- Anne-Claire Pophillat | Crée le 04.04.2026 à 05h00 | Mis à jour le 04.04.2026 à 05h00ImprimerUne cinquantaine de salariés d’Air Calédonie se sont rassemblés devant le gouvernement, vendredi 3 avril, alors qu’une délégation était reçue, après la tenue d’une commission au Congrès sur la situation de la compagnie. Photo Aurélia DumtéUne commission plénière au Congrès a étudié vendredi 3 avril la situation financière d’Air Calédonie, qui a annoncé engager une procédure collective devant le tribunal de commerce. Il a notamment été question d’un soutien financier à la compagnie, ainsi que de la question d’un schéma des transports. En milieu de journée, des salariés se sont mobilisés devant la présidence du gouvernement.
Vendredi 27 mars, après 26 jours de blocage des aérodromes des îles en raison du déménagement d’Air Calédonie de Magenta à La Tontouta, le conseil d’administration de la compagnie votait à l’unanimité l’engagement d’une procédure collective, en raison de ses difficultés. Dans la foulée, une commission plénière a été convoquée au Congrès vendredi 3 avril, afin d’évoquer la situation financière de l’opérateur aérien, en "quasi-cessation de paiements", indique Daniel Houmbouy, directeur, précisant qu’il n’y avait donc "pas d’autre choix". "Les élus voulaient comprendre ce qui a conduit le conseil d’administration à prendre cette décision."
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Air Calédonie entame une procédure collective devant le tribunal de commerce
La procédure n’a pas encore été engagée devant le tribunal de commerce, ajoute Daniel Houmbouy, cela devrait être fait la semaine prochaine. Deux scénarios sont possibles. "Les juges se prononcent soit pour une liquidation, soit pour la mise en place d’une période d’observation de six mois et la présentation d’un plan de redressement ou de poursuite d’activité." Le processus induit une chose : le gel immédiat des dettes.
Le chômage partiel devrait être étendu
Aujourd’hui, si les vols ont repris vers l’île des Pins lundi 30 mars, à la suite du vote de la levée du blocage par le collectif de Kwenyii, les aérodromes des Loyauté restent fermés aux avions. "Il ne reste plus que quelques semaines de trésorerie", affirme Daniel Houmbouy. Les conséquences sont lourdes pour les salariés – qui ont subi un vaste plan social en 2024 -, dont la moitié est en chômage partie le 18 mars. Cela ne suffit plus. "D’autres agents vont devoir l’être également. Là, on ne peut pas payer les salaires du mois d’avril."
Une cinquantaine des 220 employés manifestait d’ailleurs devant le gouvernement vendredi midi, alors qu’une délégation était notamment reçue par le président de l’exécutif, Alcide Ponga. "La position du gouvernement ne change pas, rien n’a été acté. Il n’y a pas eu d’annonce et toujours pas de visibilité", glisse un délégué syndical.

La moitié des salariés ont été placés en chômage partiel le 18 mars. D’autres pourraient l’être également, en raison des difficultés financières de la compagnie. Photo Aurélia DumtéUne aide d’au moins 300 millions de francs
La commission au Congrès a également discuté d’une éventuelle contribution financière des collectivités à Air Calédonie. Sachant qu’un soutien de 500 millions de francs de la Nouvelle-Calédonie était déjà prévu avant les blocages, car le budget 2026 de la compagnie "se basait sur une hypothèse de 220 000 passagers, ce qui ne permet pas d’atteindre l’équilibre", explique Daniel Houmbouy.
En plus, depuis le 2 mars, l’opérateur perd environ 10 millions de francs par jour. Il lui faudrait donc, au minimum, plus de 300 millions de francs pour couvrir les pertes du mois. Des pertes qui devraient s’alourdir. Pour l’instant, les avions de la compagnie desservent l’île des Pins une fois par jour et Port-Vila deux fois par semaine. "En temps normal, on opère entre six à dix vols par jour." L’enjeu est désormais de compenser cette chute de l’activité. "La question qui se pose est de savoir si les élus en ont la volonté, et comment la financer", poursuit le directeur.
Il semblerait que oui. Selon Daniel Houmbouy, aucun représentant politique ne semble envisager la fermeture de la compagnie, qui impliquerait l’arrêt de la desserte et engendrerait de nombreux problèmes (sanitaire, économique, etc.), tels que vécus ces dernières semaines.
Le fameux schéma des transports
Outre les modalités de soutien à l’opérateur, le sujet d’un schéma de transport aérien et maritime a été abordé. Une arlésienne. Un tel schéma, lancé en 2013 et élaboré en 2015, existe bel et bien, mais sans n’avoir jamais été appliqué. D’autres initiatives ont essaimé ensuite, sans davantage de succès visiblement. En février 2024, le gouvernement créait une commission consultative pour la desserte intérieure maritime et aérienne. En novembre 2025, le groupe UC-FLNKS et Nationalistes déposait au Congrès une proposition de commission d’enquête, chargée d’examiner la situation administrative et financière d’Air Calédonie, ainsi que les conséquences de son déménagement vers La Tontouta. Mercredi 1er avril, le groupe indépendantiste suggérait cette fois la création d’une commission spéciale sur l’organisation et l’avenir du transport et de la mobilité, avec pour objectif de définir une stratégie "globale et cohérente" à l’échelle du pays.
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