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  • AFP | Crée le 27.07.2026 à 10h04 | Mis à jour le 27.07.2026 à 10h04
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    Les pompiers combattent un feu à Saint-Jean-d’Illac, à quelque 30 km de Bordeaux, en Gironde, département ravagé par les flammes. Photo AFP / Romain Perrocheau
    En France comme en Espagne, les pompiers se préparent le lundi 27 juillet, à une nouvelle journée de combat contre les gigantesques incendies qui ravagent la région bordelaise et la périphérie ouest de Madrid, à la veille d’un nouvel épisode météo de fortes chaleurs risquant de nourrir les brasiers. Plus de 115 000 hectares ont brûlé depuis le début de l’année dans l’Hexagone.

    Ces incendies ont déjà forcé plus de 325 000 personnes à fuir en Espagne et en France, notamment près de Bordeaux, dans le Sud-Ouest, où les flammes sont à 15 km de l’agglomération, mais aussi dans plusieurs régions espagnoles. Les pourtours du très touristique bassin d’Arcachon ont notamment fait face à un redoutable "pyrocumulonimbus" appelé "orage de feu", explique le lieutenant-colonel Éric Brocardi.

    "Une stratégie de guerre"

    Face à ce phénomène, comme à l’ampleur des flammes, les pompiers jouent en défense, selon l’image de ce porte-parole de la Fédération nationale des sapeurs-pompiers : "c’est une stratégie de guerre, on n’arrête pas de se faire bombarder et il faut mettre tout le monde à l’abri".

    Les températures élevées annoncées pourraient "aggraver le phénomène", redoute la préfète de la Gironde, Sophie Brocas. Météo-France prévoit une probable vague de chaleur sur le sud-ouest à partir de mardi avec des maximales jusqu’à 40 °C et des vents un peu moins forts mais plus secs.

    Quelque "115 000 hectares ont été parcourus" à ce stade par des incendies depuis le début de l’année en France, "bien plus que ce qu’on a pu connaître par le passé", a annoncé dimanche le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez, évoquant "30 à 40 feux combattus simultanément" au quotidien.

    Il a répété que sur le front des incendies en Gironde, dans les Landes et le Var notamment, la situation restait "très défavorable". Le brasier géant a englouti 240 habitations, et quelque 220 000 personnes ont été évacuées depuis mercredi.

    "Il faut aider tous ceux qu’on peut aider"

    De nombreux bénévoles assistent ces réfugiés du feu, comme Yannick Poulet. "Il faut aider tous ceux qu’on peut aider pour sauver les habitants, sauver nos bois, nos villages et nos villes. C’est une petite aide dans cet océan de besoins", décrit ce fonctionnaire territorial de 59 ans.


    Une vue aérienne de Le Porge, une zone résidentielle réduite en cendres par un incendie. Plus de 200 000 personnes ont été évacuées en Gironde et dans les Landes. Photo AFP / Florian Plaucheur

    "Des dizaines, sans doute des centaines de personnes se sont manifestées pour être volontaires", salue Cyril Charpentier Réglat, élu de la ville de Lacanau. "Même la dame, là-bas, vous la voyez, elle a perdu sa maison au Porge et elle est venue prêter main-forte."

    Sur la côte atlantique, dans le département de la Gironde, les flammes ont parcouru à ce jour 42 000 hectares (quatre fois la superficie de Paris), "soit 10 000 de plus qu’hier", selon la préfète Sophie Brocas. Elles sont désormais "à 15 kilomètres" de la métropole bordelaise, mais une évacuation de la ville n’est "pas à l’ordre du jour", a réaffirmé son maire, Thomas Cazenave. Une fumée orangée obscurcit le ciel de Bordeaux et l’odeur de brûlé atteint les rues.

    Évacuation, fermeture de route et interruption du trafic ferroviaire

    Au Porge, entre la station balnéaire chic du Cap Ferret et Bordeaux, les images aériennes de l’AFP témoignent de la violence du feu : des rangées de maisons ravagées, des voitures carbonisées et des bâtiments entièrement détruits.

    Non loin, le tissu d’industries de défense et de sites scientifiques autour de l’aéroport de Bordeaux-Mérignac, avec poudrerie, usine de missiles et centres de recherches, est désormais sous haute surveillance, exposé à l’incendie massif.


    Sur la place de Moutchic, à Lacanau, face à des nuages de fumées dus aux féroces incendies qui sévissent depuis plusieurs jours dans le bassin d’Arcachon. Photo AFP / Maximilien Lamy

    Cette région réputée dans le monde entier pour son vignoble est aussi celle de France qui compte le plus de campings, 45 établissements ont été évacués, représentant environ 40 000 campeurs.

    L’incendie perturbe également fortement les transports, une autoroute est fermée sur 60 kilomètres et le trafic ferroviaire interrompu.

    Dans le département voisin des Landes, où le feu est "mieux contenu mais pas fixé", il y a déjà eu 30 000 évacuations.

    Les pompiers approchent d’un "impossible opérationnel", explique le lieutenant-colonel Éric Brocardi. Les forêts s’enflamment d’autant plus facilement que la végétation et les sols européens sont très secs depuis des mois, phénomène accentué par les canicules exceptionnelles qui ont traversé le continent en juin et en juillet et fait évaporer davantage d’eau.

    En Espagne, appel à un pacte national

    De terribles incendies font également rage en Espagne, où le Premier ministre, Pedro Sanchez, s’attend à des "heures difficiles". Il se rendra lundi dans la zone sinistrée de Castellón, près de Valence. Il a aussi renouvelé son appel à un "pacte" national contre les effets du changement climatique.

    Mais Juan Manuel Moreno, 71 ans, originaire du village d’Aldea del Fresno, dans la région de Madrid, montre à l’AFP des photos sur son téléphone des inondations qui ont submergé sa cour en 2023 et de la tempête Filomena qui a recouvert sa maison de neige en 2021.

    Aujourd’hui, à l’autre extrémité du spectre des catastrophes naturelles, les feux de forêt l’ont obligé à évacuer son village et à se réfugier dans un gymnase de la ville voisine de Villamanta. "Nous accumulons ici une quantité de problèmes. Mais ces choses peuvent être évitées, estime-t-il. La plus grande partie de l’Espagne est boisée, qu’on ne me dise pas qu’elle est propice aux incendies : c’est parce que rien n’est nettoyé."

    Une victime près de Valence

    Si l’incendie d’Avila près de Madrid est le plus grand de l’histoire récente du pays (25 000 ha ravagés, 60 000 personnes évacuées), le feu a fait une première victime samedi près de Valence, dans l’est de l’Espagne, dans un autre incendie.

    Là-bas, à La Vall d’Uixó, où des hélicoptères équipés de seaux suspendus arrosent les flammes, "nous nous sommes fait une belle peur", raconte Azucena Paguada, l’une des personnes évacuées. "On a dû quitter Villavieja en toute hâte […], la Guardia Civil est venue chez nous et nous a fait sortir en nous disant qu’on était en danger." "Ça a été une terrible frayeur", confie cette rescapée.

    Se reposant dans le gymnase de Villamanta, Margarita, 70 ans, montre les taches sur son T-shirt, qu’elle porte depuis quatre jours. "Nous sommes partis avec les seuls vêtements que nous avions sur le dos. Nous pensions retourner chez nous le lendemain", explique sa fille Helena, 45 ans.

    Le roi Felipe VI et la reine Letizia d’Espagne étaient à leur chevet dimanche, comme les autres évacués d’Aldea del Fresno. "La reine est venue nous dire bonjour, et je portais ce truc sale…", soupire Margarita.

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