- Julien Mazzoni | Crée le 24.01.2026 à 05h00 | Mis à jour le 24.01.2026 à 05h00ImprimerThomas Guarese, porte-parole de la Fédération des artisans du kava (FAK). Photo Julien MazzoniLicence, quotas, hygiène : le projet de loi du pays sur les nakamals est désormais sur le bureau du Congrès. Les professionnels du kava, fédérés depuis peu, demandent d’abord un état des lieux avant toute régulation.
Encadrer les nakamals, d’accord, mais comment ? Un projet de loi du pays visant à réglementer les établissements de consommation de kava est aujourd’hui sur le bureau du Congrès. Après des années d’atermoiements, le gouvernement se réjouit qu'"il y ait désormais un interlocuteur structuré" pour discuter de la réglementation, en référence à la Fédération des artisans du kava (FAK), récemment créée. "Ils seront évidemment associés aux discussions, mais ce texte est à présent sur le bureau du Congrès", résume Christopher Gygès, membre du gouvernement qui porte le dossier.
Le projet de loi prévoit notamment une licence obligatoire pour exploiter un nakamal, des critères d’hygiène et la possibilité, pour les autorités, d’instaurer des quotas d’ouverture (numerus clausus) selon les communes et les quartiers. Il y est également question d’interdire l’accès aux mineurs et de fixer des distances d’implantation par rapport aux écoles ou aux établissements de santé.
"Faire le tri"
Pour le gouvernement, cette réglementation se justifie par les "nuisances causées par certains établissements et notamment en termes de délinquance" et par le besoin d’un cadre légal stable. Christopher Gygès affirme que "certains nakamals ternissent l’image culturelle du kava" et qu’il s’agit aussi de "faire le tri".
La FAK, de son côté, dit vouloir justement s’éloigner d’un encadrement arbitraire. Pour son porte-parole, Thomas Guarese, le débat ne peut pas commencer par un numerus clausus quand "l’administration n’a même pas de données formelles sur le nombre de nakamals existants. On ne sait pas combien il y en a et juridiquement, le numerus clausus n’est pas applicable à l’heure actuelle", estime-t-il.
Emplois et rôle social
Thomas Guarese met aussi en avant le poids économique et social de ces établissements. La fédération s’appuie sur des chiffres qu’elle dit avoir collectés : environ 1,1 milliard de francs de kava importé annuellement, soit près de 220 tonnes, ce qui, selon des calculs internes, représenterait "environ 4 milliards et quelques" de chiffre d’affaires tiré de la seule vente de kava. Le porte-parole de la fédération évoque également le poids en termes d’emplois et le rôle social des nakamals servant de "point de focale" pour des jeunes d’un quartier, finançant des activités ou créant de l’économie.
Ouvrir un nakamal, ça devrait être comme ouvrir un snack.
Un positionnement qui conduit la fédération à réclamer une étude préalable à toute réglementation : "Faisons un état des lieux. Combien de nakamals ? Où sont-ils situés ? Quel est leur statut ? Qu’est-ce que ça représente ? Quelles sont les problématiques ?", insiste Thomas Guarese, qui plaide pour un agrément spécifique plutôt qu’une licence, assimilant l’ouverture d’un nakamal à celle d’un commerce traditionnel. Pour lui, "ouvrir un nakamal, ça devrait être comme ouvrir un snack", avec agrément d’hygiène et patente, plutôt qu’un régime qui "assimile l’activité à celle de la vente de produits dangereux comme l’alcool".
Sur la question du numerus clausus, Christopher Gygès renvoie aux mairies : "Tous les outils sont entre les mains des communes qui ont toutes les données nécessaires", estime le membre du gouvernement. Mais pour la FAK, sans critères objectifs ni cartographie, la clause risque d’aboutir à des fermetures arbitraires, voire à de lourdes indemnités pour les exploitants concernés.
La balle est aujourd’hui dans le camp des élus du Congrès qui devront définir sur quelles bases factuelles une réglementation durable et applicable pourra s’appuyer.
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