Nouvelle Calédonie
  • Yann Mainguet / yann.mainguet@lnc.nc | Crée le 13.05.2019 à 05h15 | Mis à jour le 13.05.2019 à 08h23
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    A 10 heures, entre deux éclats de rire, les assesseurs enregistraient une participation bien moindre qu’au référendum du 4 novembre à la tribu de Baco. Photo Y.M.
    NORD. A Baco, il a régné toute la matinée une ambiance bon enfant. Le devoir de citoyen s’est fait dans la bonne humeur.

    Alors que le village de Koné se réveille doucement, à quelques kilomètres de là, une jeune femme, sweat épais sur les épaules, entre dans le bureau de vote de la tribu de Baco. « Bonjour, je ne vous fais pas la bise, j’suis malade », lance la grippée, avec un sourire, aux assesseurs qui compatissent. Cette maladie banale mais contagieuse tourne sous les toits en ce moment, des habitants en conviendront durant la matinée près de la maison commune, site des deux isoloirs et de l’urne. Car, à Baco, tribu de 400 inscrits, la plus proche du village avec celle de Koniambo, élection rime avec vote mais aussi avec rencontres. Et rires. « Bah, ils sont grands, les bulletins, cette année, il faut agrandir l’enveloppe… et l’urne ! », claque Hervé à la barbe blanche rejoint, illico dans la rigolade, par le président du bureau de vote, Maurice Wabealo. Le jovial patron du lieu connaît la mécanique électorale, le rôle a déjà été assuré à plusieurs reprises en vingt ans. Un cahier toujours sous la main renferme d’ailleurs chiffres anciens et numéros de téléphone utiles.

    Le devoir de citoyen et la messe

    Petit couac, un quadragénaire élancé est « inscrit pour le référendum, mais pas pour les provinciales », lui explique Raymonde, assesseure. « Merci quand même d’être venu. Tu pourras voter l’année prochaine » aux municipales. A 9 h 30, le bureau recense déjà deux habitants dans ce cas. Pas de protestation.

    Les regards se tournent vers l’ouverture de la porte : de l’autre côté du petit chemin, le pasteur vient d’arriver en voiture. « On fait notre devoir de citoyen et on va prier », glisse une maman avant de tirer le rideau de l’isoloir. En effet, les cloches du temple juste à côté ne tardent pas à sonner. A 10 heures, le bureau de vote se vide. Les chants harmonieux et le prêche passionné du pasteur Charles Eatene gagnent la maison commune. Bulletins bénis. Tout pronostic est d’ailleurs difficile. L’UNI et l’Union calédonienne font souvent jeu égal à Baco. « J’ai oublié le nom de la liste pour qui voter ! », rigole une grand-mère en tapant le bras de Maurice Wabealo. Une nouvelle blague.

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