Nouvelle Calédonie
  • ENTRETIEN AVEC Isabelle Champmoreau, membre de la liste Avenir en confiance
    Propos recueillis par Philippe Frédière | Crée le 13.04.2019 à 04h25 | Mis à jour le 15.04.2019 à 14h21
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    Les Nouvelles calédoniennes : Quel est le motif de la visite que vous avez organisée à la Spanc ?

    Nous estimons que toute forme de silence est inacceptable dans notre société. Y compris la maltraitance animale. Le sujet peut paraître secondaire dans une campagne électorale pleine d’enjeux, mais il ne faut pas l’évacuer. Il y a eu récemment des faits divers qui ont beaucoup choqué les Calédoniens, et qui de surcroît ont été commis sur fond d’alcool. Des images sinistres sont diffusées sur les réseaux sociaux et ça participe à une certaine banalisation de la violence.

    Nous voulons lutter contre cette maltraitance, mais aussi contre les nuisances provoquées par la prolifération d’animaux errants.

    Lutter de quelle manière ?

    Actuellement, les fourrières pratiquent 2 700 euthanasies par an, ce qui coûte extrêmement cher. Par comparaison, une stérilisation est six fois moins onéreuse. Et c’est une façon beaucoup plus efficace de limiter la population animale hors contrôle. Il faut savoir que la deuxième cause d’appels à la police municipale est liée au bruit et aux autres nuisances provoquées par les animaux. C’est un problème très important dans certains quartiers.

    Notre plan prévoit que seuls des animaux stérilisés pourront être confiés à des personnes voulant les adopter. Les seules exceptions concerneront les animaux possédant un pedigree. Il faudra aussi encadrer les méthodes d’élevage et de vente.

    Le dernier point concernant les animaux, c’est la TGC relative au prix des croquettes qui est actuellement de 22 %.

    Vous avez été membre du gouvernement lorsque Sonia Backès en est partie. Quelles étaient vos priorités ?

    J’ai lancé le schéma du handicap et de la dépendance qui a ensuite été géré par Christopher Gygès. Ce sont des dossiers très prenants et très forts. Nous faisons aujourd’hui face au vieillissement de notre population comme dans tous les pays développés. Le nombre de personnes qui ont besoin d’accompagnement ou de prise en charge ne va cesser d’augmenter. C’est une évolution de la société à laquelle il faut faire face.

    S’agissant du handicap, il faut parvenir le plus possible à poser des diagnostics précoces. Il faut aussi travailler aux formations et à l’insertion professionnelle de ces personnes.

    Je me suis aussi consacrée à la protection judiciaire de l’enfance et de la jeunesse. Nous travaillons toujours à la création d’un centre éducatif fermé pour les adolescents récidivistes. En Europe, on considère que les séjours doivent durer environ cinq mois pour être efficaces. Ce centre éducatif est un maillon manquant dans notre organisation.

    Tous ces sujets tiennent à cœur et ils relèvent beaucoup plus de l’humain que des postures politiques. C’est un avantage quand on travaille dans un gouvernement où les désaccords sont nombreux.

    Vous avez été enseignante, ce qui veut dire que vous êtes intervenue dans le programme de votre mouvement sur le sujet ?

    Oui. Nous voulons recentrer l’enseignement sur l’acquisition des fondamentaux. Quand une personne quitte l’école sans savoir ni lire, ni écrire, ni compter, son avenir est très compromis. Nous insistons aussi beaucoup sur l’anglais qui est de plus en plus indispensable. Ce n’est pas contradictoire avec l’enseignement des langues kanak et de la culture mélanésienne. On devrait laisser plus de souplesse aux provinces sur la question des langues locales.

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