Nouvelle Calédonie
  • ENTRETIEN AVEC Roby Courtot, maire de Pouembout et candidat d’ouverture sur la liste UC Nord
    Propos recueillis par Yann Mainguet | Crée le 10.04.2019 à 04h25 | Mis à jour le 10.04.2019 à 07h48
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    Les Nouvelles calédoniennes :

    Pourquoi rejoindre une liste UC dans le Nord, alors qu’on vous pensait davantage de sensibilité loyaliste ?

    « Sensibilité loyaliste », ce sont des mots politiques par rapport aux deux camps qui se battent pour avoir le pouvoir au Congrès. Pour nous, les habitants du Nord, qui travaillons et vivons avec les Kanak, cela fait longtemps que nous avons dépassé ce clivage « indépendantiste - non-indépendantiste ». Nous, on est en train de construire un pays. Et pour construire un pays, il vaut mieux être avec les gens dans une majorité, plutôt que d’être toujours dans l’opposition. Ce sont eux (les dirigeants de l’Union calédonienne, NDLR) qui m’ont tendu la main.

    J’aurais pu prétendre être, allez, troisième sur une liste Calédonie ensemble, en étant sûr d’être élu, mais qu’aurais-je fait à la province ? À part figurer ?

    Quelle place aurez-vous sur cette liste UC du Nord ?

    La onzième position (avec Daniel Goa en tête de liste, NDLR). Ce qui est considéré comme une place éligible. C’est une candidature d’ouverture, sans condition particulière.

    Nous avons déjà repéré, par le passé, votre nom dans des invitations à des manifestations Calédonie ensemble...

    Ce sont eux qui ont publié des photos pour avoir un maximum d’hommes de terrain, sans pour autant que je participe. J’ai pris une carte de militant - une seule fois - à la création de Calédonie ensemble. Puis, plus rien.

    Pour les municipales, ma liste était apolitique. C’était d’ailleurs un des leitmotivs : n’appartenir à aucun parti, et n’être soutenu par personne. A Pouembout, c’est du 50-50, droit commun-droit particulier.

    Avez-vous longuement hésité avant de rejoindre la liste UC ?

    Non, pas vraiment. On travaille déjà ensemble, et je connais bien les dirigeants de l’UC, puisque je suis à l’association des maires de Nouvelle-Calédonie, je suis dans le bureau de l’AMNC depuis bientôt douze ans, les Kanak me connaissent. Mon parcours au niveau de la mairie et mes prises de position ont fait que les gens de l’UC m’ont choisi. Il n’y a pas de surprise pour eux, et pas de surprise pour moi.

    Mais une nouvelle étape se présente maintenant : porter le message d’indépendance...

    Oui. Le portage de l’indépendance est majoritaire en province Nord. Les Kanak n’abandonneront jamais l’idée d’indépendance. Il va donc falloir trouver un compromis entre nous sur l’émancipation du pays. Autant être avec eux, pour travailler avec eux, plutôt que de subir jusqu’au bout.

    Votre démarche peut-elle, à votre avis, attirer d’autres Caldoches ?

    Depuis (lundi), j’ai reçu des messages de félicitation de Caldoches, je ne m’y attendais pas, ce sont des gens qui ont presque milité au Front national, qui étaient sur les Événements, etc. Naturellement, je ne veux pas dire que ça fera l’unanimité. Mais j’ai des messages de soutien.

    En 2020, interviendront les élections municipales, or vous aviez été élu maire sans étiquette. Quelle sera alors votre position ?

    Tout dépend des élections provinciales. J’ai souvent critiqué les politiques avec plusieurs casquettes. Au bout de deux mandats, le programme initial, de 2008, au niveau des infrastructures, a presque été entièrement réalisé.

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