Nouvelle Calédonie
  • Esther Cunéo | Crée le 31.10.2018 à 04h25 | Mis à jour le 31.10.2018 à 06h53
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    L’arrivée du comité a notamment permis de comprendre que la coutume n’était pas opposée au don d’organes. Photo Archives LNC
    SANTÉ. Don d’organe, ou fin de vie : le comité consultatif d’éthique (CCE) éclaire depuis 12 ans les grandes réflexions en matière de bioéthique et devrait monter en charge dès l’année prochaine. Explications.

    Le lancement du « World mosquito program » (*) dans les prochaines semaines à Nouméa, illustre typiquement le genre de projets sur lequel le comité consultatif d’éthique de Nouvelle-Calédonie (CCE-NC), se positionne. Marque de qualité, son avis est généralement suivi sur le Caillou, où les questions éthiques soulevées avec le progrès de la biologie, de la médecine et de la santé, se multiplient. Largement méconnu du public, le CCE assume pourtant un rôle d’éclaireur, voire de « garde-fou », sur les grands débats en matière de bioéthique, comme celui de la PMA (procréation médicalement assistée), du droit à la fin de vie ou du don d’organe.

    En Nouvelle-Calédonie, le CCE a été créé en 2006, soit 23 ans après le comité consultatif national d’éthique (CCNE), lui-même né dans un contexte de découvertes inédites en matière de procréation humaine (il a été créé un an après la naissance d’Amandine, le premier « bébé-éprouvette » français, en 1982).

    Entre décembre 2016 et avril 2018, le CCE-NC a ainsi épluché pas moins de 18 projets de recherche comme l’évaluation de l’impact du rhumatisme articulaire dans les îles, l’emploi d’échantillons de sang humain dans le traitement de la leptospirose ou la campagne de dépistage de la lèpre.

    Respect de la dignité humaine

    Médecin, philosophe, psychologue, sociologue, chef d’entreprise, enseignant, chercheur à l’UNC, élu, acteur du monde associatif… « Miroir de la société calédonienne », l’organe consultatif regroupe une vingtaine de professions et de membres aux origines ethniques diverses. Bénévoles, ils agissent dans l’ombre. « Nous désignons un binôme pour instruire le dossier et nous présentons un résumé en séance plénière ainsi qu’un avis, explique Frédéric Touzain, vice-président. On note la diversité de notre composition, pendant les débats, avec des questions de tout ordre. C’est ça qui fait la richesse du comité. » L’avis rendu doit toujours tenir compte du respect de la dignité humaine et répondre aux critères fondamentaux que sont la « liberté, la justice, l’autonomie de la personne, la communication, la bienfaisance et la non-maléficience » (principes du serment d'Hippocrate).

    Spécificités locales et valeurs kanak

    Le CCE n’ignore pas non plus les spécificités locales et les valeurs kanak. Sa commission « don d’organe » a déjà entrepris de se déplacer dans les huit pays kanak, à la rencontre des autorités coutumières, des conseils des anciens, et des chefs de clan. « Les premières visites ont permis de comprendre que contrairement à des idées reçues, la coutume et les leaders kanak ne sont pas hostiles au don d’organe », indique Frédéric Touzain.

    Avec le lancement du plan Do Kamo, une nouvelle commission a vu le jour. Valentine Eurisouké, membre du gouvernement en charge de la Santé, devrait y faire appel pour certaines mesures. De quoi prédire une année 2019 chargée pour le comité.

    (*) Programme mondial de lutte contre les moustiques

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