et le Congrès afin de faire un point de situation chaque mois.
Concernant les prêts dont doit s’acquitter la Nouvelle-Calédonie, leur remboursement n’est pas à l’ordre du jour. "Ce n’est pas inscrit, à ce stade, au budget primitif. La Nouvelle-Calédonie n’a pas la capacité financière de rembourser ces prêts aujourd’hui." Le porte-parole demande à l’État de donner un peu de temps et d’attendre l’amélioration de la situation financière. Le gouvernement a donc demandé le report de ces échéances, et attend également une réponse quant à la transformation de certains prêts en subventions.
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