Nouvelle Calédonie
  • | Crée le 13.05.2019 à 07h08 | Mis à jour le 13.05.2019 à 07h17
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    Thierry Santa, L’Avenir en confiance

    « Le plus dur reste à venir »

    La victoire de l’union des loyalistes est belle. Ce n’est que le début de ce qui doit se passer désormais avec la responsabilité de l’avenir de ce pays. D’abord du quotidien de nos concitoyens mais au-delà, de l’après accord de Nouméa. Il faut que tous ensemble, on trouve les moyens de construire cette Calédonie dans la paix et dans la France. Le plus dur reste à venir. On a la responsabilité des choix à faire pour redresser l’économie, pour renflouer les comptes sociaux et pour trouver les équilibres entre tous pour cheminer vers ce destin commun auquel nous aspirons tous mais dans le respect des choix de la majorité des Calédoniens : c’est-à-dire un territoire français, la seule solution pour que ce pays vive en paix. À titre personnel, j’espère être présent dans les discussions à venir.


    Milakulo Tukumuli, Eveil océanien

    « Prêts à tisser des alliances »

    « Avec mes calculs, nous nous attendions à trois sièges à la province Sud et trois au Congrès pour qu’il n’y ait plus de majorité au Congrès. Nous en avons un de plus à la province. C’est la preuve que nous pouvons assembler politiques et mathématiques. Ce score de l’Avenir en confiance, (AEC), je l’avais prévu. Quant à Calédonie ensemble, c’est pire que ce que je pensais. On l’explique clairement par le regroupement d’AEC et par le résultat de notre parti qui a grappillé des voix de l’électorat wallisien et futunien. Notre communauté a compris mon message, c’est-à-dire s’émanciper politiquement. Nous comptons travailler essentiellement sur les politiques sociale, économique et culturelle. Aujourd’hui, avec quatre sièges à la province, on ne peut rien faire, nous sommes prêts à tisser des alliances. »


    Sonia Backès, Avenir en confiance

    « Vous me retrouverez à la tête d’une institution »

    « L’objectif premier, celui de garder une majorité loyaliste au Congrès, est atteint même si on perd un siège du fait de la désunion dans le Nord et les Îles. Puis, L’Avenir en confiance a emporté la majorité à la province Sud - ce qui n’était pas arrivé depuis 1999 -, c’est la meilleure configuration pour réussir à faire changer les choses. Les Calédoniens qui ont voté non à l’indépendance ont voulu qu’on affiche un camp loyaliste uni, fort, clair sur ses convictions et sur sa manière de voir la sortie de l’accord de Nouméa. Les électeurs ont dit qu’il y en avait assez de cette crise économique. On a maintenant une responsabilité immense. Je pense fort à ceux qui ont permis l’union : Thierry, Gil, Virginie, Philippe etc. Si on a réussi, c’est aussi parce que cette union était très forte. On fait partie de la même génération, on a créé des liens incroyables. À titre personnel, c’est une reconnaissance de la clarté du discours que je tiens depuis dix ans, une reconnaissance aussi de la capacité à être capable de fédérer ce camp loyaliste. Évidemment que vous me retrouverez certainement à la tête d’une institution ».


    Philippe Gomès, Calédonie ensemble

    « La victoire de la radicalité »

    « C’est la victoire de la radicalité. Une partie de l’électorat non indépendantiste s’est fait peur avec le référendum. Dans ce contexte, notre message de respect, de paix et de vivre ensemble est devenu beaucoup moins audible que le message beaucoup plus binaire porté par l’Avenir en confiance. 

    Il est clair qu’un message très anti-indépendantiste et hostile au monde kanak est plus audible qu’un message de respect dans un contexte de peur. De surcroît, nous avons traversé une période économique difficile avec une conjoncture internationale du nickel qui a conduit les trois usines à faire des efforts qui ont eu des conséquences sur l’emploi et sur la sous-traitance.

    Les Calédoniens ont fait le choix d’une liste qui veut aller rapidement aux prochains référendums. Nous verrons ce que ça donnera dans cinq ans. En tout état de cause, c’est la démocratie., il faut respecter la volonté du peuple souverain. Ça fait partie de la vie d’un pays comme le nôtre. »


    Rock Wamytan, FLNKS

    « Je suis satisfait parce qu’on a reconduit nos sept élus, c’était la barre à ne pas franchir »

    Notre objectif à atteindre absolument c’était de garder nos sept élus avec 11 à 12 000 voix. Il y a une petite érosion due à trois choses. D’abord, il y a ce vivier d’environ 4 000 électeurs, inscrits d’office sur la liste référendaire, et qui n’a pas été reporté sur la liste électorale spéciale parce que les gens n’ont pas fait les démarches. On peut considérer que nous n’avons pas capté cet électorat. Ensuite, le MNIS et le Parti travailliste nous ont grignoté environ 2 000 voix. Et puis il y a eu les abstentions. Beaucoup de jeunes nous ont dit qu’ils n’avaient pas l’intention de voter pour les provinciales, mais qu’ils attendaient le référendum. On aurait espéré plus. On s’était dit que la dispersion des listes dans les partis non-indépendantistes pouvait jouer en notre faveur. Ça n’a pas été le cas. Et puis il y a l’effet Tukumuli, l’élément surprise. Il nous a certainement piqué quelques voix, parce que plusieurs figures dans sa liste sont des militants RDO. Mais je suis satisfait parce qu’on a reconduit les sept, c’était la barre à ne pas franchir.


    Sonia Lagarde, maire de Nouméa, soutien de l’Avenir en confiance

    « Les gens ont opté pour le changement »

    « Ces résultats montrent que les gens ont opté pour le changement. Quant à moi, je me suis prononcée pour l’Avenir en confiance parce que ses représentants sont lucides et conscients. Ils ont fait une très belle campagne, à laquelle je me suis associée à la fin, parce que c’est un moment charnière et que ce scrutin est capital. Ils ont compris qu’il fallait se regrouper et discuter avec les indépendantistes. De plus, la situation économique est catastrophique. Et puis, on ne peut plus être sous la coupe de personnes qui veulent tout diriger. Ce caractère hégémonique, il faut que ça cesse ! Pour ce qui est du fonctionnement de la mairie, je n’ai réfléchi à rien pour la suite. On verra demain. »


    Alain Descombels, Rassemblement national

    « Une déception, pas un échec »

    On se réjouit que le Congrès reste loyaliste. Nous souhaitions passer la barre des 5 %, nous n’y sommes pas arrivés et nous en tirerons tous les enseignements. Cela fait dix ans que nous avions disparu de la scène politique, on espère pouvoir y revenir en faisant un travail de fond. C’est une déception, mais pas un échec. Sonia Backès a une majorité, il faut l’en féliciter et espérer que les gens autour d’elle arrivent à se fédérer. Nous attendons des propositions pour relancer l’économie. Je pense qu’il y a eu un rejet profond de Calédonie ensemble sur son bilan social et économique, et de sa vision politique trop tendancieuse vis-à-vis du monde indépendantiste. Quant à l’Éveil océanien, c’est un vote communautaire avec tous les risques que cela comporte.

     

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