Nouvelle Calédonie
  • Philippe Frédière / philippe.frediere@lnc.nc | Crée le 12.04.2019 à 04h25 | Mis à jour le 12.04.2019 à 06h56
    Imprimer
    L’image de la poignée de mains entre Lafleur et Tjibaou reprise pour symboliser le dialogue. Photos Thierry Perron
    PROVINCIALES. Augmentation des bas salaires, lutte contre l’insécurité, aide aux familles défavorisées, création d’une redevance d’extraction du minerai, démocratisation des transports aériens, Calédonie ensemble a présenté hier un vaste programme contenu dans un document de 64 pages.

    La méthode

    Il y a bien sûr les contributions des responsables et des militants du mouvement. Il y a aussi celles issues de l’opération de consultation citoyenne menée en février et en mars au travers de réunions, d’ateliers thématiques, mais aussi d’une plateforme participative et d’une « appli mobile ». Calédonie ensemble a fait la restitution de cette consultation le 4 avril. 2 400 contributions ont été recueillies.

    Le projet présenté reprend les grands thèmes abordés. Il y en a 14 en tout, déclinés en 30 mesures phares qui sont synthétisées dans un document de 64 pages, lequel sera distribué à plus de 60 000 exemplaires.

    Un pays plus sûr

    C’est bien sûr le problème de la délinquance qui est décrit à travers ce slogan. Singulièrement celle des jeunes. L’idée-force, exprimée par Philippe Michel, est de responsabiliser les parents d’enfants récidivistes en les associant aux peines de travaux d’intérêt général auxquelles serait condamnée leur progéniture.

    Le mouvement préconise aussi la protection renforcée des établissements scolaires et un service civique obligatoire avec encadrement militaire pour tous les « décrocheurs scolaires. »

    Pouvoir d’achat

    La mesure forte de Calédonie ensemble, c’est l’augmentation des bas salaires : de 10 % pour le SMG jusqu’à 5 % pour les personnes touchant 1,5 fois le SMG. Le levier serait une diminution dégressive des charges sociales pesant sur les salaires.

    Côté fiscal, le mouvement veut baisser l’impôt sur les petites sociétés, et augmenter celui sur les grosses.

    Solidarité

    Parmi les principales idées, il y a la généralisation d’un système de mutuelle obligatoire, la création d’une allocation pour la petite enfance (moins de trois ans), et l’augmentation de 20 % des allocations aux familles monoparentales.

    En direction de la jeunesse, il y a l’augmentation des plafonds de ressources ouvrant droit aux bourses d’études, et la garantie d’un stage rémunéré pour tous les jeunes diplômés terminant leurs études.

    Développement

    En matière d’énergies renouvelables, le mouvement se flatte d’être allé plus vite que prévu. Deux objectifs sont posés : parvenir à 100 % d’électricité d’origine renouvelable aux Loyauté et à l’île des Pins à l’horizon 2021, et à 100 % de la consommation publique (hors nickel) sur la Grande Terre à l’horizon 2025.

    S’agissant du nickel, Philippe Michel est revenu sur la nécessité de créer une redevance d’extraction à la tonne de minerai qui aura vocation à alimenter un fonds pour les générations futures.

    Transports

    Calédonie ensemble espère attirer une compagnie low coast afin d’abaisser le coût des transports aériens sur au moins une grande destination extérieure. Il est question de Sydney, voire de Hong Kong. Des pourparlers sont en cours avec la filiale low coast de Qantas.

    Alimentation

    La recherche de l’autonomie alimentaire continue ? On en est loin encore. Mais pour améliorer le taux de couverture et favoriser le développement agricole, Calédonie ensemble prévoit de faciliter l’accès à la terre des jeunes agriculteurs par la location de parcelles du domaine, et à terme de favoriser l’accession à la propriété. On sait qu’en l’état, la mesure ne plaît pas aux indépendantistes.

    Autre projet, la création d’une filière de collecte et de stockage de fruits et légumes à l’Ocef. Enfin, l’instauration d’une aide à la transition « agro-écologique ». En clair le développement des produits bio.


    Objectif, éviter les deuxième et troisième référendums

    Nicolas Metzdorf a enchaîné les interventions devant un groupe de jeunes.

     

    Une fois n’est pas coutume, Philippe Gomès, assis au premier rang, n’a pas pris la parole, sous le faré du restaurant Les Trois Bê à Kaméré. Il a laissé aux membres de son entourage le soin de développer les principaux éléments du programme élaboré ces dernières semaines.

    Le député a laissé un jeune, Nicolas Metzdorf, se charger du volet le plus politique de ce programme : les échéances institutionnelles.

    Le ton a été affiché : « Nous sommes contre l’organisation d’un deuxième et d’un troisième référendums. Le premier n’a pas laissé que des bons souvenirs, a ravivé les tensions, et il est important de privilégier le dialogue. »

    Source de tensions

    « Ces deuxième et troisième référendums seront source de tensions entre les Calédoniens et vont freiner l’activité économique. Ce que nous voulons, c’est mettre tous ceux qui le veulent autour d’une même table, discuter, essayer de trouver les équilibres nécessaires pour sortir par le haut de l’accord de Nouméa. Nous devons trouver le moyen de vivre ensemble, en paix et dans la France. »

    Négociations

    Calédonie ensemble se présente comme le seul parti politique non indépendantiste capable d’ouvrir des discussions avec les indépendantistes. Il « propose d’avancer l’échéance pour négocier une sortie de l’accord dans la France et dans la paix », affirme le texte introductif du document de campagne du mouvement, qui fait aussi référence à un partage des compétences entre l’Etat et la Nouvelle-Calédonie et à la conjugaison de souveraineté et République.

    Le mouvement de Philippe Gomès propose donc de « substituer aux deux référendums prévus par l’accord de Nouméa, un seul référendum sur un avenir partagé comme nous avons su le faire lors des accords de Matignon et de Nouméa. »

  • DANS LA MÊME RUBRIQUE
  • VOS RÉACTIONS