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    Nouvelle Calédonie
  • A.T. | Crée le 16.10.2026 à 07h00 | Mis à jour le 16.10.2026 à 07h00
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    Les élèves de la spécialité "parcours entrepreneuriat" au lycée Jules-Garnier ont coanimé les dix étapes de cette caravane dans les Îles et sur la Grande Terre. Photo Anthony Tejero
    Des jeunes du lycée Jules-Garnier et leurs enseignants sont partis à la rencontre de 500 élèves de Brousse et des Îles pour les sensibiliser à la création d’entreprise, avec un message simple : tout le monde peut devenir entrepreneur, quels que soient son milieu social et son parcours scolaire, à condition d’avoir "une bonne idée qui répond à un besoin". Témoignages de participants à cette deuxième édition de la "Caravane de l’entrepreneuriat".

    Une anecdote vaut souvent mieux qu’un long discours. Comme en témoigne Madison Davies, 17 ans, élève au lycée Jules-Garnier. "Lorsqu’on était en déplacement dans un collège de la côte Est, un garçon ne voulait pas participer à nos activités et refusait notre aide. On a fini par réaliser qu’il ne comprenait pas de quoi on parlait car il ne savait pas lire alors qu’il est en classe de troisième. Notre référente l’a accompagné et, au final, c’est lui qui a présenté la meilleure idée du groupe : créer un garage pour les bateaux dans sa commune où il n’existe rien pour les réparer." Morale de cette histoire pour la jeune femme : "malgré les difficultés, on peut réussir".

    Et c’est l’une des principales ambitions de la Caravane de l’entrepreneuriat, qui, pour sa deuxième édition, vient d’achever une tournée en Brousse et dans les Îles. Ce dispositif, porté par l’organisation patronale du Medef-NC, le vice-rectorat et animé par des jeunes du lycée Jules-Garnier, est parti à la rencontre de plus de 500 élèves du pays pour tenter de "promouvoir l’esprit d’entreprise" dès le plus jeune âge, tout en "démystifiant" certaines idées reçues sur ce milieu.

    Et ce, avec un maître mot : "On n’a pas besoin d’être premier de la classe pour créer une entreprise", martèle Julie Micheli, coordinatrice de l’initiative pour le vice-rectorat. "Quand on voit le profil des entrepreneurs qui viennent parler aux élèves, la plupart n’ont pas de diplôme. Ce n’est pas parce qu’on n’est pas bon à l’école qu’on n’a pas d’avenir. Et ça, c’est hyper important à expliquer aux jeunes", insiste cette enseignante en économie-gestion, qui reprend à son tour l’exemple de l’élève de troisième qui avait l’idée de monter "un garage de bateaux" sur la côte Est.

    "Donner les armes"

    "Ce jeune est en situation d’illettrisme en classe de troisième, mais il a un super concept qui répond à un besoin identifié pour un projet que, peut-être, il sait faire, poursuit Julie Micheli. Donc il aurait besoin d’une petite formation en mécanique pour avoir une certification, et évidemment d’un accompagnement. Notre objectif, c’est de leur donner les armes. On n’a pas besoin d’être diplômé, et encore moins hautement diplômé pour créer une entreprise. Au fond, ce n’est pas sorcier, surtout au niveau local. On a des besoins dans ce pays et ces jeunes sont tout à fait capables d’y répondre à condition de leur donner confiance dans leurs capacités."

    C’est pourquoi les équipes de la Caravane de l’entrepreneuriat se projettent d’ores et déjà vers 2027, en route pour une troisième édition.

    Une expérience qui permet "d’avoir confiance en soi"


    Madison Davies et Kela Pabou, élèves du lycée Jules-Garnier, ont coanimé la Caravane de l’entrepreneuriat, du 7 au 18 septembre. Photo Anthony Tejero

    "Être moins timide, apprendre à parler devant tout le monde sans difficulté et avoir confiance en soi", c’est ce qu’a apporté la Caravane de l’entrepreneuriat à Madison Davies, qui a réussi "à se surpasser" pour animer plusieurs ateliers auprès des élèves de la côte Est.

    Car ce dispositif intègre pleinement les jeunes scolarisés. Ainsi, une quarantaine d’élèves du lycée Jules-Garnier, inscrits en spécialité parcours entrepreneuriat, ont été mobilisés pour tenter d’avoir une audience plus attentive et réceptive aux discours.

    "Hôtel sous-marin"

    Une expérience qui "a ouvert les yeux" sur ce monde à Kela Pabou, en première STMG (sciences et technologies du management et de la gestion), qui ne manque pas d’ambition et compte bien profiter de sa jeunesse pour avoir de grands projets.

    Bien qu’à ce stade, il ne s’agisse encore que d’un doux rêve : "J’aimerais lancer mon projet, à savoir un hôtel sous-marin, dans le lagon Sud. Il s’appellerait L’Anneau du Récif, car il aurait la forme d’un cercle autour d’un gros récif. Ce serait à la fois un hôtel et un aquarium pour proposer une expérience unique et attirer des clients d’ici et d’ailleurs. Il faut se donner les moyens d’y croire !"

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