Nouvelle Calédonie
  • Aurélien Pol | Crée le 13.05.2019 à 05h35 | Mis à jour le 13.05.2019 à 08h10
    Imprimer
    Milakulo Tukumuli ( à gauche) a entamé un suamako avec les siens. Photo A.P.

    Au Fale fono, vers 22 heures, le parking est bondé, plus une place où se garer. Plus de 1 500 militants se sont réunis sur ce site, dédié à la culture wallisienne et futunienne. Tous les yeux sont rivés sur la télévision, mise en place pour l’occasion où les résultats sont divulgués progressivement. Et à 23 heures, « nous avons quatre sièges au Congrès », annonce plusieurs militants, à l’unisson. Les « sonos » sont activées, une soirée de folie est lancée par les militants de ce tout nouveau parti, créé pour représenter Wallisiens, Futuniens et les autres minorités du Caillou. « Concrètement, nous n’avons pas prévu d’animations particulières. Nous allons anticiper », indique Agalelei Aliki, la secrétaire adjointe de l’Eveil océanien. Une cérémonie du kava a été organisée pour l’occasion, une vingtaine d’anciens sont assis et ont formé un rectangle. « Nous nous battons aussi pour une reconnaissance officielle de nos coutumiers. Ils sont très importants dans notre communauté », indique Veylma Falaeo, seconde de la liste de l’Eveil océanien. Un suamako, une danse traditionnelle wallisienne, démarre dans le fond de la salle afin d’accueillir Milakulo Tukumuli, l’homme qui a su porter son mouvement jusqu’aux portes du Congrès. « Voici notre président, voici notre nouvel espoir » scandent des membres du parti. Le principal intéressé ne masque pas sa fierté. Il entame une danse avec les siens, tandis qu’il se fait arroser de champagne.

    « Tremblement de terre »

    Un ancien, en retrait et quasiment en pleurs l’affirme sans détour : « Un tremblement de terre vient de frapper la Nouvelle-Calédonie, c’est ce que nous attendons depuis tant d’années. » A cette heure-ci, personne ne discute des transactions à venir ou encore des potentielles alliances pour pouvoir se faire entendre au sein des assemblées. L’heure est à la fête.

    Les femmes, de leur côté, dansent également pour célébrer la victoire. L’Eveil océanien, en qui personne ne croyait voilà quelques semaines, existe. « La communauté wallisienne et futunienne ne sera pas utilisée comme monnaie électoraliste aujourd’hui », lâche Veylma Falaeo.

  • DANS LA MÊME RUBRIQUE
  • VOS RÉACTIONS