Nouvelle Calédonie
  • G.R. et A.P. | Crée le 14.05.2019 à 07h26 | Mis à jour le 14.05.2019 à 07h26
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    Au village de Païta, l’activité a été particulièrement animée, dès l’ouverture des bureaux de vote, à 8 heures. Alors que certains se sont rendus aux urnes à l’hôtel de ville (à gauche), 2 700 citoyens étaient inscrits aux cinq bureaux de vote ouverts au Dock socioculturel. Une quarantaine de personnes se sont ainsi relayées en continu et ont passé la journée sur place. Photos Aurélien Pol
    Si l’Avenir en confiance triomphe sur les terres du maire Willy Gatuhau, l’Eveil océanien termine en deuxième position. Calédonie ensemble s’effondre et est même dépassé par la liste FLNKS.

    Mission accomplie pour Willy Gatuhau. Le nouveau maire de la commune, intronisé secrétaire général de l’Avenir en confiance, a su rallier à la plateforme loyaliste ses administrés. « Il y a deux messages qui me semblent très clairs. Par ce choix, les Calédoniens ont souhaité mettre un terme aux souffrances qu’ils vivent depuis cinq ans. Et c’est une confirmation, aussi, de leur attachement à la France », commente le premier édile. En cumulant les voix obtenues par les listes Front pour l’unité et Union pour la Calédonie dans la France, en 2014, un tel résultat était attendu. La véritable percée est toutefois à mettre à l’actif de l’Eveil océanien de Milakulo Tukumuli. Surfant sur l’approche communautaire, il a su rallier à lui les citoyens d’origine wallisienne et futunienne. Sa liste a dépassé les 30 % dans trois bureaux de vote.

    Une stratégie payante

    Si Willy Gatuhau y voit « un signe de bonne santé politique » et une occasion pour les élus de « s’interroger sur la manière de gérer les politiques publiques », les militants, dont certains votaient pour la première fois, sont aux anges. « Nous avons toujours été utilisés par les autres partis politiques. Aujourd'hui, ça va changer », s’enthousiasmait ainsi Owen, 19 ans, venu fêter ce résultat, au Fale Fono, dimanche soir. Autre demi-surprise, le FLNKS confirme dans une certaine mesure sa percée du référendum, où il avait totalisé 2 430 voix sur la commune. Au bureau de vote de l’école Ounou-Cottin 2, où vont voter les habitants des tribus de l’intérieur de Saint-Laurent et du col de la Pirogue, le Front de libération nationale kanak et socialiste obtient 53,73 % des voix. Et à la mairie, où viennent voter les gens des tribus du bord de mer de N’Dé et de Naniouni, le front a rassemblé 37,18 % des suffrages exprimés. Calédonie ensemble finit ainsi en quatrième position, soutenu « seulement » par 1 081 électeurs, là où la liste de Philippe Gomès avait rassemblé 2 271 voix en 2014. Autre tendance générale, la participation chute et ne s’établit plus qu’à 67,47% à Païta. Un chiffre à rapprocher des 85,62 % d’électeurs mobilisés pour le référendum du 4 novembre et des 74 % qui se sont déplacés aux urnes en 2014. Et Willy Gatuhau de conclure en rappelant que « les élections ne sont pas qu’une affaire comptable ».

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